‹ Emotion et Troubles Toniques ParoxystiquesChapitre 43 sur 46 · SE · texte numérisé non relu

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Le syndrome d'automatose comporte des troubles neurologiques constants d'après de MorsieR (significatifs le plus souvent d'une atteinte pariétale), toutefois VAN BOGAERT a montré la possibilité de provoquer des crises chez des hystériques indemnes de toute atteinte organique.

Aueun signe neurologique n'a été observé dans le Lachschlag.

Au cours de la crise épileptique des signes transitoires apparaissent : Babinski, abolition du réflexe cornéen, mydriase avec aréflexie pupillaire. De même durant la erise cataplerique, on a pu constater un Babinski, une abolition ou un affaiblissement des réflexes tendineux, une inexeitabilité électrique, douteuse toutefois.

Dans les autres affections, on ne note pas de signes neurologiques en dehors des perturbations toniques qui constituent l'accès.

Pes signes organiques non neurologiques sont associés assez souvent à la maladie de GÉLINEAU : il s’agit la plupart du temps d'un syndrome endocrinien et végétatif qui fait évoquer l’hypothèse d'une atteinte diencéphalique: moins fréquemment on observe des troubles hépatiques, sanguins, mentaux. Des cas familiaux ont été signalés. Lorsque la maladie de GÉLINEAU est symptomatique d'une affection déterminée, celle-ci est souvent une maladie endocrinienne caractérisée.

L'hypertonie affective peut, nous l'avons vu, coexister avec un syndrome d'intoxication où d'hémorragie.

La eoncomitance d'une affection organique non neurologique est rare et simplement accidentelle au cours de l'épilepsie, uu Lachschlag et de l'automatose. k

De cette comparaison systématique et passablement aride, certains faits ressortent nettement.

1°) Une séparation schématique s'impose tout d'abord par rapport aux cadres nosographiques classiques : dans certaines affections, telle l'épilepsie, la perturbation tonique est habituellement indépendante des émotions: il en est de même dans les diverses maladies au cours desquelles peut se produire le syndrome d'hypertonie affective. L'interdépendance du trouble

tonique et de l'émotion caractérise une forme clinique particulière. Au contraire dans la cataplexie et le Lachschlag, les modifications toniques d’origine émotionnelle entrent dans la définition même de l'affection. C’est aussi le cas de certains types d’automatose, isolés par VAN BOGAERT, (absence de signes organiques) et qui font le passage avec l’hystérie traditionnelle. Cette division basée sur des signes cliniques semble correspondre à la différence faite par les auteurs classiques entre les troubles dits organiques et ceux dits fonctionnels; on peut intégrer dans les premiers l’épilepsie dont un des signes essentiels serait le non-déclenchement par l'émotion et les maladies qui constituent par séparation le groupe des hypertonies affectives ; à ceux-ci on peut opposer des affections non organiques, telles que certaines automatoses et l’hystérie, affections dont le cours est particulièrement influencé par les émotions. Intermédiaire entre ces deux pôles extrêmes, troubles dits purement organiques et troubles fonctionnels, la maladie de GÉLINFAU était récemment encore considérée comme une névrose et est toujours tenue pour telle par certains auteurs. Certains cas difficiles à classer semblent des termes de passage entre des affections bien délimitées: ainsi les cas de DE NTGRIS et de TINEL, BARUK et LAMACHE qu’on peut hésiter à réunir soit au groupe des automatoses, soit à celui des hypertonies affectives.

2°) Un autre point qui mérite la discussion est celui du caractère propre des réactions tonico-émotionnelles : les crises d’épilepsie et d’hypertonie affective de cause émotionnelle sont provoquées souvent par la crainte et la surprise d’une excitation sensitive ou sensorielle brusque; elles répondent au type de phénomènes moteurs qu'ANDRÉ-THOMAS appelle des réflexes sensorio-affectifs; la cataplexie et le Lachschlag ainsi que le groupe névrotique des automatoses appartiendraient plutôt au groupe des réflexes psycho-affectifs. Dans le premier cas, la réaction est rapide, brutale, dans l’autre le processus psychique beaucoup plus nuancé peut être analysé dans tous ses détails par le malade.

