I.’eSPIUT public et u’()1>IMO>' en I'BANCE
lînfiii, (Ipi-nioi' facliMir, plus iiiiporlaiit piicoTP (jiio tout le reslo pf, couiiiio ](? tcsIp, ap[)ani souloiiioiil au eoui'S de e(‘S demièi'i's aiiuées, la France ipii a un eiiipii'p colonial, nue poliliipie coloniale, el une adiniiiis- Iration coloniale, téinoinne cliaijne jour, |tliéiioinène i»ien nouveau (lisez, par exeniph', les Exposés de situation el le Compte rendu (les Cliainlires sons Na[)ol(‘on III) de son inléiaM pour cet eni|)ii'e, celle poIili(pie et celle adniinislralion ; elle le 1('MnolL>Tie pai' l’oro-am' de son oouverneinenl et [lar celui de ro[»iiiion pul»li(pie.
I)(' cet iiihuaH ([ne l(' gonverneinent ]tr(Mid aux colonies, les [»renves, depuis (piehpn' anii(''es, abond(Mit : ciNaition d’iiii Minish* sp(i‘cial des colonies, sons le ininish'n’e d('
M. Casiinir-Perier ; aliaiidon définilifde celle tliès(‘, aiilrefois admise el ap[di(]n('M‘ , ([iie les colonies sont, (Fniie part, cr(a'*es pour le seul profit des lialiilaiits de la nR*lro[t(>le et destiink'S, d’anlre part, à servir d’asile an reluit de la po})nlalioii française; choix (riioinmes considii'raldeset la plupart recomiuandahles pour les [lostes de g'onverueurs oéiu^ranx et de oonveriieurs ; volont(^, clairement manirest('‘e el d(’'jà jiarliellement i(i‘alis(:‘e, d’assurer aux colonies l’onlillage (|iii leur man([iiait; a[)jmi financier de la France donmi' on olfert (‘I parfois inipos('“ aux colonies [»onr rex(-‘cnlion de leurs Iravanx pnlilics les pins nroenls; mesnr('s jirises et sans cesse perfeclionm'‘es [)onr recrnh'r et former les fomiionnaires des colonies; vole r('‘cent d’uiu' loi sur l’ariiu'e coloniale, ele., etc...
Voilà des nrenves mnnhrenses et indiscntaldes
MA DAGASGAIU
— XYIII
(le l’intérêt que le g-ouvernement })orte aux colonies. Les régimes qui ont précédé la S** Répuldi(pie u’out rien vu de pareil. Et — j’appelle encore une fois l’atteutiou sur ce point, — cette évoluliou est due à l'existence de ce vaste empire, don des vingtcinq dernières années. On dit en physiologie que la fonction crée l’organe; cela est vrai aussi en politi(pie. Le sens colonial semblait manquer à nos gouvernants : c’est une erreur; due leur manquait que des colonies. Dès qu’ils eu ont eu, dignes par leur ampleur et leur complexité de l’attention et de la sollicitude de ses gouvernants, il s’est rencontré un gouvernement pour s’en inquiéter et s’en occuper.
I^a seule chose qui manque encore auprès du gouvernemeut, ce sont des institutions coloniales et un parti colonial. L’Angleterre, par exemple, a l’un et l’autre. Elle a dans son Parlement des bommes qui ont lialuté les coloides, (pii les connaissent, qui les aiment et qui les défendent ou les assistent : voilà un parti colonial. Elle a, pi'ès du Ministre de l’Inde, un Conseil, apjielé Conseil des Indes, composé d’hommes, hauts fonctiounaires ou l'iches particuliers, qui ont habité l’Iude }iendant longtemps, y ont joué uu lAle considéralile, l’ont cpiittée depuis moins de dix années, et n’y ont pins d’intérêts personnels qui puissent iniluer sur leur opinion. Ce Conseil a mission de donner au Ministre de l’Inde, sur les ])lus importantes (piestions, son avis, que le Ministre ne peut dédaigner sans en dire formellement la raison. Voilà une institution coloniale.
