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MAYOTTE ET LES COMORES

Ces peliles îles, (|ui passent prcscpie inapei'enes sur la eaiie, où elles poinlillcnt ee]ieii(laiü, au milieu du canal de lMozaud>i(pie, les contours d’un croissant suruioiité (111110 é'toilo — le croissant c’est le gToupo des Comores : la Grande Comore, Moliéli et Aujoiiau; l’éitoile c’est Mayotte — n’eu sont pas moins inléu’essantes, tant par leur passé', ampiel elles empruntent une physionomie particulière très attacliante, que par les ressources à peine entamées qu’elles olFrent à la colonisation.

Tandis que Maurice et la Réunion, situées sur la route du Ca}» aux Indes, ont vu naturellemeid, leurs solitudes peuplées par la colonisation européenne <pii les trouvait sur son chemin, les Comores, également désertes, mais englohées, g'ràco à leur proximité do Zanzibar, dans le rayon parcouru par les migrations arabes, tombèrent de ce fait sons la domination mnsnlmane.

Ün manuscrit arabe, écrit à Mayotte, nous initie à l’antiipie eivilisallon des Comores.

(c Voici l’histoire des tcnqis anciens dans les îles Comores, c’est-à-dire Garizad, Andjouan, M’héli et M’Ayâta. Nos aïeux nous apprirent ipie des (piatre

îles Comores, Garizad fut habitée la première après la venue du prophète Salomon Ben Daoudou, que la paix de Dieu soit avec lui !

(( A cette époque apparurent des Arabes, venant de la mer Rouge avec leurs femmes, leurs enfants et leurs domestiques ou esclaves. Ils s’établirent à la Grande Comore. Après il arriva beaucoup d’hommes d’Afrique, de la côte de Zanguebar, pour habiter dans les îles. »

Sous l’influence de la traite — qui constituait la principale forme de la colonisation arabe — et des migrations malgaches et sakalaves, devenues assez imporlantes après l’apparition des Européens à Madagascar, des éléments très variés sont venus s’ajouter aux races primitivement établies aux Comores.

Bien que tous ces éléments soient aujourd’hui plus ou moins croisés ou mélangés, on peut ramener la population sédentaire des Comores à quatre types principaux : les Antalotes, — provenant du croisement des sémites avec les premiers Africains venus dans les Comores; — les Cafres; les Malgaches et les Arabes. Arabes et Antalotes, aujourd’hui confondus comme mœurs et comme religion, composent plus de la moitié de la population totale de l’Archipel, évaluée actuellement à environ 85.000 habitants.

Au commencement de ce siècle la Grande Gomore à elle seule en possédait plus de 100.000! Mais d’inuombrablcs « révolutions de Palais », des luttes intestines sanglantes et incessantes entre les sultans qui se disputaient âprement le pouvoir sur des parcelles de ces [)etits territoires, avaient ravagé la population de ces îles avant l’établissement de notre souveraineté. Celle-ci débuta par l’annexion de Mayotte en 1841.

Dans cette île, de beaucoup la plus rapprochée de Madagascar, des usurpateurs bova avaient renversé la domination arabe et ce fut d’un de ces chefs malgaches, Adrian-Souli, que la France obtint la cession de Mayotte.

Sur les Comores proprement dites — plus éloignées de notre base d’opérations dans la mer des Indes et plus fortement organisées sous la domination arabe, — notre influence ne devait s’étendre (gie beaucoup plus tard et pour ainsi dire accidentellement, grâce à une énergique initiative privée.

En 1883, un naturaliste français, M. Iluniblot, chargé d’une mission scientiibpic , débarqua à la Grande Comore, où il resta pendant dixhuit mois.

Musiciens nialgaclies en tournée

à Mayotte.

Au cours de son séjour dans l’ile, des Allemands vinrent offrir au sultan, Saïd-Ali, des armes et de l’argent, en échange du protectorat allemand. M. Hunihlot saisit ce prétexte pour proposer au sultan, sur lequel il avait su prendre une grande influence, de s’entremettre pour placer la Grande Comore sous le protectorat français.

