‹ Emploi de la Cryogénine: Contre le Rhumatisme TuberculeuxChapitre 21 sur 27 · X.., fillette de 14 ans · texte numérisé non relu

X.., fillette de 14 ans

Antécédents héréditaires. — Sa mère est morte phtisique.

En novembre 1902, on constate un ramollissement du sommet gauche, et un début d'infiltration bacillaire du sommet droit. Pouls rapide; température oscillant entre 370 et 380.

L'enfant fut soumise au traitement ordinaire.

Le père dit que sa fille souffre parfois de douleurs, soit dans les bras, soit dans les jambes; mais on ne trouve rien de précis.

De novembre 1902 au 7 février, le tracé thermique fut assez irrégulier, entre 370 et 380.

Vers le 7 février, la toux alla en s’améliorant. Mais en même temps apparurent des douleurs assez intenses coïncidant avec un léger relèvement de la courbe ther-

mique. Ces douleurs siégeaient tantôt dans un pied, tantôt dans un genou, poignet, épaule. Elles étaient très mobiles comme localisation, amenant un peu de rougeur loco dolenti, et un léger œdème. L’articulation atteinte était immobilisée à cause de la douleur. Les mouvements spontanés provoquaient des souffrances, mais sans faire à la palpation, sentir quelque chose d’anormal.

Un traitement salicylé intus et extra échoue complètement. Depuis ce moment se produisirent très souvent des poussées d’arthralgies, au cours desquelles furent souvent observées chez cette jeune malade une diminution de la douleur coïncidant avec une poussée pulmonaire. De même la congestion pulmonaire cédant un peu, les douleurs polyarticulaires s’exacerbaient.

Peu à peu, il y eut de grandes différences entre la poussée thermique du matin et celle du soir, la tuberculose ayant ici une marche rapide et fatalement progressive.

2 mars. — Sur les conseils du professeur Poncet, le docteur Boudin fait prendre à la malade un cachet de 0,50 cent. de cryogénine. L'effet fut merveilleux, dès le lendemain les douleurs disparurent, et n’ont plus réapparu depuis.

OBSERVATION XVII (Clinique de M. le professeur Lépine)

Tuberculose pulmonaire de marche torpide, arrivée à la troisième période.

Arthralgies ; myalgies, calmées par la cryogénine.

P. G.., 63 ans, ménagère, salle Saint-Roch, lit 7.

On ne peut obtenir aucun renseignement précis sur les antécédents héréditaires.

Antécédents personnels. — Bonne santé jusqu'à l’âge

de 61 ans. À 20 ans, elle a présenté une arthrite du coude droit, de nature probablement blennorrhagique, et qui s'est terminée par une ankylose complète. De 25 à 60 ans, ses conditions d'existence furent assez délectueuses: surmenage, manque de sommeil, habitudes éthyliques assez prononcées. Elle n’a jamais eu de rhumatisme.

Au début de l’année 1903, ses forces diminuèrent en même temps qu’elle se mit à maigrir, à tousser et à cracher. Elle fut soignée à l’Hôtel-Dieu en décembre 1903, pour une induration tuberculeuse du sommet gauche.

En février 1904, elle se plaint de douleurs qui se sont installées progressivement dans diverses articulations; ces douleurs, très intenses, rebelles au salicylate de soude et à l'antipyrine, diminuèrent au bout de quinze jours pour reparaître avec la même intensité quelque temps après.

Le 2% avril, nouvelle recrudescence de ses douleurs, qui ne l’ont plus quittée depuis ; le salicylate de soude et l’antipyrine, essayés à plusieurs reprises, n’ont amené aucune amélioration.

11 octobre 1903. — La malade est amaigrie. Sa température oscille entre 37°4 et 38°.

Aux poumons, on constate des signes de ramollissement aux deux sommets, et une caverne au sommet droit.

G.., se plaint toujours de douleurs intolérables qui troublent même son sommeil; elles parcourent les membres supérieurs où elles atteignent leur maximum dans la main et dans l'articulation de l'épaule ; et les membres inférieurs avec maximum dans les pieds, les genoux et les hanches. Ces douleurs se produisent spontanément; le mouvement ne les influence ni en bien, ni en mal; le froid les calme un peu. On ne constate aucun trouble de la sensibilité objective, ni de la motricité; pas de troubles vaso-moteurs, ni trophiques. Les réflexes sont normaux.

M. Tolot, chef de clinique, ordonne trois cachets de 0 gr. 50 de cryogénine par jour.

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