‹ Emotion et Troubles Toniques ParoxystiquesChapitre 16 sur 46 · RER · texte numérisé non relu

RER

nombre de sujets qui ont eu peur en entendant une première détonation inattendue, n'éprouvent rien quand le coup de feu se répète, ils ferment seulement les yeux. En tous cas, que le sujet ait éprouvé ou non de la peur, la foree de la réaction n’en est pas modifiée il n’y a pas de parallélisme entre son intensité et l’état psychique.

D’après l'interprétation de STRAUSS la réaction primaire se produit toujours quand le sujet n’a pas été averti du bruit. Elle manque seulement quand l'attention est inexcitable par un stimulus extérieur. Le sursaut, au moment d’un bruit a été observé même chez les anencéphales (EDINGER-FISCHER). STRAUSS croit pouvoir affirmer qu'il s’agit d’un réflexe acoustico-moteur au sens d'OPPENHEIM, et non d’une conséquence de l’état psychique. Il détermine à l'arc réflexe un trajet empruntant la voie acoustique, le noyau rouge, puis la voie rubro-fuge.

La réaction secondaire et les réactions atypiques qui la suivent parfois doivent être interprétées différemment. Il faut remarquer leur absence chez le nourrisson, leur similitude avec des mouvements intentionnels. STRAUSS les considère comme déterminées par des processus affectifs et intellectuels, elles sont peut-être partiellement volontaires et liées en tous cas à l'inquiétude du sujet. Anatomiquement, elles dépendraient de l'intégrité du centre auditif cortical.

L'auteur conclut que ses recherches ne lui ont montré aucune hypotonie post-émotionnelle comparable à celle de la cataplexie. Il en déduit que ce trouble du tonus, l’hypotonie de la maladie de GELINEAU peut être provoqué par un processus affectif, mais non par une excitation sensorielle brusque.

Ainsi, STRAUSS croit pouvoir répondre à la question du niveau des réactions acoustico-motrices : s'agit-il d’un processus purement réflexe dont l'arc réflexe est assez bas situé ou bien le psychisme participe-t-il et répond-il affectivement au stimulus sensoriel soudain ? Nous avons vu que l’auteur reconnaît deux phases, l’une réflexe, qui existe également chez l’anencéphale, l’autre conditionnée par un processus émotif et peutêtre intellectuel. Il serait difficile, d’après cet auteur, de se pro-

roi

noncer et d'affirmer qu’il n'existe pas de modification affective même lorsque la réaction se produit chez un nourrisson ou un anencéphale, le niveau du processus émotionnel semble en effet être assez bas. é

Une autre question doit être envisagée. Quelle est l'émotion éprouvée par le sujet lors d’une excitation aussi peu significative affectivement et intellectuellement qu’un bruit, un contact cutané, une vive lumière ? Il est certain que la brusquerie du stimulus est à l’origine de l'émotion, mais tantôt les sujets avouent avoir été effrayés, tantôt il n’en est rien; que le sujet ait eu peur ou non, un élément se retrouve toujours, c’est la surprise, sa présence dans l’émotion-choc est constante, elle semble précéder l'émotion qualifiée, mais est bien individualisée, quoiqu’elle puisse ne s'accompagner d'aucune représentation intellectuelle.

SOLLIER qui souligne le rôle et la fréquence de la surprise montre qu’elle est le résultat d’un arrêt au cours d’un mouvement, d’une sensation, d’une représentation, il y a choc inopiné, cessation brusque du cours de la pensée ou de l’occupation antérieure. Il avance même que la surprise peut être purement physique sans aucun élément moral ou intellectuel, par exemple au premier moment d’un accident de chemin de fer.

Page 1