Mais nous étions à cette époque engagés dans de trop nombreuses entre- ]>rises coloniales et M. Ilumblot revint aux Comores sans avoir réussi dans sa mission patriotique. Bientôt après, une révolte ayant éclaté dans l’île, M. Hum- IVlot sollicita de nouveau l’intervention de la France et cette fois le gouverneur de Mayotte, M. Gerville-Réacbe, ré})ondit à son appel. — 11 vint sur le la Bourdonnais au secours de Saïd-Ali, assiégé dans sa capitale par les rebelles, et signa avec lui le 6 janvier 1886, un traité établissant notre Protectorat sur la Grande Coniore.

B’extension de notre Protectorat sur les deux autres îles, Anjouan et Mobéli suivit, trois mois plus tard, celte action décisive.

Aujourd’biii l’organisation administj'ativc de renscmble de ces élaldissemeids résulte d’un décret du 9 septemljre 1899 qui place l’arcbipel sous la direction d’un Gouverneur résidant à Mayotte.

Le Gouverneur est représenté à la Grande Comore d’une part, à Anjouan et à Mobéli de l’autre, }tar uu fonctionnaire du corps des administrateurs coloniaux cliargé, sous son autorité, des services politiques et administratifs.

Malgré celte uniiication résultant de l’extension des pouvoirs du gouverneur de Mayotte sur tout l’arcbipel, il sul)siste quebjues vestiges de la forme du Protectorat étaljlie à la Grande Coniore, Anjouan et Mobéli, et qui n’a [tas été abolie, alors ([lie Mayotte avait été, au contraire, annexée, dès l’origine de l’occiqtation Irançaise.

Ce n’est pas toutefois dans un exercice, môme nominal, de la souveraineté, de la [tart des anciennes familles régnantes, ([u’il faut ebereber ces vestiges.

Le sidlaii de la Grande Comore, Saïd-Ali, à la suite d’uii attentat contre M. Ilumblot et de dommages causés à ses plantations — attentat dans le([uel la res[)onsabilité du souverain n’a jamais, il est vrai, été très exactement déterminée — a été transporté à la Uéiinion où une pension lui est servie.

C’est dans cette colonie qui aurait [ui, surtout avant le translcrt de Banavalo à Alger, servir de cadre aune adaptation exoti([ue des « Rois en Exil », que nous

retrouvons egalement la jeiuie reine de Mohéli, Salima Maehamba, élevée an couvent des dames Saint-Joseph de Clnny, à Saint-Denis où, selon toute vraisemblance, elle coulera paisiblement ses jours.

Quant an sultan d’Anjonan, Saïd-Mobarnmed, frère cadet de Saïd-Ali, s’il vit encore dans ses Etats il serait bien dilTicile, même an sens le plus abstrait du mot, de dire qu’il y règne. Le palais, an fond duquel le sultan mène une existence retirée, n’a plus de royal que son barem.

D’autre part, même l’esclavage de maison a complètement disparu à riieure actuelle des Protectorats.

Les seules traces qui persistent de cette forme de gouvernement se retrouvent dans l’administration de la justice • — qui continue à être rendue par des cadis et des tribunaux mixtes — et dans l’introduction d’habitants notables dans le Conseil d’Ailministration placé auprès du gouverneur à Mayotte.

La coloiue de Mayotte et les trois Protectorats jouissent de leur autonomie budgétaire. Ces budgets, et les taxes qui doivent les alimenter, sont fixés par décret, après avis du gouverneur en Conseil d’ Administration, Leur assiette et leur mode de réjmrtition peuvent varier d’une île à l’autre, sauf en ce qui concerne les droits de douane — un décret du 23 mai 1896 ayant uniformément étendu aux Protectorats le régime douanier métropolitain déjà appliqué à Mayotte.

Si aujourd’hui la dilTérencc ([ui existe eulre Mayotte, colonie, et les Comores, protectorats, u’est plus grande au point de vue politiigie et administratif il en va tout autrement si l’on s’attache à la pliysionomie de ces différentes îles et à leur situation économique.

