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tains jours, les portes fermées, chez nous, qu'on nous la donne dans sa nudité, sans fausse pruderie. Mais regardez. Êtes-vous jamais sortie de notre théâtre tragique français avec une terreur ? Toutes ces crébillonnades vous ont-elles jamais laissé dans la tête une figure douce ou terrible à qui vos souvenirs tressaient des couronnes de fleurs pâles ou de fleurs sanglantes ? Ces madones de l'amour, Ophélia, Desdémone, ces visions qui sont à l'âme ce qu'est l'accord à l'instrument, et qui la font ouverte et prête à tous les rêves qui passent en robe blanche, cherchez-les dans nos alexandrins. Les chandelles éteintes, ite, comœdia est ; et chacun dit en sortant que Phèdre a bien joué.

Pais il &ut à notre siècle, ce grand questionneur, il lui faut des pai*ce que. Il ne veut plus que, grâce à la musique du vers, les fils

de l'imagination se montrent fils trop avares. Il fait l'addition de la dépense d'idées des tragiques français, et vraiment il trouve les retenues trop faibles. Ce n'est pas moi qui lui jetterai la pierre, s'il Casse aux gages les cicérones de la tragédie et brise la loupe sur le nez de ces Casaubons qui trouvent de l'in-folio dans une virgule, et du transatlantique dans un monosyllabe.

— Ah î monsieur, n'auriez-vous plus un paradoxe sur vous pour les comiques défunts ?

— En mes jours d'optimisme, mademoiselle, quand il y a du soleil en mon triste moi, je vois le monde comme un grand faiseur d'étapes qui n'arrive jamais, mais qui avance toujours. — Que Molière soit donc le premier comique de son temps, de grand cœur ! Mais qu'il se soit à jamais assis dans

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cette gloire, et qu'il y siège encore maintenant, qu'on appelle la Comédie la veuve de Molière, voilà l'exorbitant! Oh! ne craignez pas, mademoiselle, que je vienne avec Cyrano de Bergerac, Rabelais, les trouvères et d'autres, en restitution de la galère du pauvre homme, et de tutti quanti. Je ne vous demanderai pas pourquoi vous vous gaudissez si littérairement au charabia du Mamamouchi et au prononcé du Doctores, vous qui vous croiriez déshonorée d'aller aux Funambules. Je pousse de suite au grand monde de Poquelin : Dorines métaphysiciennes , Gérontes - Cassandres , Lucindes insignifiantes, Arnolphes apôtres du pot-aufeu, Agnès impossibles, Aristes encombrants de bon sens, Gorgibus montrant le poing, Sganarelles, Sganarelles... car, entre nous, c'est un peu un martyrologe que le brave

moraliste. S'agit-il de dandiner un mari ?

c'est un jeu de cacl>e cache, où les portes jcueat plus que les sentiments. Quand a-t-il feit rire l'esprit, s'il vous plaît ? Je vous assure que je ne suis jamais tombé à la renverse d'hilarité en lisant YAmphitryoîi. Aussi ne sersfls-je jamais Voltaire. Le Tartufe^ ça été une Marseillaise d'étudiants à toutes les époques. Après ? — Le Misanthrope ? Un beau titre qoi promet un Timon> et qui tient le paysan du Daimbe. Un maniaque boudant l'biiffîaiiité d'un procès perdu. Le .manque dt? savoir-vivre n'a jamais été un caractère. Une pièce écrite, à ce qu'on dit, parce qu'il y a àews. cents vers de portraits qui ne valent pas une page de La Bruyèse. Et puis un mi> santhropc ridicule, depuis quand?.. Tene^, on vient de lui découvrir un noumeau mérile au comique : c'est de n'être pas spirituel. —

Ah ! Figaro, que vous êtes vivant, que vous êtes homme, que vous êtes gai, que vous faites rire ! Ah ! mon frétillant, mon friponnant, mon coureur de Castilles, comme tu prends l'intrigue par la taille ! et que tu la hernes, que tu la tournes ! une , deux intrigues, et que tu les trompes ! comme don Juan, une intrigue à chaque bras ! — Je n'ai pas de goût, je vous l'ai dit. Mais à mes yeux, mademoiselle, il y a quelque chose qui domine toutes les broutilles de la critique. Molière a bien fait un avare, un bourgeoisgentilhomme, un misanthrope. En dehors d'études faites d'après nature sur les originaux, a-t-il jamais individualisé les vices, les ridicules, les passions de son époque dans une de ces grandes figures qui se nomment Panurge, Falstaff, don Quichotte, Figaro ?

L'analyse d'une infirmité morale demande

du talent ; la création d'une individualité typique commande le génie. Entre Molière, et Rabelais, Shakespeare, Cervantes, Beaumarchais, il y a pour moi toute la différence de l'analyse à la synthèse^ toute U distant de la décomposition à la reconstruction.

— Et qiïe Êiites-vous, monsieur, de l'opinion des grands pontifes de la littérature ?

— Je n'en fais rien. Le culte du défunt est pour npoi le chef-d'œuvre des médiocrités vivantes à l'encontre des génies contemporains. Du moment que les piédestaux sont aux morts, les vivants sont bien près d'avoir tous la même taille.

