DE »AMBOUKG AUX HAB
allemandes. Surtout ici, il f
encore de comparer les métt
Gomment fait-oa un ingén:
subit alors un premier examen. Les deux années suivantes sont consacrées aux sciences appliquées, et rétudiant suivra des cours diflérents, suivant qu'il se destine à la métallurgie, aux mines, à Tarchitecture ou à la construction des machines. Autrement dit, un diplôme d'ingénieur des arts et manufactures, en France, correspond à quatre et cinq diplômes d'une des écoles techniques allemandes. On ne peut soutenir pourtant que la compétence de l'ingénieur français équivaudra à celle de cinq spécialistes allemands! Son esprit aura embrassé beaucoup de choses, mais il est certain quMl ne les connaîtra que superficiellement.
€ Faut-il cependant condamner l'éducation française qui donne une part considérable à l'étude des sciences générales? Un de nos plus éminents profes* seurs, M. Le Ghatelier, devant les élèves de l'École des mines de Liège, a fortement parlé sur cette question. Parlant de l'importance de la culture scientifique, il a montré comment l'empirisme conduit à des conclusions fausses.
« — L'homme qui n'est qu'expérimenté, a-t-il dit, ne vaut que par le nombre d'expériences qu'il a vues; celui qui reçut une éducation scientifique suffisante saura diagnostiquer, même dans les cas qu'il ne connaît pas.
« On discute souvent, dit M. Le Ghatelier, sur le choix des matières devant entrer dans l'enseignement destiné à former des ingénieurs. Sans aucun doute possible, le premier rang doit être occupé par les sciences générales. L'utilité d'entrer dans le détail des diverses industries est très controversée. De toute évidence, la pratique s'apprend infiniment mieux et infiniment plus vite dans les usines que dans les
t32 DE HAMBOURG <AIIK flXRGilES DE POLOGNE
écoles... Mms ce quHltfenit développer avant tout, * c'est Tesprit critique, l'habitude de se rendre compte des causes d^erreur:0t«de cheoroher sai-imôineileiniajra de tes éviter. » ,
-* Il y a pourlaiït dans nc4re systi^e une ^n^ malie criante td^où résulte,. au fond, Ja véritable inièiriorlté de nos «jeunes ingénieurs. 'Beaucoup d'eutme eux sortBDt de Técole «ans savoir via )de près nfie !usine -métallurgique ou >un atelier ide >c<inâtruolîon. J jCertains ingénieurB àes Btts dt manufactures /de- ] viennent ingénieurs des 'nrines sans êtve jamais descendus sous terre I L'Allemagne a «voulu évit^cà • •tout pris: cette erreur et cette tfaiblesse. Le jmine bommequi se destine-àmne (branche «quelconque <de rinduBtvie doit travailler un an « œmine ouvitier^ , €tvant de commencer «es'études. 'Futur métallurgiste, il aidera à la charge et -à la coulée des fonrs^après . avoir fait au laboratoire les -analyses 'qui paument ^ ■présenter; constructeur, il Japprendra à manier ia lime, à ajuster, à monter. Enffinet'par-dessus tout, il , vivra pendant un assez longtemps de^la vie de ceux qu'ilaura à^commander plus tard; il connafîtra leurs sujets de mécontentement, les moyens d'y répondre.
« «On ne saurait nier ique voilà uine mesure eaoellente, indispensable; une seule chose est disculîd^ : ce stage doit-il se fafee avant, ^pendant ou après les études? JEn France, on a pensé qu'il serait çossitole de le placer au cours «des vacances. A l'Éccile des mines, après la «première année, les élèves sont astreiBts à feire^un Btage-âe deux «ois Sans unemiae »ou )une usine tmétalhirgique ; ^chaque ^nnée, leurs ^vacances sont assez longues pour leur «peffmettre'deîtels ^travaux pratiques;inais celte mesure sage manque^le
plus souveat soni but»; le jaune Français- vient dans une ville industrieHa^ la^plupant datempsiétoangène, s'enquiert d'un compaù^iotia qui puisée le resBeigner, yisitB: quelqiuôS' infitallalionft^. m procure des- plans, veut en un mois tout voir : technique, économe politique, etc., et na sorbpas duivag^oa el' de Timprécis. Pourquoi ne crée-t-on pas une entente entre lès?graffiis établissemedits. induslrielâ et nos écoles, les usinées accudUlant chaque année une: partâedes élètes^, les astreigriant à des baures da présdiice fixes et àmn trat^ v^ili régulier «» comme ouj^»iers »? On pourrait: aussi resteaindce umpea les cours théoriques et, au moins^. nepa^ ohlîgeir lie chimiste à. auiivire un cours d'archi*tecturCj ou ringenierur des mines; à- éUidier les problèmes des ohaminB de fec; En économisant ainsf sur le&4iudâs inuitile&, os gagnerait: le temps suffisant à' una beime. éducation, pratique;. »
Ainsi me parla mon jeune et intelligent compatriiote. Puisse; sa voix désintéressséa être entendue !