Mayotte — avec le petit îlot de D’zaoudzi, siège du gouvernement et tout encombré de bâtiments civils — c’est bien la petite colonie française de 1830, dont le type se retrouve à Nossi-Bé et à Sainte-Marie de Madagascar, pour s’épanouir dans toute sa plénitude à Bourbon. L’état économique de cette île se ressent également de l’époque de notre })rise de possession qui détermina les colons d’alors à s’engager à fond dans la cullure do la canne à sucre. — A tous ces points de vue, il faut faire une place tout à fait à part à Mayotte et les circonstances expli(|uent très bien pourquoi.

Plus au sud, par cousé<[uent [dus éloignée de Zanzibar et surtout bien plus malsaine, Mayotte no fut jamais, à pro[)remeut parler, nue « colonie » arabe comme les autres îles. Sa population était faible et on comprend qu’une dynastie bova ait pu si facilement s'y implanter vers 1830.

Co fut sa superbe position maritime qui nous attira à Mayotte. Entourée de récifs la grande Terre forme avec les abris ménagés par les îles de D’Zaoudzi et de Pamanzi une rade magnifique. Si on joint à ces considérations premières 1 insalubrité de la Grande Terre on comprend que le siège du gouveruement ait été primitivement établi à D’Zaoudzi, ce rocher balayé par les vents, véritable sanatorium malgré la chaleur qui y règne.

Pourtant cet état do choses, qui entraîne forcément un certain abandon des interets de la Gi'ande Terre, est regrettable — surtout aujourd’hui où il serait urgent de créer des voies do communieaîions si l’on veut ])Ousser la colonisation dans les rénions intérieures de l’île.

Actuellement les villages et les habitations rurales sont établis sur les terres d’alluvion, entraînées par les pluies et par les rivières de chacune des vallées, plus ou moins profondes, qui sé])areut les nombreux contreforts descendant de la chaîne princi})ale de la Grande Teive.

La l)eauté et la ricliessc des vallées faisant face à D’Zaoudzi avait attiré 1 attention des colons peu d’années après notre établissement à Mayotte. Ce fut d al)ord une conqiagnic au ca}>ital de 1.400.000 francs, pois deux capitaines au long cours, qui demaudèreut les premières concessions. — Des créoles de la Réunion et quelques Européens vinrent ensuite.

Décrire une do ces plantations c’est les faire connaître toutes.

Au Itord de la mer, à l’entrée de la vallée, une bande

Port de M'samoudou. — Débarquciiicnt en jilanzane.

de marais et de palétuviers. — A marée basse les indigènes y pêchent des tortues qui restent empêtrées dans la vase. Puis on suit, porté en filanzane, et en longeant le cours d’une rivière, une plaine d’allnvions, entourée de vallonnements et fermée par des pentes pins abruptes, couvertes de bois. C’est généralement an fond de la plaine, convertie en champs de canne d’une apparence et d’une vigueur superbe, que s’élèvent l’usine à sucre, les ateliers et hangars, la maison de maître, des maisonnettes pour les employés et — comme à la Réunion — à portée de la cloche, le camp des travailleurs. Ceux-ci proviennent de l’immigration, les indigènes étant peu nombreux et fort paresseux.

Pendant longtemps Madagascar et le Mozambique fournirent ces engagés mais aujourd’hui le recrutement est limité exclusivement aux autres îles de l’archipel — dont la population — assez différente au point de vue ethnographique, est plus abondante et plus laborieuse.

Toutes les usines de Mayotte ont été créées sur le type bourbonien, mais elles ne se sont pas tenues à la hauteur des perfectionnements introduits dans l’outillage des usines de la Réunion et, sauf exceptions, on ne fait à Mayotte ni repression, ni cuisson dans le vide. — Qu’importait cependant? La merveilleuse fertilité du sol de Mayotte et son climat chaud et humide, éminemment favorable à la culture de la canne, compensaient, par l’énorme rendement aux champs, l’infériorité du rendement à l’usine. Aussi, devant le succès de cette culture, les entreprises se multiplièrent et on comptait dix-sept usines dans l’île quand éclata la crise générale de 1885. — Aujourd’hui il n’en subsiste plus que huit et leur production totale — 8.500 à 4.000 tonnes, — serait celle d’une usine centrale moderne.

