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RIRE ET MODIFICATIONS TONIQUES

L’impression de faiblesse éprouvée après le rire trouve son expression dans le terme populaire « mourir de rire » qui a des équivalents littéraux dans les langues étrangères (en allemand et en anglais) ; il faut dire cependant que cette expression traduit non seulement les effets du rire sur le tonus musculaire mais aussi sur les appareils respiratoire et viscéraux ; la langue anglaise a une expression weah with laughter — faible de rire, dont l’équivalent français n’est pas usité, et qui concerne plus précisément l’hypotonie musculaire due au rire.

Quand éclate le rire, dit WALLON, « les muscles s’amollissent, perdent tout pouvoir de résistance, l'effort se brise, la préhension et l'équilibre se relâchent, les objets tombent des

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mains, le pied qui bute ou la moindre poussée sont cause de chute, l’hypotonus gagne les viscères, il peut y avoir relâchement du sphincter vésical ».

Ces faits physiologiques normaux, les troubles sphinctériens en particulier, ont été rappelés bien souvent à propos de l’hypotonie de l’accès cataplectique provoqué par le rire (WILSON, REDLICH, SCHARFETTER et SEEGER) ainsi que du Lachschleg d'OPPENHEIM, que nous verrons plus loin.

Une étude expérimentale intéressante de l’hypotonie mus-

- culaire après le rire a été faite par PASKIND : il a observé durant le rire, la mauvaise humeur, et l'indifférence une cinquantaine de sujets normaux dont l’avant-bras était mobilisé passivement, tandis qu'était pratiqué l'enregistrement graphique de la résistance musculaire. -

Expérience : on demandait au sujet, assis confortablement dans un fauteuil de dentiste, de se relâcher, de re pas résister au mouvement, de ne pas remuer volontairement; l’avant-bras droit, placé à angle droit avec le bras était posé sur une planche, mue grâce à l'intermédiaire d’un disque par un petit moteur; la rotation du disque déterminait le déplacement de la planche aui fléchissait ainsi l’avant-bras. Les variations de la résistance opposée au mouvement par l’avant-bras sont transmises par un ressort fixé à la planche, à un appareil enregistreur. De cette facon, la résistance et, selon PASKIND, le tonus musculaire se traduisait de facon évidente par une courbe simple dont les variations correspondaient à celles du tonus.

Le tracé pouvait se diviser en plusieurs phases :

Première phase : fragment d'arc qui indique l’excursion du levier vers le haut avant que le mouvement du bras ait commencé et qui représente la force nécessaire à mettre le bras en mouvement. Après une courte ascension le tracé peut indiquer soit un plateau, soit une élévation constante qui témoigne d’un accroissement continu du tonus. L'auteur a mesuré au planimètre l'aire située sous la courbe qui indique le travail fourni.

Les sujets furent soumis à l'expérience pendant le rire,

l’état de calme, et pour juger du facteur distraction dans le rire (?), pendant la mauvaise humeur. Ce rire était provoqué

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par le récit d’une anecdote ou était purement volontaire. Si, dit PASKIND, l’hilarité du sujet n’était pas augmentée de facon considérable, le rire spontané lui-même n’est pas toujours dû à l’hilarité (ainsi le rire de détente après une contrainte ennuyeuse ou pénible). |

Résultats : la valeur du travail nécessaire pour mobiliser le bras chez les cinquantes sujets au calme varie entre 0,73 et 5,01, soit une moyenne de 2,69. Pendant le rire, cette valeur oscille entre 0,48 et 4,07, moyenne : 1,99 soit une diminution de 0,7. Dans 96 % des cas, il y avait diminution du tonus, dans 4 % augmentation. Les mesures de contrôle pour s’assurer que les variations n'étaient pas dues à la distraction provoquée par le rire furent faites chez les mêmes sujets pendant la mauvaise humeur : 78 % présentèrent une augmentation de tonus, 16 % une diminution, 6 % pas de variation. Moyenne de 3,17, donc supérieure de 0,48 à celle du sujet calme.

Le rire ainsi étudié, n’était nullement spontané, comme nous l'avons vu, mais volontaire ou provoqué artificiellement. Comme dans toutes les expériences de psychologie expérimentale, on ne peut affirmer que l’état mental durant l’observation est identique à celui du sujet au moment du rire normal. Toutefois, les manifestations physiques du rire volontaire re semblent différer en rien de celles du rire spontané et l’étude expérimentale de PASKIND présente une valeur certaine.

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