Mais cette séparation est trop schématique, car nous avons vu l'importance de la nuance affective dans certaines observa-

tions d’épilepsie musicogéniques, les formes de passage entre les cas d’hypertonie affective du type sensorio-affectif et psycho-affectif, De même dans certaines formes de cataplexie, les excitations sensitives et sensorielles peuvent produire la crise en dehors de toute cause affective évidente. Un caractère qu'on n’a pas assez mis en évidence dans l’ensemble de ces troubles, c'est l'élément surprise. Il joue un rôle essentiel dans l’épilepsie réflexe et même dans certaines formes de cataplexie. Pour cette dernière, nous avons indiqué que ce facteur n’agissait que dans certaines conditions de nuance affective précise. Lorsque JAR- KOWSKI décrit ces cas de modification du tonus pyramidal par les excitations auditives, il ajoute qu’il s’agit d’une « sorte de réflexe à la surprise qui doit mettre en jeu un mécanisme beaucoup plus complexe qu’une simple association auditivo-motrice ». Nous le comparons à la réaction primitive du sursaut. Dans l'étude de la répercussivité chez les choréiques, ANDRÉ- THOMAS fait remarquer que l’exagération des mouvements dépend de certaines conditions; les sensations pénibles sont les plus efficaces, les effets sont les mêmes quand un bruit violent et imprévu saisit le malade; mais si le bruit se renouvelle la réaction s’émousse et disparaît. La réaction n’est pas constamment proportionnelle à l’intensité de l’excitation. La crainte de l’excitation agit dans le même sens que l'excitation elle-même. Ces caractères, dit-il, sont autant d'arguments en faveur de l’origine à la fois sensitive et affective des réactions. Sur le plan de la psychologie classique, des problèmes semblables sont posés par la séparation de l'émotion en émotionchoc et émotion-sentiment. Toute sensation brusque, dit GUIL- LAUME donne naissance à un choc émotionnel. En réalité, toute sensation brusque peut donner dans certaines conditions, lieu au choc émotionnel. Elle comporte toujours un élément de surprise et d’étonnement, c’est une « rupture d’éauilibre » dit RIBOT. D’apparence réflexe, par l'effet immédiat de son apparition, l’'émotion-choc paraît répondre à une désintégration d’un niveau bas et à « la dissolution de synthèses antérieurement construites » (JANET). On retient surtout dans l’'émotion-choc la soudaineté de l'excitation, mais on oublie trop le caractère d'attaque qui représente le stimulus. Celui-ci agit souvent chez

l’enfant d’une manière univoque, mais chez l'adulte, il n’a une action que dans certaines situations. C’est celle-ci qui donnera la valeur de normal ou de pathologique au type de réaction en présence d’un stimulus déterminé. En outre, entre le stimulus et la réponse, nous trouvons la disparition de la capacité d’inhibition qui normalement et dans certains conditions, apparaît chez l'adulte,

Les émotions-sentiment apparaissent comme plus durables et suivent généralement le choc émotionnel. On peut les appeler aussi des émotions qualifiées parce qu'elles présentent un sens affectif plus précis. Cependant, nous voyons dans les travaux de DuMAS que, parmi les trois catégories de chocs petits, moyens et grands, les deux derniers sont d’après lui associés à l'émotion qui les continue de sorte qu'iis lui empruntent un certain sens affectif. En réalité, comme le dit WALLON, situées entre l’auto- : matisme de réaction et l’activité intellectuelie, les émotions sont avec l’un et l’autre dans un double rapport de filiation et d’opposition.

Ii faut dire que l’ensemble des discussions sur le fait qui nous intéresse paraît centré sur le problème de la conscience et de l'émotion. Est-elle consécutive à ia conscience des modifications périphériques ou de la sensibilité cérébrale ou bien les expressions émotionnelles sont-eiles la conséquence du fait de conscience primaire ? On utilise souvent l'exemple de l’émotionsentiment pour valoriser le rôle de la conscience, tandis qu’on le minimise par l'exemple de fl’émotion-choc. Aucun des deux types d'explications ne paraît satisfaisant. Les excitations périphériques ne donnent pas nécessairement l'émotion, peuvent donner autre chose que l'émotion, et n’expliquent pas les qualités particulières de chaque aspect émotionnel. Le fait de conscience peut exister en dehors de toute modification posturale et végétative. Mais l’émotion est l’une et l’autre. L’émotion n’est jamais complètement définie par des modifications toniques et sympathiques, mais elle n'existe pas non plus en dehors de celles-ci.

Le problème de la conscience est encore au premier plan des discussions physiologiques expérimentales.