On le voit, l’orientation donnée à la mise en valeur agricole de Mayotte, sous l’influence des tendances en faveur à l’époque où elle débuta, n’a pas conduit à de très brillants résultats.

Mais si les établissements sucriers de la côte périclitent, une nouvelle ère de prospérité pourrait s’ouvrir pour la colonie à la condition d’établir des voies de communication vers les régions richement boisées de l’intérieur. Alors la culture de la vanille, à laquelle il faut des terrains vierges, l'exploitation des bois d’ébénisterie, les plantations de caoutchouc, de cacao etc., seraient autant de ressources nouvelles

offertes à la colonisation, ressources que des petits planteurs, munis de 20 000 à 30.000 francs de capital, pourraient saisir avec d’excellentes chances de succès.

Bien plus intéressantes toutefois, aussi bien par leur physionomie ([u’au point de vue de la colonisation, sont les autres îles Comores.

Anjouan, vu de la mer, est un enchantement pour les yeux. 1/île se détache en sombre, sur le fond bleu de l’horizon, avec la pureté de lignes d’un triangle. Un pic aigu, d’une hauteur d’au moins 1200 mètres, en forme le sommet et ses côtés, coupés par des vallées étroites et profondes où coulent des ruisseaux, conduisent sur leurs pentes douces, jus({u’au bord des vagues, toute la végétation des tropiques où l’on distingue, en grand nombre, les hautes cimes recourbées et ondoyantes des cocotiers.

M’Samoudou, la capitale et la plus ancienne ville d’Anjouan, est située sur le bord de la mer, au fond d’nne grande baie produite par la saillie des pointes nord et nord-ouest de l’îlc. Si la vue est ravie par le décor (pii l’entoure la ville offre surtout un régal à l’imagination. On no s’attend guère en effet, après avoir aperçu d’abord, en contournant l’île, les primilives pailloltes indigènes abritées par les cocotiers, ù trouver une ville flanquée d'une vingtaine de tours reliées entre elles [)ar des murailles et dont les maisons, toutes en pierre, serrées les unes contre les autres, présentent une masse comjiacte de terrasses, dominées par celles du palais du sultan et le minaret de la principale mosquée.

Une nuée d’enfants, au teint cuivré et la mine éveillée, alertes et élégants sous la longue chemise blanche des Comoriens, nous guide à travers ces dédales.

Mais où sont les habitants ? Dos ondu’es nous guettent aux tournants des rues

et disparaissent à notre approche, des voix graves et monotones, qui psalmodient derrière les portes des mosquées, s’abaissent à notre passage, des yeux semblent

nous épier à travers les sculptures des galeries en bois qui, par-dessus les rues étroites, conduisent d’une maison à l’autre, mais si nous sentons une vie furtive autour de nous, nous ne voyons ni une femme, ni un marabout, ni même un marchand.

M’Samoudou est une ville aristocratique et l’existence des premiers conquérants des Comores, s’écoule, loin de nos regards indiscrets, de l’aulre côté de ces grandes portes ceinlrées, entourées d’arabesques midticolores et dont les fermetures massives ne s’ouvriront pas pour nous.

Une élé}^ante de MaifoUe.

MA DAGASCAU

Celte ancienne civilisation arabe n’est pas pourtant sans avoir procure de grands avantages à la nôtre et nous lui devons notamment rexcellentc main-d’œuvre qu’elle a introduit dans l’archipel.

D’autre part nos entreprises de colonisation dans les Comores proprement dites ont sur celles de Mayotte l’avantage d’être plus récentes et par conséquent de s’être orientées vers les cultures les plus rémunératrices.

On compte à Anjouan quatre grandes exploitations européennes produisant du sucre, de la vanille, des clous de girofle et sur lesquelles d’importantes plantations de café et de caoucliouc Ceara ont été faites tout dernièrement. Mais c’est surtout la vanille qui constitue la principale ressource du colon.