Si Fan ne saïu^aittrop appnouver le réalisme^ dans ra»seîgnement(pmmaireetdansranseignômentjteelmi>« que en( Allemagne^ on a la droit d!en critiquer Texa^ gération dacrs L'enseignement secondaire et surtout dans 1/enseignemanli sup^leun.
Ainsit, la littiémture^est enseignée dans les collèges et dans las écoles normales comme Tanithmétique', les langues et l'histoire, c'est-à-dire par interrogations*. Ici la^ méthode devient un peu ridicule et riS)ii)lai. J'ai entendu; ceci' :
Le mmtre.. — Quel esti le plus sensible, de KIopstock.ou.deGœtJie3
sur la Montagne en grec et le catéchisme complet. S'il est vrai que l'intelligence s'augmente en proportion du nombre de comparaisons dont elle est capable, est-il d'une saine pédagogie de n'enseigner qu'une doctrine?
— De quel droit pourtant, me disait un directeur de lycée de Dùsseldorf, enseigner aux jeunes gens un système philosophique plutôt qu'un autre?
Et, comme il s'apercevait lui-même de Tillogisme de son argumentation, il s'empressa d'ajouter :
— La Bible n'est pas un système philosophique, et la morale chrétienne est au-dessus de toute controverse.
— Soit, fis-je, ne discutons pas cela qui est pourtant si discutable; mais sans enseigner, en effet, un dogme philosophique, ne pensez-vous pas que l'intelligence des adolescents gagnerait à connaître les différentes formes de pensées qui se sont succédé dans l'histoire de l'humanité? Leur dire : des hommes ont cru ceci, d'autres hommes ont cru cela, aujourd'hui même un certain nombre de vos semblables pensent différemment, n'y aurait-il pas là une source de réflexions et de comparaisons fécondes pour le ceiTeau de ces futurs hommes?
— Un jeune homme de dix-huit et même de vingt ans ne comprend rien et ne peut rien comprendre à la philosophie, me répondit le directeur du gymnasium.
— Au moins conservera-t-il dans son cerveau quelque trace de ces idées, insistai-je. Et si, en effet, en majorité, vos élèves ne perçoivent pas tout de suite la différence entre le scepticisme et le dogmatisme, entre l'ootimisme et le pessimisme, entre le matérîa-
lisme el le spirilualisme,
années a.près vous avoir quine, ce ^um uaa lunv» que vous aurez éveillé chez eus pourra se développer. £a loutcas, parmi la masse médiocre des eari trouvera peut-être quelques-uns dont l'ea celle nourriture. Et si vous ne ia leur doui l'AUemagne recrulcra-t-e!le ses Leibnilz, ses Kanl, ses Kichte, ses Novalis, ses Uege
c L'idéal de la jeune Allemagne est-il d lement l'Amérique?
I £t quant aux résultats généraux, ils tables. Les intellectuels s'en plaignent, sophes les déplorent. Ils disent que vous moitié de vos enfants des marchands, de spécialistes étroits, pour ainsi dire des i Ils ajoutent qu'il n'y a plus en Allemagm de pensée.
f Ainsi, il existe beaucoup d'athées di personnel enseignant des universités, mais l'impôt religieux. Aucun n'a le courage i dépendance d'esprit élémentaire de s'y Berlin, ne sont appelés à l'Université professeurs d'un loyalisme éprouvé et de luthérienne. Le grand biologiste Hsckel été demandé à Bedin parce qu'il aflich< athées et que les pasteurs le regardent d'i œil. »
Ici, mon contradicteur s'inclina, n'ayant rien à répondre.
Oa ne fait d«ic plus de pliiiosopbie dj gnement secondaire allemand. A peine en f
l'enseignement supérieur. Seuls, les étudiants de théologie passent un véritable examen de philosophie avant de quitter TUniversité. Vers la fin des études, pendant les six derniers mois, les étudiants de sciences doivent aussi assister à des cours de philosophie et y prendre quelques notions. Il faut entendre ces cours ! Quelques compatriotes rencontrés en Allemagne et qui y assistèrent, ainsi qu'aux examens qui les suivirent, me disaient qu'ils se seraient crus dans des classes d'élèves bacheliers. Et il s'agissait là de jeunes gens de vingt-cinq ans.
Ceci est, en définitive, un renseignement intéressant à noter : l'État prassîen et la plupart des Etats germaniques ont trouvé bon et politique de remplacer partout la connaissance des idées par la moitié biblique, exclusive des autres. J'ai questionné, à cet égard, des professeurs :
— Alors tous ces jeunes gens qui font des lettres, du droit, des sciences, de la médecine, et à qui tous n'enseignez que les matières de leur spécialité, ne se préoccupent pas du tout d'idées pures? Par exemple, que savent-ils de Spencer? Ont-ils lu Nietzsche? Que font-ils de Gœthe?