La connaissance des formations nerveuses intéressées dans les processus émotionnels s’est enrichie particulièrement dans les soixante dernières années d’apports expérimentaux et cliniques; les auteurs actuels accordent à l’encéphaie un rôie capital, alors que la théorie régnante à la fin du xix* siècle, celle de JAMES accordait une importance prépondérante aux organes périphériques; si nous le rappelons ici, c’est que les premières recherches, telles celles de SHERRINGTON, tendaient à soumettre cette théorie à l'épreuve de l’expérimentation.

Ce sont surtout les décérébrations à différents niveaux qui ont permis des déterminations anatomiques intéressantes, elles ont montré que des manifestations émotionnelles étaient possibles même après ablation du cortex, des noyaux gris, Voire de l’hypothalamus. L’anencéphalie, qui réalise une décérébration clinique, la pathologie, fournissent aussi certains éléments

d'étude. > | 4 Ste

Mais il faut bien dire que si nous savons quelles sont ies régions encéphaliques qui jouent un rôle dans l’émotion, il n’est pas possible d'affirmer avec certitude quel est ce rôle, ni quels sont les rapports exacts d'interaction ou de subordination qui les unissent entre elles. En effet, ces régions forment un ensemble, un tout bien coordonné; chez l’individu dont le cerveau est indemne de toute lésion, chacune est impliqüée dans un circuit nerveux, support du processus émotionnel normal. Si ce circuit est interrompu, par exemple par une décérébration, certaines manifestations émotionnelles peuvent encore se produire, et ceci alors même qu'il ne reste plus qu’un moignon de cerveau; mais, comme nous le verrons plus loin, certains caractères d’imperfection, d’inadaptation (pauvreté de ces manifestations dans leur nombre et leur qualité, aspect stéréotypé, incoordination...) les distinguent de l'émotion d’un sujet jouissant de toute son intégrité cérébrale. Les régions qui ont survécu à la destruction fonctionnent encore, mais anarchiquement, elles sont isolées de l'ensemble hiérarchisé, de la structure anatomo-physiologique dans laquelle elles ont normalement un rôle et une place déterminés. On ne peut actuellement déterminer le fonctionnement exact du système anatomo-physiologique de l'émotion.

Nous rappellerons les résultats des diverses recherches en suivant l’ordre chronologique, et en nous arrêtant sur les théories nées successivement des résultats expérimentaux.

BECHTEREW (1887) ayant opéré des décérébrations chez divers animaux, avança que la destruction de l’écorce abolit l’intelligence et l’émotivité consciente tandis que persistent les réactions d'expression (ronronnement du chat aux caresses, grincement des dents, hérissement des poils ou des plumes sous les mauvais traitements, coup de bec et mastication à vide par la faim). Ces manifestations expressives ne se produisaient que si les couches optiques et les corps striés étaient intacts; la difficulté d'isoler ces formations les unes des autres ne permettait pas une plus grande précision dans ces premiers résultats.

BECHTEREW affirme le caractère purement automatique de ces réactions mimiques en se basant sur deux faits : chez l’animal décérébré, elles ne se produisent qu’en réponse à des excitations externes et viscérales actuelles (et d’ailleurs de façon adaptée), mais jamais spontanément sous l'influence d'idées ou d'images comme chez l'animal normal; d'autre part, il n’y à pas d’inhibition possible des réactions qui se produisent toujours lés mêmes pour chaque espèce d’excitation. Ces arguments et la conception qu’ils étayent semblent fort contestables et l’inconscience absolue des animaux décérébrés a été discutée maintes fois par la suite; DUSSER DE BARENNE opérant chez le chat dont les couches optiques étaient intactes n’admit pas la conclusion de BECHTEREW concernant le pur automatisme des réactions mimiques. Il faut rappeler à propos de cette controverse, qui se renouvela à plusieurs reprises ultérieurement, les justes remarques de LHERMITTE. « Si nous considérons, dit-il, les choses en physiologiste ou en behavioriste. comment pouvonsnous reconnaître qu’un être possède ou non des sensations conscientes, s’il est comme le chien décérébré placé dans de telles conditions qu'il ne peut en témoigner. Et si, du point de vue objectif, il est impossible de décider si telle action est volontaire, spontanée ou réflexe, comment pourrait-on apprécier l'existence ou non d’un rudiment de conscience ».

