‹ Emotion et Troubles Toniques ParoxystiquesChapitre 28 sur 46 · PE · texte numérisé non relu

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CATAPLEXIE DU SOMMEIL. — Certains accès cataplexiques sont liés, non aux émotions, mais au passage de la veille au sommeil et du sommeil à la veille. Quelques caractères cliniques, l’angoisse qui les accompagne fréquemment, le terrain sur lequel ils surviennent les isolent de la forme commune ; LEVIN les réunit sous le nom « d'accès cataplectiques du sommeil ». Les premières descriptions sont généralement attribuées à WEIR-MITCHELL qui désigna ces phénomènes du nom de paralysie ou parésie nocturne ou vespérale. Mais en réalité une description ancienne de PFISTER (1903) de « troubles du réveil » semble la première en date. LHERMITTE et TOURNAY isolèrent la cataplexie du réveil (1927), puis des cas identiques furent décrits peu après par WILSON, LHERMITTE et DUPONT, ROSEN- THAL, LEVIN, PENTA, VERGER.

La cataplexie du réveil est définie ainsi par LHERMITTE et TOURNAY : « Immédiatement après le réveil matinal, alors que sa conscience est parfaitement éveillée, le sujet, bien qu’il en ait le désir et la volonté se trouve comme paralysé, dans l’incapacité de relever les paupières, d'ouvrir la bouche et de faire aucun mouvement des membres ». Les cas antérieurs de PFIs- TER répondent à cette description : ses malades étaient inca-

pables d’ouvrir la bouche et de faire aucun mouvement lors du

réveil. Mais PFISTER, dont deux sur cinq des malades étaient épileptiques, crut d’abord qu'il s'agissait d’un phénomène comitial pouvant survenir également chez des psychopathes et des névropathes. Après avoir vu une vingtaine de cas en tout, il admit qu’il ne s'agissait pas d’un phénomène d’inhibition identique à ceux qui apparaissent chez les épileptiques, mais plutôt d’une manifestation dégénérative qu’il nomme « réveil psycho-moteur retardé » ou « réveil associé ».

Un des malades observés par LHERMITTE et DUPONT décrit ainsi son accès : (il s’agit d’un homme de vingt-six ans, bien portant, mais ayant présenté dans l’enfance et dans l’adolescence des phobies avec angoisse — effroi de la mort, impossibilité de traverser un endroit découvert sans trembler — il est resté un émotif). « J'éprouve au cours ou à la fin d’un rêve angoissant, une sensation brutale d’anxiété avec parfois sensa-

tion de chute dans le vide, tourbillon, bourdonnements; ma respiration semble devenir difficile comme dans une mort par asphyxie imminente. Je veux remuer, me dresser, appeler à l’aide, mais le moindre mouvement, l’ouverture des mâchoires, l'émission d’un son est impossible, de même l'ouverture des yeux. Le corps et les membres semblent dans un étau et malgré ma volonté tendue, pas un muscle ne répond; d’où redoublement de l'angoisse. Dix à vingt secondes après l’apparition d’anxiété, tout disparaît, mes yeux s'ouvrent, mes membres se meuvent, j'éprouve un sentiment heureux d’apaisement ». Le sujet est conscient de tout ce qui l'entoure, il peut avoir plusieurs crises dans la matinée, s’il se rendort, à chaque réveil successif. Des intervalles allant de plusieurs mois à vingt-quatre heures peuvent les séparer. Ce malade n’a jamais de crise dans la journée. Les crises du réveil sont favorisées par l’attente anxieuse d’un événement désiré ou redouté, les phobies, la crainte d’un accès.

LHERMITTE souligne qu'aucun élément du syndrome cataplexie ne fait défaut, mais qu’il n’existe pas de narcolepsie. Cette forme serait à la limite de la physiologie; elle apparaît surtout chez des sujets présentant des manifestations névropathiques. °

Ultérieurement, LEVIN a signalé des visions hypnagogiques, au cours de l’accès (personnes de l'entourage du malade), observées également par PENTA et WiILsON. Dans ce cas, le malade n'est pas complètement réveillé et croit à la réalité de ces visions.

PENTA a observé des fausses sensations de déplacement de membres. La constitution émotive des sujets sur laquelle insiste LHERMITTE est discutée par PENTA qui ne la constate pas chez ses malades.

Ce phénomène est souvent envisagé comme normal, presque physiologique, mais LEvVIN (dans 8 % des cas), THIELE et BERNHARDT (dans 16 % des cas) constatent son apparition chez des sujets atteints de narcolepsie-cataplexie, ce qui est également en désaccord avec la conception de LHERMITTE,

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