OBSERVATION XXV
(L'histoire de cette malade jusqu’au 7 avril 1904 est résumée d’après la communication de Leriche à la Société de Médecine de Lyon {18 avril) ; la suite est personnelle).
Tuberculose pulmonaire en voie de ramollissement. Iritis tuberculeuse. ;
Douleurs oculaires et péri-orbitaires, algies diverses : calmées par la cryogénine.
Alexandrine V..., 36 ans.
On ne peut obtenir aucun renseignement précis sur les antécédents héréditaires.
Rien de particulier dans l'enfance. A 15 ans, elle ressentit dans plusieurs articulations des douleurs qui finirent par se localiser sur le genou et le coude gauches ; on crut à une tumeur blanche, mais tout disparut en quatre mois.
Elle alla vivre dans le Midi. Peu de temps après son retour à Lyon, au début de l’année 1901, elle présenta de la toux et des sueurs. Sa toux disparut, faisant place à des
RUES douleurs dans les articulations scapulo-humérales, pour lesquelles elle dut entrer à l'hôpital.
A son entrée, on constate un assez hon état général, et des signes non douteux de tuberculose pulmonaire: aux deux sommets, mais surtout à droite, on note de l'exagération des vibrations, de l'inspiration saccadée, des râles humides très fins, de petits craquements après la toux, et des bruits anormaux surajoutés à l'inspiration, et donnant l'impression de lésions pleurales. Une poussée d’'adénite cervicale guérit sous l'influence du traitement. Quant aux douleurs, elles résistèrent au traitement salicylé.
Le 4 avril 1904, la malade eut une poussée d'iritis de l’œil gauche, contre laquelle le salicylate de soude fut absolument inefficace.
En juin, le salicylate échoue contre une nouvelle poussée.
En juillet, la malade a une troisième poussée d'iritis. Elle présenta pendant quinze jours des douleurs qui s’irradiaient dans la tempe gauche et présentaient une telle intensité que le sommeil était presque impossible.
On essaie alors la cryogénine, à la dose de 60 cgr. par jour en deux cachets. Dès le lendemain, la malade est très soulagée et retrouve le sommeil. On cesse la cryogénine au bout de cinq jours.
Depuis cette époque, la malade n’a plus souffert des yeux, mais elle présente, à des intervalles d'environ quinze jours, des douleurs mal localisées, siégeant dans la continuité des membres. Elle les calme par un cachet de 30 cgr. de cryogénine.
Jamais elle n’a eu de signes d’intolérance à l'égard de ce médicament.
Voici maintenant quelques cas où la cryogénine a été inefficace,
OBSERTATION XXVI (Clinique de M. le professeur Poncet.}
Ostéites tuberculeuses multiples. Arthrite du genou. Douleurs d'ostéo-arthrites; échec de la cryogénine.
Philomène P..., 34 ans, lingère, salle Sainte-Anne, lit 7.
Rien à relever dans les antécédents héréditaires.
Personnellement, elle ne s’est pas mal portée jusqu’en 1902. Elle eut alors une affection du genou droit qui a été définitivement guérie par une injection d’éther iodoformé.
Elle présente ensuite successivement : de l’arthrite aiguë du genou et du coude gauche, de l’ostéite du frontal, des tibias, de la clavicule, du gros orteil droit; tous ces foyers créèrent des fistules. Plusieurs autres lésions analogues se résorbèrent spontanément.
En février 1904, la malade présenta une énorme tuméfaction du genou gauche : la ponction donna issue à un liquide teinté en rouge, contenant des grumeaux assez analogues au pus des abcès froids.
Pour calmer les douleurs qu’elle ressentait en particulier dans les genoux, on donne à la malade 1 gr. 50 de cryogénine par jour. Cette médication n'amena aucune amélioration. Par contre, la malade éprouva des phénomènes d’intolérance, sous la forme de vertiges assez intenses.
On supprima donc rapidement le médicament; peutêtre est-ce pour cela qu’il ne put produire son effet anal-
gésique.
OBSERVATION XXVII (D'après Boudin, Journal des Praticiens.)
Tuberculose pulmonaire à marche rapide.
Arthralgie : échec de la cryogénine.