Parti colonial, institutions coloniales, la France jnsqn’iei n’a l'ien de cela. Ce n’est pas une institution coloniale que le Conseil supérieur des Colonies, qui comjireiid quelque 250 membres, dont les deux tiers sont entièrement étrangers aux colonies, et qui ne s’est pas, d’ailleurs, réuni depuis dix ans. Ce ne sont pas des institutions coloniales que ces conseils aux noms variés que le Ministre consulte sur ce qui lui convient et dont il ne suit ipie les avis ([ui lui plaisent.
Et ce u’est pas uu jiarti colonial que ces deux ou trois cents déjmtés inscrits au Groupe colonial, qui conqu'enuent quelques députés des colonies, nécessairement partiaux dans presque toutes les affaires coloniales, et d’une foule de déi»utés métropolitains dont, jusqu’ici, beaucoup encore sont ignorants des affaires coloniales, ([uand ils ne sont pas indifférents anx colonies elles-mêmes.
Parti colonial et institutions coloniales, la France n’a donc ni l’un ni l’autre. Mais elle ne peut manquer de les avoir uu jour, et vraisemblablement un jour pi'ochain; car, après le gouvernement, voici l’opinion publique qui s’intéresse aux choses coloniales.
C’est encoj'e un phénomène absolument nouveau, dù à la possession de notre nouvel empire colonial. La jiolitiqne coloidale, celle à ipii nous devons cet empire, a délmté, on s’en souvient, parmi l’indifférence et a continué parmi l’hostilité de rojiinion publiipie. L’acquisition de la Tunisie, ce joyau, s’est accomplie sans même que le public y jirît seulement garde; celle du Tonkiii a valu à son auteur, Jules
Ferry, «les injures el des iimhiMl ici ions et nous a eoùl«j «les hoinines tels que Paul Bert. lv’Afri«|uo «)cci«l(‘ulale a «^dé conquise à ])cn [)rcs en secrel, avec des elTeclifs insnirisanls, envoy«i‘S sous prclexte d’o[)«n-al ions de d«'‘converles, de topoi:;'raj)hie ou de police, cl parfois au moyen do fonds «Pdcjurnés de leur desi inalion ollicielle.
d’andis (pie, les entreprises se pouisnivaionl, sur deux conlinonts, et «pie des lioinines olislincs : Jules Ferry, Gambetta, Paul Bert, Barlln'demy Saiut-I lilaire, Etieuue, etc., douuaieiit au pays, sans son aven ou conire son ”-ré, des momies tout entiers, cbMait une (qiinion lary;'ement réjiaudne «pie cida lu' servirait à rien, que la b’’ rance n’est pas un [lays colonisateur, «[iiolc Framyiis n’émii^re pas; ipie, la population fram;aiso restant stationnaire, nous n’aurions pas d«‘ «[iioi peiqiler et exploiter nos nouveaux territoires; «pie nos capitaux sont trop timides [lonr s’aventurer dans de tels [ilacemeuts, ipi’aii surplus, iiu jour ou l’aiilre, ces tenitoires nous
seraient enlev«'-s jiar riMeruelle rivale, celle «[ui a toujours su ooidler son do-
maine des «l«qH)uilles d’autrui, et qu’il était dau;^erenx, déraisouuable, et à tout le moins inutile de fonder des colonies dont le }>ays ne tirei'ait pas, ne saurait }»as, ne vomirait pas tirer parti.
b]| voici «pie, contrairement à toutes les prévisions, le [»ays s’est intéressé aux colonies. Voici «pic toutes les classes de la société y clierclieiit des carrières pour leurs enfants, des enqilois pour leurs capitaii.x. Voici ipi’a[»rès avoir lait appel, pour [leupler ces colonies, à tontes les bonnes volontés, en lermant les yeux sur les recrues de «pialité douteuse, il est [lossible, il est im'mie nécessaire
aujourd’hui de faire uii choix parmi ceux «pii se présentent et de repousser
les éléments mauvais ou médiocres pour ue laisser jiasser «pic les bons. Voici «[lie ces ca[nlaux, si routiniers et si timoi'és, s’enhardissent jus«jn’à la témérité et s’engagent dans des opérations où la part d’aléa est telle «pi’il est temps de leur crier casse-cou. \ oici «pie les générations grandissantes se [«réparent à coloniser, «[ne les [iliis avancées, celles «[iii vont «piilter l’école et n’ont encore qu’une idée confuse des colonies et de ce «[ii’oii y peut faire, révent de colonisation comme leurs devancières rêvaient de chasse ou de guerre; et «[liant aux plus jeunes, voici «[ue renseignement colonial s’olîre à elles de toutes [lai'ts, de[)uis rUniversilé jiis([u'à l'école primaire, à l’école et hors de l’école, [lar le livre à cinq sous et |iar l’ouvrage à cent francs.