Il découlait normalement de l'interprétation de BECHTEREW que la mimique émotionnelle possédait des centres différents,

Re, de

opto-striés de ceux corticaux, de la conscience émotionnelle. L'existence de ces deux centres se justifiait pour BECHTEREW par la relative indépendance de l'expression émotionnelie qui ne peut pas toujours être inhibée volontairement (pieurs, rire) et qui apparaît juste après la naissance, avant le complet développement cortical. REVAULT D'ALLONES se basait sur les mêmes résultats expérimentaux pour affirmer que « la mimique est par elle-même inémotive et constitue une fonction indépendante dont l’activité peut amorcer les phénomènes émotionnels, sans fournir à l'émotion ses facteurs composants ». L'expression extérieure de l'émotion peut être observée sans qu'aucune modification affective soit ressentie par le sujet, dit REVAULT D’AL- LONES qui ne craint pas d'affirmer l'existence de « sentiments inémotifs » à propos des observations de SHERRINGTON chez les chiens apesthésiques.

Nous n'insisterons pas ici sur ces observations dont l'intérèt était de juger la théorie périphérique äes émotions. Nous rappellerons seulement d’abord la séparation établie par SHERRING- TON entre les manifestations pseudo-affectives et les manifestations affectives vraies, ensuite le bas niveau de certaines réactions émotionnelles.

SHERRINGTON admet comme un fait certain, tout en reconnaissant être privé de l’aide de l’introspection, que « la section mésencéphalique du cerveau annihile le mécanisme nerveux qui produit l'état affectif psychique, mais laisse intact le mécanisme moteur dont l’action est prise comme l'expression extérieure d’un sentiment intérieur »; l'existence ainsi affirmée de réflexes seulement pseudo-affectifs semble pour SHERRINGTON confirmée par certains caractères objectifs qui les différencient de l’'émotion vraie : le mouvement réflexe en l'absence de la sensation est court, réduit; les réactions pseudo-afectives en l’absence du cortex sont brèves, mimétiques.

D'autre part, SHERRINGTON remarque que l'observation des anencéphales et de l'animal semble contredire la conception d'un centre thalamique de l'émotion, soutenue avant lui par Norx- NAGEL et divers auteurs : chez les anencéphales privés totalement de cerveau et de diencéphale, STERNBERG et LATZKO obser-

vent que le cri est vigoureux et normal, les réactions sont identiques à celles des enfants du même âge en réponse à des stimuli jugés désagréables (cris, pleurs, mimique douloureuse de la bouche). SHERRINGTON admet qu’il existe différents niveaux dans l'expression mimique, dont certains phylogénétiquement plus anciens, la mimique congénitale est à distinguer de la mimique acquise, celle de l'enfant diffère de l’adulte qui semble dépendre de la région thalamique, tandis que la première paraît formée de réactions ne nécessitant pas l'existence du cerveau antérieur et moyen. Chez l'animal, des réactions frustes de déplaisir pouvaient être obtenues avec un niveau de décérébration très bas à l'inverse de réactions de satisfaction : ainsi chez le chat décérébré et chez le chien de GOLTZz qui répondait à tous les stimuli cutanés par un srognement, manifestait sa colère de la voix et du geste, mais n’eut jamais une mimique de plaisir, ni de joie, ni d'émotion sexuelle. SHERRINGTON conclut que le niveau de la douleur et de la colère doit être très bas, plus bas que celui du plaisir, mais il affirme à nouveau la nature purement réflexe de ces réponses en arguant simplement que le moïgnon de cerveau qui reste à ces animaux ne leur permet l'élaboration d'aucune perception.

La conception généralement admise qui faisait de l'écorce le siège de tout phénomène psychique, y compris l'émotion, et des centres sous-corticaux de gimpies relais, fut attaquée par PIÉRON qui se basait sur les expériences de PACANO : celui-ci pratiqua des injections intra-parenchyrmateuses de curare bien localisées ct vérifiées ensuite anatomiquement dans le noyau caudé; les expressions émotionnelles de peur et de colère apparaissaient alors très exagérées aux excitations les plus légères: les injections portant dans les tiers antérieur et moyen du noyau caudé favorisaient la peur, parfois la colère, l'atteinte ôn tiers postérieur la colère seulement, PIÉRON émit l'hypothèse que la région qui, excitée électivement produit J’'émotion, est le siège du phénomène et que c’est le corps strié, équivalent embryologiquement au niveau hiérarchique du pallium, et ron pas le thalamus qui est le support de l'émotion psychique.

