francs
Et voici, indi([nons-le en passant, r('xplication, dans nue très large mesure, d(' la dilférence (pii existe entre la silmtlion fmanciin-e de Maurice et celle d(^ la Uénnion. A Maurice, il y a aussi des chemins do 1er; il y a nn'mie trois lignes ipii sillonnent tonte l’île. Mais ceux-ci ont été construits par la colonie, sons sa [iropre res])onsahilité, avec nniijnemcnt des ressonreos locales provenant d’cnqu'iinls et anjonrd’lini les recettes nettes des cheniins de 1er (h‘ Manj'ice figurent ])onr 1.750.000 roupies dans son Imdget. Quant aux jiorls, ils sont naturels. A la llénnion, an conli'aire, la Métnqtolc est intervenue. C’est elle qui a traité avec des conci'ssionnaires de son choix et qui s’est engagée à garantir tes capitaux nécessaires à l’entreprise. C’est d(>nc à la métropole on ]dnl(')t au système d’inlervention qui substitue à l’initiative locale l’action du pouvoir central ipi il huit faire remonter la responsabilité des conséipiences onéreuses, an point de vue financier, des travaux publics entrepris à la Réunion. Et pourtant, ici encore, il convient de ne point exagérer la jiorlée de cette criliipie. (ictie intervention du pouvoir central jient, en elfet, s’expliquer, dans une certaine mesure, par cetti^ considération ipi’à répo([ne où il fut décidé de doter la Réunion d un port cette question présentait un intérêt plutôt métropolitain ([ue local, un intérêt impcrial^ suivant l’expression consacrée aujourd’hui, lorsipi’il s’agit de matières coloniales.
En elfet, à l’époipie delà concession des travaux du port, nous avions a (hdendre des intérêts considéraldes dans l’océan Indien — nos droits sur Madagascar — et il lallait ménager un abri siir aux bâtiments de notre division navahi dans ces mers. iVnjonrd’Iini celle utilité dn ])orl de la Réunion, ipii n’anrait [m ahritei’ ipie deux on trois unités à la fois, dispai'aît devant raménagement de la haie superlie de Diégo- Snarez, où la llollehi plus puissante pourrait évoluer à l’aise. Il y a donc la, si on l'Cinonte à l’origine (h^ la (pieslion, une de ces circonstances atténuantes «pic nous nous sommes promis de reidieJ'cher.
Oiioi qu’il eu soit, ii’y a-l-il aucune attéuualiou possible à la delto si lourde dont rÉtal a recueilli la charge?
C’est ce (]ue les rapporteurs successifs du budget du port et du cheiulii de fer de la Réuuiou out recberclié, et iiotaïuiiieut la solution de la question des « marines » pourrait améliorer un peu la situation et diminuer de 500,000 francs environ la subveutiou métropolitaine.
Les (( marines » ce sont les installations de débarquement et d’embarquement rpii existaient à la Réunion avant la création du port et dont plusieurs subsistent encore aujourd’liid et lui fout concurrence. Nous l’avons dit, les côtes absolument lisses de l’île u’olfrent aucun alnd naturel aux navires. De tout temps, ceux qui visitaient la Réunion ôtaient obligés de mouiller sur des rades foraines. C’est pour faciliter leurs opérations que ces « marines » furent établies, sur un certain nombre de points déterminés, le long des rivages de la mer qui font partie, aux colonies comme en France, du domaine inaliénable et imprescripti])lc, et forment dans nos vieilles possessions et plus particulièrement aux îles — les xViitilles et la Réunion — la réserve des « cinquante pas du Roy » désignés aujourd’bui sous le nom de « pas géométiFpies ».
Si l’on considère que ces établissements sont élevés sur le domaine public maritime , en vertu (X autorisations précaires et révocables, on serait en droit de s’étonner que leur existence, désormais préjudieial)le, depuis l’ouverture du port, aux intérêts de l’Etat, se soit ainsi prolongée. Aussi la question de leur suppression pure et simple a-t-elle été souvent agitée. Mais en tin de comjtte les marines, grâce à la tolérance ancienne dont elles ont bénéficié, semldent avoir ac(|uis des droits à des compensations.
La Commission du Inidgct, estimant (pie c’élait le seul moyeu d’en finir avec cette (piestion des marines, propose à la Cbamlire d’approuver, en principe, leur rachat, (pii pourrait être soldé en cim| annuités de 150,000 francs cbacuiie et produirait une augmentation de recettes d’environ 500.000 francs pour le chemin de 1er et le port.
La longueur du tunnel, à cause de l’obscurité sulFocante où nous sommes plongés, paraît interminable.
Ouand nous sortons enfin de ce long Itoyau noii', sorte de couloir d’un enfer dantesipie, le panorama de Saint-Denis est sur nous et, éblouis par la lumière, c’est à peine si nous avons le temps d’en saisir une image instantanée, avant d entrer, doucement, avec le train, dans la ville.
D’ailleurs ce n’est jdus la radieuse vue en éventail de la capitale de Maurice abordée de front, par la mei', mais une échappée de profil, gracieuse et ipii charme. Les lieaux bâtiments de la caserne avec leur longue colounade; les grandes masses du Lycée, de la Cathédrale; le fonds rapproché et dominant du Brulé et de Saint-
Saint- Denis, capitale de la llrnnion.
François of, comiiie issue à ce cir(|iic (leini-fernié, la courito des nionlagiies donl les soinniels, en retrait, fnienl vers le sud-est sous des tous gi'adnelleiuenl adoucis, toni cela, enlrecoii|)é au premier plan par la verdure des g-raiides })alnies,
laJidis qii’en lioi'diire la mer élal('. sa iiap])e miroitanle, lorme un ensemble très attrayant et pittores(pie.
l'ort Louis, capitale de l lie Maurice.
m m m Saint- Denis. — Ce que c’est qu’une vieille colonie