Et c’est [lour elles i(iie tant de coloniaux compétents, tant d’hommes d’expérience, et d’autorité, ont entriqiris la publication admirable dont ceci n’est que la préface. Préface sévére, raisonneuse et toutefois consolante, «[iie plus d’iiii lecteur [leut-étre aura toiii'iiée le doigt distrait ou res[irit iu«[uiet, mais dont la forme im [»eu austère ne peut du moins «[iie doiiuer [ilus de saveur aux attrayantes études «[ii’on va lire.
Joseph Ciiaili.ev-Bekt.
MADAGASCAR
DiegO"Suarez
et Tamatave
E vovag’o (lo France à Madagascar l’cniplacera peut-être im jour le tour classûpie de Suisse ou <l’llalie, et alors il aura cessé d’élre intéressant, llàlous-uous de dc'vaiicer ce uioiueiil béni où il devieudi'a ra])aiiage d(‘s ag('uces C.ook, atiu d y lîade f/e Diego Suarez. tronvr'i' eucore uu ]H'u d’iluprévu (‘I d(‘ couleur locale...
Partis de Marseille, le 25 du mois de mai, nous A'oici , de grand matin, le 14 du mois suivant, en face de Dieuo-Suarez. Leulcmieul, nous en ii'aiicliissous la passe et subitement la l'ade se ju'éseute dcvaul nous dans toute sa splendeur.
Et que sa vue ('st belle, avec les liauteurs ipii l’envirouneut, abruptes et dénudées pi'espue parloul, boisées par endroits, v('rs !(' Snd ; avec b's (piaire bai(‘S (pu s’cnfouceni à droile et à gauebe, comme aulaiil de porls magmlnpii'S dans cbacun des([uels poui'rai(ml évoluer toutes les flottes dii inomb*! luvoloutairemeut ou
soime à Brest on à Rio-de-Jaueiro.. ..
Bient(')t b* vaisseau mouille à une assez l'orto distance d’Aiitsirana, U' cliellieu de la provinc(‘, (‘t tout le monde s’a])prét(‘ à descemlrm
Des iM'éob's, des Anjouauais, nous sollicitent avec Imirs baleinicres et leurs canots. Cimpiaute centimes par bomme et par colis, comme le poi'teut les guides,
iiii franc an moins, comme nous aurons à payer en réalité, cela n’est pas troj) clier et cela vaut mieux, pour des Européens, qne les pirogaies à balancier dojit on devait se contenter autrefois.
Antsiiana n’est guère qn’nne bonrg-ade, très jeune et déjcà portant les apparences dn déclin. Elle ne compte pas 2,000 habitants; les mes en sont liicn li'acées, mais pas encore bâties; les maisons, en bois et la plupart sans étage, sont an milieu de vastes emplacements où des arbres commencent à pousser ; les monuments existeront pins tard....
Créée en 1886, la petite ville ent cependant son moment de grandeur et d’ambition. Jns(pi’en 1896, elle fut le chef-lien d’une colonie distincte comprenant, outre le Nord de Madagascar, Nosy- Bé et Sainte-iMarie. C’était le point d’appui de notre inflnencc dans la grande lie et h* senl endroit on nous fussions les maîtres. Aussi on s’y portait de partout, de France, de Maurice, de Bourbon, })onr des établissements industriels et pour des essais de colonisation, qui, dn reste, ne réussirent pas; on y étaldissait en même temps, nne garnison assez considérable; on commençait l’étaldissement de forts et l’on projetait d’immenses travaux pour arsenal, bassin de radonb, fortilications, etc.
Tout cela fut interrompn par notre prise de possession de Madagascar, et Diego-Snarez tomlta en léthargie.