Dans un rapport récent, M. l’Inspecteur des Colonies, Hoareau Desruisseaux s’exprimait ainsi : « M. Plaideau, propriétaire de la vanillerie de Sangani, est un planteur qu’on pourrait donner en exemple à tous ceux qui, en France, seraient désireux de venir tenter fortune aux Comores avec quelques milliers de francs.

Sa plantation de vanille, entreprise, il y a sept ans, avec un capital d’une dizaine de mille francs, est l’une des plus belles exploitations de ce genre qui soient au monde.

(( Cette propriété a produit, en 1896, 1.800 kilos de vanille préparée, en 1897, 2.250 kilos, en 1898, 2.900. La récolte de 1899 est estimée à 3.000 kilos (1).

« Mieux que les autres îles des Comores, Anjouan, très pittoresque, très fertile, arrosée de nombreux cours d’eau et jouissant d’un renom de salubrité meilleur que Mayotte et Mohéli, se prêterait avec succès à des essais de petite colonisation.

« A la Grande Comore, qui a cependant un climat encore meilleur, il n’y faudrait pas songer à cause du terrain trop rocheux qu’on y rencontre un peu partout.

« Dans cette dernière île ce qu’il faut faire surtout c’est de l’élevage, mais de l’élevage en grand sur de vastes étendues de terres et dans les prairies établies sous bois. La Compagnie française de la Grande Comore y est merveilleusement installée pour cela.

« A Anjouan, au contraire, deux ou trois hectares de terre plantés en vanille peuvent arriver à représenter une fortune en quelques années. C’est donc de ce côté que devraient être dirigés, même avec des encouragements, les courants d’émigration qui se manifesteraient en France. »

La situation de la colonisation française aux Comores se présente donc sous un jour très satisfaisant — aussi bien en se tournant vers l’avenir qu’à envisager les résultats déjà acquis.

A Anjouan les quatre grandes exploitations de Pomony, Bambao, Patsy et Sangani produisent 1250 tonnes de sucre, environ 10.000 kilos de vanille et ont

(1) Le prix moyeu de la vanille d’Anjouan est de 35 à 40 francs le kilogr.

(rimpoi'tantos plaiitati(.)iis qui ne sont pas encore arrivées à l’époque de leur rendement. Eu outre cette colonie paraît ouvrir nu cliainp à la petite colonisation, avec la vanille comme cnllnre riche, tout comme la Nouvelle-Calédonie, avec le café.

A la Grande Comore M. Ilumblot a réussi à constituer une exploitai ion des })lus im|)ortantcs.

Fondée en 1887 la société de la Grande Gomoi-e, outre son personnel européen et une trentaine d’employés indigènes, occii[>e de onze à douze cents travailleurs exerçant les métiers de cliarpeirtiers et maçons, terrassiers, jardiniers, mécaidciens, scieurs, cliaidfeurs , bûcherons, bergers, charretiei's, vanilleurs (lécondeurs, défricheurs et |)réparateurs) et manœuvres.

Aucun Européen n’ayaiit séjourné dans File avant M. ltnud)lot, la société a du former ces onviâers pour construire les habitations, magasins, ateliers et lu'tpilanx répandus sur h‘S dilTérents points de l’île suivant les besoins de l’exploitai ion.

Celh'-ci compi'end les cultures, l’élevage et la mise en valeur des forêts. Comme à Anjouan, la cullure (jui a donné jusqu’à présent le meilleur résultat est la vaidlle. La société en fait actuellement une récolle de 8.000 à 4.000 kilos et angmenle sa ])rodnction par les nouveaux jdants régulièrement repiqués chacpie année.

Des planlations récentes de girofle et de cacao sont de Irès l)elle venue et paraissent destinées au plus bel aveidr.

L’exploitation méthodi(pie de la foret est assurée }>ar une scierie

et la construction d’une route carrossable et à ]»ente douce, destinée à recevoir une voie ferrée.

Enfin l’élevage comprend prés de 3.000 l)œid‘s et '2.500 ebèvres et cabris et les animaux se multiplient dans une proportion très encourageante.