La théorie de CANNON est basée sur les recherches de BAR», faites sous sa direction, sur celles de BAZETT et PENFIELD qui

continuaient celles de WooDWoRTH et SHERRINGTON. BAZETT et PENFIELD observèrent chez le chat ayant subi une section basse passant entre le colliculus et la partie antérieure du pont, des réponses qu’ils nomment pseudo-affectives : ronronnement après remplissage de l’estomac avec du lait tiède (seulement chez les jeunes sujets et les jeunes femelles), grognement chez les sujets plus âgés, adapté aux circonstances désagréables (bain, insufflation d’air dans les oreilles, lavage de la bouche).

BaARD opérant l'isolement précis de certaines parties du cerveau après décortication, constata, tant que subsistait la base de la région thalamique (corps striés et partie supérieure du thalamus supprimés), une activité spontanée et des réactions de pseudo-rage (attitude de l’animal en bataille, queue hérissée, protrusion des ongles, sueurs, mydriase, accélération du pouls, élévation tensionnelle)

CANNON a été amené à reconnaître au striatum un rôle essentiel, bien que des manifestations émotionnelles puissent se produire chez un animal] dont le niveau de décérébration est sousthalamique : ces manifestations sont rares spontanément, ne sont provoquées que par des stimuli énergiques et ont un caractère morcelé et fragmentaire comme si elles étaient isolées d’une réaction d'ensemble; le striatum joue un rôle de coordination et d'intégration; il contrôle tous les processus neuro-musculaires et neuro-viscéraux nécessaires aux manifestations émotionnelles: « entre le cortex et la périphérie, est placé le diencéphale, organe d'intégration émotive, lieu de réception et de décharge qui est capable par excitation propre de produire les formes stéréotypées du visage et du corps, typiques des diverses émotions ». Toutefois, CANNON ne limite pas strictement le rôle du striatum à l’intégration de la mimique émotionnelle. Le thalamus semble à l’origine des exnériences affectives, HEAD et HOoL.- MES lui attribuent une sorte de conscience, de « connaissance », ce que paraissent confirmer les cas cliniques observés par HEAD. CANNON, tout en faisant la réserve’'que, lorsque la conscience est abolie par l’anesthésie, l'expression émotionnelle est libérée, reconnaît qu’un rôle important doit être joué par le thalamus dans la conscience des émotions, même si la conscience est associée seulement aux phénomènes des neurones corticaux. Ce rôle

nm

est envisagé ainsi par CANNON : le thalamus est capable d'une décharge vigoureuse et immédiate quand il est libéré des centres supérieurs, et simulé individuellement, il peut être une source d'expériences affectives; les rapports thalamo-corticaux encore incertains et mal connus peuvent se concevoir de diverses facons : « l'excitation due à un stimulus extérieur va au cortex, ou bien le cortex excite le thalamus, ou bien les impulsions, parties de la périphérie, touchent en passant le thalamus qui est excité et prêt à agir. Son action se décharge non seulement vers les muscles et les viscères (et produit ainsi les modifications viscérales et le comportement émotionnels), mais aussi vers le cortex (c’est l'impulsion qui donnera la conscience émotionnelle) ». Il ajoute : « la qualité particulière de l’émotion est ajoutée à la simple sensation quand le processus thalamique est éveillé ».

Certaines observations ultérieures semblent indiquer que le rôle de lhypothalamus est plus important qu’on ne l'avait pensé; symptômes d’une émotion intense provoqués par excitation électrique positive de l’hypothalamus (RANSON), du corps mamillaire (GELLHORN), effets sympathiques de l'émotion (modification de la T. AÀ., de la respiration, sanglots) causés par l'excitation de Fhypothalamus chez l’homme (GRINKER) ; l’influence des lésions hypothalamiques sur la vie psychique affective est, en particulier, connue; rappelons seulement les manifestations émotionnelles d’un malade de CUSHING atteint de gliome du troïsième ventricule et qui avait un comportement rappelant la pseudo-rage des chats; ainsi que les réactions typiquement maniaques de plusieurs malades opérés par FOERSTER quand on appuyait sur le plancher du troisième ventricule. Récemment MASSERMANN posa nettement la question : l'hypothalamus est-il un centre de l'émotion ? Les réactions expressives de rage qui répondaient à l'excitation électrique de l’hypothalamus étaient caractérisées par leur aspect automatique : elles cessaient immédiatement dès que l'excitation était éteinte; des expériences de conditionnement précisèrent leur différence avec FPémotion vraie : les chats entraînés à certains réflexes conditionnés (actes stéréotypés en réponse à des excitations lumineuses ou sonores) étaient soumis à des stimuli émotion-

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