RIEL
de la discipline, de Tohéissance et du respect, en somme, embêtant.
M. Krupp a dépensé 4 millions de marks, soit 5 millions de francs, pour la construction du Seeba* deanstalt, et ses héritiers y perdent tous les ans, comme à Thôtel d'Essen, une soixantaine de mille francs. Extérieurement, sa façade mélangée de bois, de briques et de pierres, et ses toits de bois pointus à la norvégienne, lui donnent Taspectd'un très grand chalet. L'hôtel n'est séparé de la rade que par une route étroite de quelques mètres^ devant laquelle des petits ports sont aménagés pour les yachts à voile.
A trente pas de l'hôtel une haute cheminée se dresse : celle de la station d'électricité qui sert à éclairer le Seebadeanstalt, le Yacht-Club, à faire manœuvrer les ascenseurs, à amener l'eau de mer dans l'établissement de bains chauds. Car, à côté des bains de mer pris dans la rade même, un merveilleux service de bains chauds est installé avec tout le confort et le luxe imaginables, comme on fait d'ailleurs partout en Allemagne pour les créations nouvelles. Au lieu de lésiner, de se contenter d'à peu près, de médiocrités, les Allemands appliquent du premier coup les derniers perfectionnements.
— M. Krupp n'a pas voulu des odeurs de cuisine à l'hôtel.
Le restaurant se sépare, en effet, de l'hôtel par un vaste jardin au milieu duquel s'élève un kiosque où des musiques de régiment jouent une partie du jour. 11 s'étend le long d'une galerie parallèle à la mer et finit en une rotonde qui embrasse toute la rade et d'où le coup d'œil est très beau.
ipereur a décidé que Kiel aurait aus Fondé il y a un peu plus de onze libres, il en a aujourd'hui 2,500.
le Prusse, frère de l'Empereur et allemande, en est le président. Le Y ilement par Krupp, tout près du re; 3I, est le centre sportif de la c Kietei line de Kiel. L'Empereur y va sou\ .ème son appartement.
un petit bâtiment en briques rc ivisé en deux parties reliées par ui oupés. Quelques mètres de gravier t s d'oranger le séparent de la routE e grille et de bas piliers de briques
orgueilleuse, ia statue d'un Kruj dé et bonhomme; le bronze ma
plis \erticaux du pantalon, où :
iccroche, tandis que de la main dro le temps que sa canne, son chape; . L'affreuse chose! Jamais ce ci )paru aussi laid.
l'antichambre du Club, des modèle!
IX murs, des tableaux, des pavillon
Srieur du Club, d'une élégance de illemands, se complique d'imitatiot glais. Car, en Allemagne, les mœi !s, comme les ameublements, sont c , Pourtant la salle à manger est orij leaux de bois travaillé et colorié à l
Schleswig, ses belles portes sculptées de bateaux et d'objets de marine. Le fumoir, attenant à la salle à manger, tout garni de cuir foncé, avec son parquet entièrement recouvert de linoléum rouge granité et luisant, ses meubles d'acajou, est confortable et commode.
On me montre le prix Krupp de cette année pour les courses de yachts : un bloc de marbre vert brut surmonté de deux mouettes d'argent, les ailes étendues.
Au premier étage de la rotonde, où la vue s'étend jusqu'au goulet, une forte lorgnette marine, braquée sur l'horizon, permet de suivre les moindres allées et venues dans la rade.
Au rez-de-chaussée se trouve la grande salle des fêtes et des banquets, car un diner de gala clôture généralement la semaine de Kiel. La salle de lecture est voisine. J'y remarque un portrait à l'huile de Krupp et un portrait de Bismarck gravé. Un étroit escalier, comme on en voit sur les navires, prend sur celte salle et monte à l'appartement impérial.
Pour flatter les goûts maritimes de l'Empereur, M. Krupp a voulu que son appartement fût une cabine de bateau — à moins que ce ne soit le Kaiser lui-même qui en ait dessiné le plan. Les solives mauves du plafond bas s'inclinent vers les murs ; les bois des armoires sont verts et cirés, ornés de panneaux peints en rococo flamand ; la commode, la table de toilette sont aussi décorées de peintures f^nre dix-huitième siècle, pierrots, arlequins, guit 'es et dames en vertugadin. Il faut bien dire que ( I peintures ne valent pas grand'chose. Sur les ] 1rs, des cadres : la Mort de Nelsouj entre deux
'URG AUX UARCfiES DE
ncrel. Uoe table avec ert d'étoffe verte, h. I dèle d'ancienne frégat m, une statuette de Gti
'explique tout cela, le îrvices connexes, M. T >nime d'Anglais qui a i :^ue et qui déborde de eur Guillaume une d^
dit-il, en n'a pas toujo suis venu à KicI, j'étais l'Empereur, vous comj m, depuis que je le C( u pour lui...