— Si Planche vous entendait !

— S'il m'entendait ! Quoi ! l'école historique porte inscrits sur son fronton les noms de Guizot, Michelet, Louis Blanc, Villemain, Mignet, Augustin Thierry ; quoi ! le théâtre

acclame les noms de Victor Hugo et de Musset ; la comédie humaine se déroule sous la plume de Balzac ; le style a pour lapidaires Hugo, Sand, Cormenin, Musset, Janin, Gautier ; nos toiles portent les signatures de Couture , Decamps , Scheffer , Delacroix , Dupré, Marilhat, Troyon, Ziem'; nos marbres de Rude, de David , deBarye; nos cuivres, la pointe glorieuse d'Henriquel Dupont.

Quoi ! l'esprit humain, expropriant le passé, ouvre vers l'avenir mille rues parallèles, et fait relever à ses génies les cariatides lasses des siècles écoulés ; et c'est l'heure de crier : Misère ! c'est l'heure de clouer tout l'Œuvre moderne entre les quatre planches d'une critique mortuaire ! De grâce , Monsieur Planche, fouillez dans votre temple; trouvezmoi dans toutes vos vieilles choses usées d'adoration comme l'orteil du saint Pierre,

trouvez-moi, je ne dis pas une histoire, je ne dis pas un roman, mais simplement un Roi s'amuse! Donnez-moi du lyrisme qui vaille la Curée ! Chante-t-on souvent chez vous les Deux A mours ? Vos comiques tiennent-ils la scène II de Fantasio^ la scène avunculaire de : // ne faut jurer de nen ?

Avez-vous entreposés chez vous des colis du rhythme Lamartine, de l'harmonie Sand, du style Cormenin, du coloris Gautier, du scintillement Janin ? De Courier ou de La Fontaine, quel est le bonhomme? La renaissance vous a-t-elle fait si exclusif, que vous chutiez tous les ans sans merci l'école française?

Combien d'Orgies romaines dans votre grande peinture ? Entre la ligne Ingres et la ligne Raphaël est-il pour vous des abîmes? Vos paysages de 80,000 francs valent-ils nos Bas- Bréau ? Étes-vous bien sûr que le bas-relief

de la Guerre déparerait un arc de Constantin? Vos portefeuilles sont riches, mais je n'y vois pas Teau-forte du Mirabeau. — Le dix-neuvième siècle, Monsieur Planche, il ne lui manque que le service commémoratif qui se dit pour les trépassés tous les matins dans les paroisses littéraires du royaume. Pauvre, lui dites-vous souvent ; peut-être en sera-t-il de lui comme de ces mendiants millionnaires dans leur paillasse !

— Ah bah ! une dithyrambie ?

— Une maladie qui me prend rarement . C'est le premier, et d'honneur, le dernier accès !

— Que non, monsieur. Je vous demande une rechute tous les samedis. Nous sommes remplis de classiques. Vous m'apprendrez l'éclectisme.

— Voulez-vous me faire l'honneur d'accepter mon bras ? On passe au salon.

UNE CHMNETTE

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MON père, monsieur, dit M"® de Riedmas- SM, quand ils furent devant un homme de cinquante-cinq ans, grisonnant, à la physionomie calme, bienveillante, reposée.

Voici la brochette devant laquelle Charles s'inclina :

Une croix d'or, anglée de lions léopardés d'oT, avec la légende en lettres d'or : Furclitlos und Treii : la croix de chevalier de l'ordre de la couronne de Wurtemberg.

Une croix avec tin ours estampé en or et couronné, gravissant un mur à créneaux : la croix de chevalier de l'ordre d'Albert-l'Ours des maisons ducales réunies d'Anhalt.

Une croix noire émai liée, à quatre branches, bordée de rouge, avec les mots: Fur Verdienste, la croix de chevalier de Tordre de Louis de la Hesse grand-ducale.

Une croix à huit pointes, écussonnée, avec la devise : Integritati et merito, la croix de chevalier de l'ordre de Léopold d'Autriche.

Une croix sans couronne, avec un lion d'or sur un fond bleu, et la devise : Virtute et fidelitate, la croix de chevalier de l'ordre du Lion-d'Or de la Hesse électorale.

UNE CHAiNJiTTE 93

Une croix émailléé de rouge, bordée d'or, chargée au centre de l'image de sainte Anne : la croix de chevalier de l'ordre de Sainte- Anne de Russie.

L'étoile à cinq rayons de la Légion-d'Honneur.

Une croix octogone avec un lion d'or, le portrait d'Ernest-le-Pieux, et la légende en lettres d'or : Fideliter et constanter : la croix de l'ordre de la maison ducale Ernestine de Saxe, fondé en renouvellement de l'ancien ordre de la Probité Allemande.

La plaque du même ordre faisait scintiller sur l'habit de M. de Riedmassen ses rayons alternativement or et argent. M. de Riedmassen était commandeur de première classe de l'ordre de la maison ducale Ernestine de Saxe.

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