— GcelJie est délaissé par la jeunesse, me fut-il répondu. Spencer est à peine connu. Ignorance bien naturelle : on ne lui en parle ni au gymnase ni à l'Université I Quelques-uns ont lu Nietzsche. Mais la grande majorité de ces jeunes gens ne songent qu'à se spécialiser dans la branche qu'ils ont choiçie. L'instruction classique qu'ils reçurent avant d'entrer à l'Université, ils la délaissent bientôt complètement, et ne conservent même de l'étude des langue^s anciennes que des souvenirs désagréables.
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Je laisse indifférent. C'est la misère intellectuelle, la médiocrité végétante et soumise.
Il y a, à cette médiocrité, des exceptions, et même des exceptions magnifiques. Elles sont connues, et ne font que confirmer la règle.
Les Allemands se vantent de cette discipline et de cette modestie qui produit, en effet, une innombrable armée de sous-officiers de la science qui, par leurs travaux spéciaux, déblayent le chemin devant les grands savants. Mais de ce qu'ils aient beaucoup d'adjudants, il n'en résulte pas que leurs généraux soient nombreux. Et ce sont les généraux qui valent!
^ Non, répondent-ils, ce sont les travaux qui valent! Et nos résultats sont plus nombreux et plus importants que ceux des pays où la science est anarchiste.
Car voilà le mot lâché ! la science française est anarchiste, les savants français sont des anarchistes. Ils ont tous l'ambition de découvrir le mystère de la vie! A Berlin, un grand chimiste, Fischer, dont j'ai parlé déjà*, recherche depuis des années la synthèse de l'albumine. Il a près de lui une armée de dociles soldats qui travaillent sous ses ordres et ne sortent pas du domaine étroit où il les confine. En Allemagne, non seulement les élèves et les jeunes docteurs assistant les maîtres marchent derrière eux, mais l'ensemble du corps enseignant travaille à la gloîre de l'université à laquelle il appartient. Car l'impoïtance d'une université se reconnaît non pas au nombre de ses élèves, mais à la valeur de ses travaux. Que les mnales scientifiques enregistrent une décou-
1. Voir En Allemagne : Rhin et Westphaliej < L'indastrie chimique ».
i l'Observatoire ûeuœumguc, ar tous.
, de devoir et de discipline natale — remplace donc diei d'autres qualités.
çogues allemands de la pédae désiré le savoir; mais les connaissent mal, et je n'ai ard.
13 facile k prop(
and, «ne des erre içais, celle qui e !3 spécialistes d des concours, lisait un savant iris, ce système, le népotisme, ef udes personnelle yant terminé lei il passé leur thè , ou vingt-huit a icours pour l'agt imes arrivés près ■Irois et même tr Ion des prograi !, et qui n'euren s personnelles, ( lies années d'acl dépensées, depi
lauréat jasqu'à l'agrégation, à s'assimiler les idées d'autrui. Ils ont compris les théories des maîtres, il faut leur rendre cette justice, se les sont parfaitement assimilées et savent les exposer avec une méthode et une clarté le plus souvent admirables. Mais ils n'ont pas fait œuvre de savants, n'ont apporté encore à la science aucune contribution personnelle. Leur effort, tout réceptif, a tué l'originalité de leur esprit, si elle était faible, et, en tous cas, en a retardé l'éclosion, l'a peut-être compromise...
€ Voyez en médecine : un médecin qui a fait toutes ses études, réussi le concours d'internat, le doctorat, doit, s'il veut devenir médecin des hôpitaux, passer un nouveau concours. Et il ne s'agit pas ici de faire œuvre originale, de discuter sur un travail à lui, d'apporter des conclusions ou des observations sur un sujet qu'il a longuement étudié. Non, même s'il se spécialise, ce sont des questions de médecine générale qu'on lui pose, les mêmes — avec plus de détails, bien entendu — qu'on aurait pu lui faire à un concours d'internat. Il faut qu'il ait lu tous les livres parus et les ait retenus. Je regardais l'autre jour le programme d'un récent concours et je voyais qu'un médecin, devant passer un examen de psychiatrie, par exemple, doit préparer une foule* de questions qui n'ont rien à voir avec cette science.
« Chez nous, au contraire, on invite le jeune étudiant à faire le plus vite possible œuvre d'initiative. Au lieu de ressasser les mêmes programmes pendant dix ans, il s'occupe de travaux, de recherches médicales, philologiques ou littéraires. Gela ne veut certes pas dire que nous n'avons que des savants originaux et des inventeurs. Nous donnons du moins à l'origi-