, cela s'esi-il fait?
ainsi. L'Empereur est 1 faire plaisir i tout le t main des maîtres d'h£ ccasioQ se présente I 1 lacun. Ainsi, quand on ' , trois cent quarante-i du mal, car l'Ëmperei ts i table, et il veut qi d'heure, maximum...
1 il me montre ses deux interrompt et dit :
ur se met ici, juste < e et de celui de l'Impér lue :
nte-dix gargons et cin Qotte, avec trois sous
le moka. Mais c'est égal, il ne demi-seconde. Aussi, dès que nanger d'uD plat, on retire les ide. Que voulez-vous?... il n'y a te-deux minutes. .. Alors, quand mpereur, même s'il est avec le l'importe qui, me dit :
(Dennis, bien servi, bon et vite, t, vous pensez.
plusieurs fois, en compagnie i prince de Batlenbei^, ou du scendent ici souvent.. Il a dit
r que je mangerai proprement ;
jstice à rendre à master Bennis, is faïences rayonnent, les boisecaustique, on chercherait longver un grain de poussière sur :hef caviste est fier de l'éclat de et de tuyaux qui, grâce à une mé, font monter de la cave jusla bière mousseuse et les boispereur, se promenant un jour ta devant le magnifique assortià master Dennis :
'les de Champagne avez-vous ici,
Bjesté.
rez jamais tout cela k Kieit
1 ferez?
Dtre Majesté viendra souvent et
uirassiers de Berlin...
tO DE HAMBOURG AUX MARCHES
L'Empereur a ri.
— Est-ce qu'il aime le cham Dennis?
— Le lleidsieck-Monopole... 1 coûte cher, et pour donner l'exeir qui sans cela dépeaseraieDt trop d modèle Burgeff, de Mayence. Ça r son vrai goût c'est le Âlonopole ; • d'ailleurs, ajoute master Dennis en
Oq pourrait causer pendant des Dennis. Il est inépuisable. It sort j bouche des gens simples que de ce Celui-ci traduit bien le sentiment ]
— Qaand, il y a deux ans, me d tira le voile de la statue de M.
l'Empereur baisa la main de Mme le monde.
Le brave maître d'hôtel ouvre df miration et d'émotion en évoqi extraordinaire.
— Oui, ajoute-t-il, il a fait cela, litre, monsieur; jamais on n'av; pareille.
* Et puis, continue M. Dennis, savea-vous ce qui s'est passé le jour de renlerremeni de M. Krupp, â Essen? »
Il m'explique, ce que je savais déjà, qu'on avait apporté le corps à la petite chaumière, berceau de la famille Krupp et qu'on a conservée comme une relique.
— Alors, continue M. Dennis, l'Empereur alla à la petite maison, se mit à genoux et pleura... Puis il suivit le cercueil jusqu'au cimetière, à pied... Ohl c'est un très bon homme, conclut-il avec force.
KIEL tl
trait très fier de Seebadeaoslalt, I le visitait du haut en bas, sans . II examinait tout, jusqu'aux W. C.
1 dépense, puisque, poursoixante- 1 compte cent cinquante domessavait cela, et un jour il dit à
! année votre minimum de recette
ligs, Majesté, pour un grog chaud à un passant.
la chance d'avoir un maître lennis, lui dit l'Empereur; moi, lire ce qu'il fait.
:omme on appelle celte revue navale
bateaux.
nées de Chantilly, du Grand Prix, lOwes vais-je assister? Car, enfin, on
l'eau toute la journée. D'ici, de ce u Seebadeanstalt, où, n'ayant pas bre, je viens prendre mes repas, je ■ les élégances des deux sexes, obt les Allemands s'amusent, se renit leur temps en vacances.
ince d'arriver en même temps que ivait traversé le canal dans toute sa qu'il le l'ait toujours, et son train de ï ornements bleus, avec les armes jortières, un peu forain, l'attendait A Comme je débarquais, le 20 juin, & lie, on me dit que l'Empereur était
en hâte sur le quai qui se trouve e et montai A bord d'un vapeur qui it à la rencontre du bateau impérial.
it, au milieu de la vaste rade, unedes ope, l'escadre allemande est mouillée, e-cinq cuirassés et croiseurs, avileints d'un gris-fer un peu plus clair
anglais; le haut des cheminées est ues rouges, blanches ou noires. Un ol, ÏEstramadoure, gris aussi, mais ine avec les allemands. Plus près, le
course de l'Empereur, Météore^ qui ;omme chaque année; celui del'Impétrovisoirement impérial Hambourg, plaisance à vapeur loué par la com- •g-Amerika à Guillaume II pour sa
;g aux m
e dans a), qui a Du côté a rien q
ler et où
: canon i lires. L'I e resca( Guillauu g, ea cas llettes d' )urg. Ihi droite ga juette. I encore.
ieu de la tinue sa i Bellevoe, ies miiiL d'essai d montée c t aux exï ent dans erchent i ichent u rapporti |ui abrît lau, où c en pied le Guilla rimpantt mer.
pour jour, l'Edouard VII vint son yacht Victoria and Alberl iCaiser parlit de Kiel avec i^ irage épouvantable. Puis, un
nuages et dissipa l'our<iq;an.
ment à bord du yaclit de son rerains cordialement s'accolont un émineut politicien de 3é sur les glacis de lloltenau ,e scène vite déroulée dans le I, sous les rayons du soici!
