CENTRAGE DU POINT LUMINEUX
Quel que soit le mode d’éclairage que l’on emploie, lampe à l’buile, bec de gaz, lumière oxhydrique ou électrique, il ne suffit pas de placer la source lumineuse dans l’appareil ; il faut que le point lumineux y occupe une place déterminée, hors de laquelle on ne saurait obtenir de bons résultats.
De ce réglage-, ou plutôt de ce centrage, dépend, non seulement l’uniformité lumineuse des projections, mais aussi leur netteté.
Le centrage doit être d’autant plus parfait, que la source lumineuse est plus petite. Avec une lampe à grosse flamme, un écart d’un cenfimètre permet encore d’obtenir une projection, mauvaise, il est vrai, mais à peu près éclairée sur toute sa surface, tandis qu’avec la lumière oxhydrique ou la lumière électrique, ce même
écart déterminerait la formation d’un disque sombre sur une partie de la surface de la projection.
La netteté des images obtenues dépend, non seulement de la qualité et de la bonne disposition des lentilles, mais aussi du centrage du point lumineux. Un déplacement d’un millimètre ou deux, à droite ou a gauche, suffit pour donner du pu d’un cote de la projection. Aussi, pour arriver à un centrage mathématique, ■ nos appareils les plus perfectionnés sont-ils munis de mouvements de rappel, à vis ou à crémaillère, permettant de déplacer le chalumeau de haut en has, de droite à gauche, et d’avant en arrière.
La fig. 10 montre le disque sous les différents aspects qu’il présente sur l’écran, suivant que le point lumineux est bien ou mal centré.
Si le centrage est parfait, le disque est uniformément éclairé comme en A.
Si le point lumineux, tout en étant bien-exactement à la hauteur de l’axe des lentilles, est trop rapproché, le disque présente, comme en B, un centre éclairé, entouré d’une pénombre bleuâtre. Au contraire, lorsque le point lumineux est trop éloigné, l’aspect est le même, avec cette différence toutefois que la pénombre est rou-
^ Si le point lumineux est trop à gauche, le disque présente l’aspect G, avec une pénombre à gauche.
Le point lumineux disposé trop à droite donne une pénombre à droite comme en D. Placé trop haut, la pénombre s’élève comme en E. , , ,
Enfin, si le point lumineux est trop bas, la pénombre
descend comme en F.
Il est facile, à l’aide de la figure ci-dessus, en ayant soin de la graver dans sa mémoire, d’apprécier de suite
l’effet produit par les excentricités de la source lumineuse et de trouver sur-le-champ ce qu’il y a à modifier pour obtenir le disque parfait A.
disposition de L’APPAREIL. — ÉCRAN
Quels que soient les modèles et l’appareil que l’on choisisse, il faut :
1“ Bien essuyer les lentilles, avec une peau de chamois dégraissée, ou un chiffon doux, ne peluchant pas.
(Evitez de mettre les doigts sur les lentilles ; si cela vous arrive, nettoyez-les avec un peu d’alcool.)
Il n’est pas nécessaire de sortir complètement les lentilles de leur monture ; on les dévisse simplement, sans enlever les contre-bagues qui retiennent la lentille; on doit observer ceci principalement pour l’objectif E, fig. 2, qu’il est préférable de ne pas dédoubler; il suffit d’essuyer les deux surfaces extérieures, la poussière pénétrant difficilement à l’intérieur, cependant à la longue l’humidité pénètre, et il faut alors les séparer; on se reportera à ce qui est dit à propos de la fig. 2.
Il est bon que les lentilles éclairantes A et B, fig. 2, ne soient pas trop serrées dans leur monture. On doit,’ en agitant la monture près de l’oreille, entendre un léger ballottement ; de cette façon, lors de réchauffement surtout avec l’éclairage oxhydrique, le verre pourra se dilater librement.
2» Essuyer également les tableaux.
3” Par un temps froid, surtout s’il y a de l’humidité chauffer légèrement à l’avance les lentilles et les tableaux, afin d’éviter les condensations de vapeur, qui, se produisant sur le verre, se traduiraient sur l’écran
par une tache sombre, placée généralement au centre de la vue.
¥ Disposer l’appareil sur une table ou sur un support spécial, assez élevé pour que le centre des lentilles se trouve à la même hauteur que le milieu de l’écran. Si cette condition ne peut être remplie, on inclinera l’appareil, mais un peu, car l’image se déforme de plus en plus, à mesure que l’inclinaison augmente.
5“ Installer la source lumineuse au foyer des lentilles. 6“ Régler l’éclairage à son maximum ainsi qu’il a été dit.
Occupons-nous maintenant de la disposition de l’écran. Un mur blanc , bien plan , bien uni, peut servir d’écran; on peut encore employer un simple drap de lit ou encore un écran en papier ou en toile. Ce dernier convient mieux et permet d’opérer directement ou par transparence, à volonté.
Pour la confection de l’écran, om emploie du calicot plus ou moins large. La plus grande largeur que l’on puisse obtenir sans couture est de 3 mètres. Au delà, il faut nécessairement réunir deux ou trois largeurs d’étoffe, dont les lisières sont assemblées en surjet, afin de ne pas former de bourrelet. Malgré cette précaution, l’assemblage s’aperçoit toujours par transparence. Aussi doit-on choisir la disposition la moins défavorable, et surtout ne pas employer des morceaux d’étoffe de différentes épaisseurs; toutes les bandes doivent provenir de la même pièce.
Il faut éviter, avant tout, de pratiquer une couture précisément au centre de la toile.
Les largeurs d’étoffe étant assemblées, on renforce le bord de la toile, sur les quatre côtés, avec un ruban de fil cousu tout autour. On fait bien aussi de renforcer égale-
ment les quatre encoignures avec des morceaux d’étoffe.
Il ne s’agit plus que de clouer l’écran sur un cadre de bois en le tendant fortement de manière qu’il forme une surface parfaitement plane.
Si l’on opère directement, l’appareil se trouve placé au milieu de l’auditoire. Cette disposition convient pour de petites salles.
Pour opérer par transparence, l’écran est placé entre le public et l’appareil. On réserve, pour ce dernier, un espace de 4, S, 6 ou 10 mètres, suivant la grandeur des vues que l’on veut obtenir. Il est donc de toute néces- :sité que la pièce ait une étendue suffisante ou que l’on puisse disposer de deux pièces contiguës communiquant -par une grande baie, sur laquelle l’écran est tendu.
Cette disposition convient dans les salles de théâtre, dont la scène est assez profonde. La scène est alors réservée à l’opérateur ; l’écran est à peu près à la place du rideau, et le public dans la salle est, en général, placé, par rapport à l’écran, à la distance et à la hauteur voulues. Si l’on dispose d’une salle ordinaire, et qu’on opère par transparence, l’espace réservé aux appareils et à l’expérimentateur sera perdu pour le public, et la salle diminuée d’autant.
La grandeur des images, on le sait, est en raison de a distance de l’écran à l’appareil. Les mesures suivantes, relevées avec l’appareil fig. 1, éviteront aux opérateurs les pertes de temps qui résultent des essais.
Côté du carré de la vue projetée.
A 3 m. de l’écran.