La vie va Ini revenir, nne vie surtout militaire, avec la reprise des anciens projets, pour en faire notre premier point d’attache et notre grand port militaire de l’océan Indien.
Cependant l’heure du départ approche. Rapidement retournons à Ijord et en route pour Tamatave où nous serons dans deux jours. Ee ]>a- (piebot est sorti de la rade et il vogue en plein Océan, à une certaine distance des côtes dont nous nous éloignons pendant la nuit.
Aujour, nous les longeons d’assez près pour en distinguer les divers accidents : caps, îlots embomdiures des rivières, villages, mamelous, forêts. Puis, tout à couj), voilà Saiiite-iMarie, cette délicieuse miniature de la grande lie, (|ui
lui rossom])lo, loiii>'iie, ûlroilu, oi'ieiilée coiuiue elle, à [kmi près eoimiie rossciiil)lo au pa- (piol)of i>'èaul la uuupioltu ou |)olil fpièui iil lairo le couslnielour. L’iiiiaj^'O osl lVap[)aulo, et c’est à se (leiiiaiider si le divin iVreldleete (pii a jiéli'i les îles (*t les eouliiieuts iie s’essaya pas sur Saiute-Marle, avant d’exéeuler cetle masse énorme cpii a nom Mada^'asear.
La vue est, à ee moment , remar([ual)lemeul helle. A droite, à ipielcpies kilomètres, un immeusi' ampliit lièàt re recouvert de verdun' et dont les derniers ^aaidius, (jui sont !^'iyautes([ues, se ])erdeut et se fondent dans l’Iiorizon; puis, devant nous, une pointe très avancée ([iii semide devoir nous karrer la route en se sondant à l’île Sainte-Marie, c’est la pointe* à Larrée ; dans 1 ensemlde , un ]iays fpii paraît très accidenté, très montagneux, très boisé, ee ipii est vrai, et très riclie, ce (pu est moins exact. A ganclie, les collines de Sainte-Mari(* oicliuhc
(pii se montre, avec ([uebpies liantes futaies et ses bouquets de Saiutc-Maric. de mangaiiers, très jolie d’aspect, fraîche et l'iante.
Pins loin, le port d’Ambodifotra ([ni est un des meilleurs de la cote l^sl, et, a C(')té, Saint-Louis, la ca[)ilale de Sainte-Marie, une petite ville de GOO babitants, entourée de cocotiers et de manoaiiers.
Sainte-Marie ajipartient à la France depuis 1750, épocpie à laquelle elle nous Int donnée par la reine Bety. Nous en reprîmes possession, après l’avoii' jierdne p(*ndant les guerres de l’Enqdre, an mois d’octolire 1821. Nous l’avons gardé(‘ dejniis, sans cc[)cndant, il faut bien l’avouer, rien y faire de remarquable, an [toint de vue agricole, industriel et surtout moral.
Les Sainte-Marie sont très paresseux, très corromjius, et très ivrognes, capables de faire durer une orgie plusieurs jours de suite. Ils ont cejicndant une spécialité : ce sont d’excellents matelots, et volontiers ils prennent du service à bord de nos vaisseaux ou sur les boutres de la cote. Aussi, dans l’île, les liommes sont-ils notablement moins nombi'cnx que les femmes.
J^i’île est très tiévreuse, [dntcjt malsaine. Rien à y signaler de particniier si ee n’est an Sud, à la pointe Blévce, dans bile aux Nattes, la [dns b(*lle de tonies
les oi'cbidé('s de Madagascar.
De Sainte-Marie à Tamatave la distance n’est pas longue,
155 kilomètres
environ. Nous la franchirons pendant la nuit et , de grand
matin, nous serons dans le premier port et la première ville maritime do Madao-ascar, nous serons à Tamatave.
Non pas (pi’il soit merveilleux, le port de Tamatave. Ce n’est, an fond, qn’nne rade foraine, avec deux mouillages : l’nn, près de la ville, très médiocre et à (piitter à la moindre menace de mauvais temps; l’aiili'e, pins loin A’ers le Nord, assez sûr et avec un hon fond. C’est là que nous nous arrêtons, là que doivent mouiller tons les navires, pour pen que la mer soit mauvaise. Et encore ne serontils èii sûreté que si la tem])ête n’est pas trop forte.