M. Ilumblot, S('ul colon du la Grande Comore, mais colon iuqtortani, on

Fciidiics dca Comores p(!cliaiU du frc/iri à lu main.

vient d’en jnger, étend aussi ses opérations sur l’ile de Mohéli où il possède une exploitation produisant 600 tonnes de sucre et 250 kilos de vanille, sans parler des plantations de café et de cacao. Mais là, la Société de la Grande Comore a un voisin, M. Wills, sujet américain, <pii exploite une importante vanillerie.

Avec ses nombreuses rivières Mohéli est plus cultivable que la Grande Comore et là — comme dans les autres îles d’ailleurs — il faut signaler, à côté des en- I reprises européennes déjà existantes ou qui pourraient avantageusement se fonder, les exploitations indigènes. Celles-ci sont assez importantes et portent principalement sur le manioc, les patates, le maïs, le mil, le riz et les liananes pour la consommation locale, les cocos, les arachides et la cannelle pour l’exportation.

Anjoiian, à lui seul, exporte annuellement 300 tonneaux d’arachides et près de 100.000 cocos dont la variété est très belle.

Les l'elations commerciales de la Métropole avec ces colonies ne portent guère que sur l’importation des produits des exploitations européennes, et notamment la vanille.

Jjes transactions les plus importantes ont lieu entre l’archipel et Zanzibar, Mascate, la Côte orientale d’Afrique et Madagascar, employant, pour s’effectuer, cette sorte de bateau répandu dans toute la mer des Indes, bien connu avec son mât unique penché sur l’avant, sa grande voile latine, son château d’arrière, sa proue relevée et ornée à son extrémité d’une palme ou d’une volute — comme les galères antiques — et qui porte le nom de boutre.

Les indigènes se servent encore, pour aller d’un port à l’autre et même pour naviguer entre les îles, de pirogues à balanciers.

Avec ces moyens de navigation pour le long cours et le cabotage, il s’effectue un commerce assez actif, portant sur les })roductions des cultures indigènes qui sont transportées à Zanzibar et à Madagascar en échange des marchandises manufacturées et de certains produits de consommation, riz, sel, boissons, etc. Ces relations sont surtout importantes avec Zanzibar et elles sont favorisées, entre autres circonstances, par le régime monétaire des Protectorats, qui est celui de la roupie.

Ainsi par dos liens nombreux ce petit ai'chipel, trop ignoré en France, se rattache au grand système économique et social nmsulmau enchevêtré, sur tant de points du bassin de la mer des Indes, avec les entreprises de colonisation des peuples chrétiens.

Aux Comores les deux civilisations peuvent très bien se superposer et 1-a nuire, })lus récente, ne ]»ent ipic profiter de ce ipie la plus ancienne y a créé. Celle-ci a inlrudnit nue popidation et une main-d’œuvre, commencé la mise en valeur du sol, donné naissance à un commerce.

Déjà qnel([nes pionniers ont jirofté de ces avantages. Les entreprises françaises de colonisation fondées aux Comores sont de celles qui peuvent être proposées en exemple et cet exemple peut encore être suivi ])uis([u’il reslo de la (erre et des biais disponibles.

Quant au commerce il pouriaiil être délonrné à notre profit. 11 snlfirail pour cela do raltacber Mavolte à un port de la côte ouest de Madagascai' par un vapeur qui desservirait en mémo temps les antres îles et lerait la cueillette de Imirs produits — ce que les grands paqueliots ne penvent faire durant les ipiei- (pies lienres de leurs escales mensnelles.

Jusqu’à présent les Comores ont été l’apanage de qnebpies hardis colons qui ont en le courage et pour eux la lionne fortune de « découvrir », an point de vue économiipic, ces îles oubliées. Anjonrd’lini cet apanage fait partie du domaine de la France, il est ouvert à tons et il faut sonbaiter ([ne ses ressources ne restent [las ignorées de ceux (jui penvent être appelés, à leur tour — commerçants et colons • — à en profier.

Ch. N....

Anjouannaise.

Par co<[iiencrie, à l'imilatinn des Indiennes, la narine est ornée d'un hi/ou.

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