!ux qui me l'a racontée. Le iner à bord du Iloheniolleni.
ne l'a su. Quel toast maienle vues opposées, quel conseil ■e plus lard le dira. Toujours •-là que date la brouille angloendemain, Edouard Vil visi- 1 se trouve à deux heures de it l'Allemagne. L'année suimvoyageàTaoger... Depuis,
revirent que pour la réconof, en août 1906.
ville. Le centre de la vie de iu séjour de l'Empereur se !t étroile voie qui conduit à 'achl-Club et qui s'appelle ahrooker Weg. Le tramway st te long de ce chemin que
)URC AUX MARC
j cliâleau, ru lis s'y reconnais:
ent dans la rue, pénales inoccu] rencontre à et l'air fiers de l e tresses dorée:
Les marins se îment i cossu d )é, et leur va b vre serrés sur 1 m peu plus de paille, commel n jour, sur la ^ à Berlin, le c ;orne qui tenai commandait un Port-Arlhur. Sf s qui le renconti it. Je suivis de; leàpas menus e :ortillant des ha semaine de Kî ent comme du aio de leur pays rses en mer, qi ite rien qui pui d'éclat; ni fête es libres; les lit me semaine de lub et l'hôtel Kr de deux cents i fête nautique v
50 couverts, présidé par l'Empereur, l'Amirauté, et c'est fini. Mais, je l'ai est officiel et commaDdé, froid par .es Allemands û'oot pas le sens du
Lix courses sur les bateaus des Compales yachts privés; puis on revient à faire'/ Les yeux et les lorgnettes se Hambourg, dont les trois cheminées int le reste des embarcations. Chacun lalin, l'Empereur reste en conférence .ux qu'il retient à déjeuner, puis qu'il à ses navires de guerre ou aux visiteurs narque — quand il s'en trouve. Mais, iglais et Américains ont boudé... Donc, imadoure, et quelques yachts à voile le le roi d'Espagne, désireux de voir ' le sport nautique cliez lui, a encou- , les Allemands se trouvent à peu près
rnée, chaque fois que le Kaiser quitte qu'il monte sur un navire, on entend canon, distraction la plus importante, lient leur lorgnette vers la petite vedette ûotte le pavillon impérial qui porte une croix noire sur fond jaune et des aigles couronnées; ils ta suivent jusqu'à ce qu'elle accoste, et se répèlent :
— Il va à bord iMPreussen... noa,da Brunswick. Ce sont là toutes les occupations et toutes l>>s joies de la semaine de Kiel, dont on parie en Allen^gno comme d'un rendez-vous enviable, comme le fin -lu fin des réunions mondaines et de la mode... On ^^^
J6 sens bien qu'il serait injuste d'appuyer là-dessus. Dans la soirée, Thôtel et le Yacht-Club illuminent leurs façades et tous les hublots du Hambourg s'éclairent. Les gens de l'hôtel, assis sur la terrasse, ont les yeux dirigés de ce côté. Le long des trottoirs des quais étroits, le peuple se promène, ou s'assied sur les courtes jetées, prend l'air en silence — pas de cris, pas de chants; des marins serrent la taille de leur bonne amie, et chuchotent.
Je vis à Kiel un officier de la marine française, et un attaché naval étranger qui a souvent vu évoluer la flotte allemande. Et de ces deux opinions — la mienne n^aurait que faire ici, — voici ce que j'ai tiré :
— Non, les Allemands, au début de la formation de leur marine, n'étaient pas marins; les officiers affectaient des airs de loups de mer de carton qui faisaient rire. Leurs pieds s'embarrassaient dans les cordages comme s'ils n'avaient jamais quitté la caserne ! Aujourd'hui cela a changé. A force d'application, de patience et de travail, les officiers sont devenus d'excellents marins. Sinon pour la grande navigation, du moins pour la guerre d'escadres^ ils valent n'importe qui. Ils ont même sur les Français un avantage très grand : leurs officiers sont très jeunes. (En France, la limite d'âge est trop tardive. Il faudrait à la flotte i Açaise, comme à la flotte allemande, des capitaines ( vaisseau de quarante-cinq ans et des amiraux de < "quante.) Ils travaillent énormément; pourtant leur