Cette rade, formée par deux récifs partant l’nn du Nord, l’antre du Sud, et laissant entre eux une passe assez dangerense oû il n’est pas rare de v(jir des navires s’échouer et péihr, ne saurait donc snllire à nue ville comme Tamatave. Des travaux s’inqiosent, ([ii’il sera sage d’elTectner le pins t(Û ]»ossil)le : denx fenx placés à l’extrémité des denx caps devront en marquer l’entrée, nn [)ort déviai être creusé entre le grand récif et la jiointe llastie, enlin il faudra achever le grand appontement en fer, qui, concédé à une compagnie privée, est déjà très avancé et rendra bientôt les jilns grands services.
pour (lél)Ui'(piei', (pio de recourir
aux ehaliuids (pi’uii i’eiii()r(pieur conduira à l’exlréiuilé d’iiu pelil apponleiueut de 15 à 20 luèlres. C’esl priiiiilif, mais cela vaut mieux (pie les anci(‘iiues pirogues relemies loin du rivage ](ar la lioide et le veut eoiitraire; cela vaut mieux (pie les r'paules des là'gres anxipielles vous di-viez vous confier jadis jauir aliordcr sur le saldc de la rive.
Nous d('“l (a ripions. Tout Tamatave est là pour nous voir et apprendre des nouvelles : des EuropiMuis en assez grand nombre, admiiiisiraleurs , olficiers, soldats, marcliauds, joiiriialistes — car il y a des jouruanx à Tamatave; — des créoles de Maurice ou de Bourbon, tous eu habits blancs avec le easipie colonial sur la tète et nn épais [lai'asol à la main; ipiidipn^s fmiunes blanehes aux trails tirés et fatigués; di's commcripuits indous, eliinois ou liova, sans parasol, ceux-là, mais très alfairés et très anxieux de recevoir eu bon étal les mareliandises ([ue les clialands lie cessent d’apiiorler cl de jeter sur la elianssée; des porimirs en grand uomiu'i' à ipii des vovageurs confient leurs bagages, à ipii les négoeianis indiipienl les caisses leur apparlenani ; des oisifs également et des badauds en lamba, toute nue fonle bigarrée, alfairée, agitée, exubéiante, ([ni crie, ipii gc'Siicnle, ipii se jirécipite,
M.\D\GASCAi;. î
qui pai'l(‘ [ictil iiègro on inalgaclie ou français, qui vous assomme, vous étoui-dit, el (loul eepeudaiil vous iie |iarvoiicz pas à d(Mounier les yeux, lellemeut le speetaele eu esl nouveau el eurieux.
Cepeiidaul des Français vous altordeiil , (pie peut-clre vous u’avez jamais vus. Ils vous salueul, ils vous lemleul la main, ils vous demaudeul des nouvelles, ils se mel l(‘iil à votre service.
« Que fail-ou eu France ?
« De ([uoi s’occupe-l-ou eu ce luomenl ?
« (duel est lY'viimcmcut du jour, la campagne de presse, le mouvement à la mode, la pièce eu vogue, riiomme populaire, le succès de l’Exposition? Quelles sont les nouvelles de la guerre sud-alVicaiue? des alfaires d’Orieut? de celles de Cliiiie? etc., etc. »
11 faut répondre à tout et à tous, et redire les cancans de Paris, de Marseille, du bord, peudaut que les caisses de marcbaiidises s’amonccllcut sur le sable, que les portefaix crient, que les vagues déferlent sur le sable et se retirent, laissant après elles un blanc ruban d’écume, que l’Océan mugit, dominant de sa voix merveilleuse et puissante ce bruissement de fourmis.
Vue d’ensemble, par exemple du dél)arcadère, Tamatave ressemble à un berceau de verdure, avec scs maisons en bois, qui n’ont qu’un étage et qui alfcctent les formes les plus variées, au milieu d’enclos plantés de palmiers, de cocotiers ou d’autres arlu'cs luxuriants, émaillés de fleurs et environnés de palissades en bois; avec sa longue rue du Commerce, la principale, sinoji Funique grande artère, où se concentre tout le mouvement des aflaires, le long de laquelle se trouvent les principaux établissements, la douane, l’église, le gouvernement , les consulats, les hôtels, le Louvre, les agences des grandes compagnies et que parcourt un Decauville singulièrement encombré en ce moment par des wagonnets chargés de marchandises et poussés par des Malgaches. Mais l’air est lourd et chargé d’humidité, et le soleil vous pèse sur les épaides comme un manteau de plomb; mais la lumière tro[) Idanche est presque aveuglante; mais les rues non pavées sont couvertes d’un sable mouvant qui vous empêche d’avancer; mais la ville est mal entretenue, et tout cela fait contraste avec les richesses de la végétation, avec le vert des jardins, avec le brillant des corlieilles des parterres, ou des fleurs grimpantes, et il sendile que l’on n’aimerait pas à vivre à Tamatave.
Il n’y a rien avoir, du reste, dans celle ville cosmopolite, rien au moins (pii vous plaise complètcmcut, ni le village de la Pointe, situé à l’extrémité de la liaiide de sable sur laquelle s’étend Tamatave, et qu’halùtent les noirs de Bourbon, de Sainte-Marie et (pielques Malgaches; ni la ville européenne proprement dite, (pii SC compose essentiellement de la rue du Commerce et de la rue de l’Amiral Pierre, reliées entre elles et avec d’autres rues parallèles par des ruelles transversales.
coiirlos, la pliiparl du lenips, cl, iiisigiiiHaules ; ni, un pou plus loin, la place de rAneicii Zonia, et, au sud du niisseau Ranouandiiana , ramouccllciucnt de eons- Iniclions liéléi'oeliles où liahilent les Indiens, très iiond)i'(Uix à Tainalave; ni, au nord du niènic ruisseau, la jdacc de la iioiiyelle ville (pii ne consiste encore (jii’eu terrains allolis et àveudro, sur lesijuels coiuiuencent cependant à se niontrcr quel-
La première maison du colon.
qncs maisons eu hois; ni plus loin encore, au Nord-Onest, (‘t mi deliors de la ville, le village malgache (rAnlanauambao, — la ville nouvelle, — assez iniporlant avec sa nomhrense populaliou flottante conqiosiim snriont d(' poricurs, et très original avec ses lionlnpies encomhrces et ses cabanes basses aux loils se r(‘joignaut [lardessns les ruelles; rieu, si ce u’est pcut-èti'c l’église et les écoles, la pi'oinenade le long de la nu‘r (‘t le cimelière.
L’église n’est pas ri'iiiarijuable par son arcliih'cliire. Consiruih' loiit eiilière eu bois, elle esl Irop jH'lile pour une pojmialion d(''jà uombreuse et ((ni u’est pas irréligieuse; mais elh' esl adiuirablemeiit silnée eiilrc' la mer el la rue du Commerce, à ])cn (irès v(‘i‘s h* ceiilrc' de la rade; surtout elle ('sl ancimiiu' (ù indissolublemeut liée an (l(“V(d('|)])(mi(ml de noire influence à Madagascar; (mlin (die a (ui h" bonheur de (Hjsséder pour la dessei'vir un homme essentiellement bon et que tout le monde
Iluc de l Amival Pierre.
véiièi'O, le R. P. Lacommo, un vélérautle la première lieui-e pai-iui les Missioimaires de Madagascar, (pieje suis heureux de saluer eu })assaul .
iV colé se I rouveiil la maison des Missioimaires el h'S écoles leiiues, celle des garçons par les Fi'ères des Ik'oles Chrélieimes el celle des filles jiar les Sunirs de Saiul- .losepli de Cluuv.
c’est là (pi’oiil élé élevés la pliiparl des liahilauls aeUiels de Tamalave, d’une 'l’(imnl(n’c. é( lucalion Ionie chrélieime el toiile fraiieaisu.
La promenade s’élciidait aiilrel’ois le long de la rade, du cùlé Nord. Mais voici ([u’ayant voulu macadamiser les rues de Tamalave, ou se mil dans ce luit à extraire
Une de Tamatnec .