‹ En Allemagne; de Hambourg aux marches de PologneChapitre 33 sur 46 · DE HAMBOURG AUX I · texte numérisé non relu

DE HAMBOURG AUX I

nalilé de chacun tous les w» ^»..»,„..^^ » —

développemenl. Et c'est ce qui Fait que nous avons une si grande quantité de chercheurs, dont le labeur patient, spécialisé, a souvent aidé les découvertes des maîtres.

t Je ne suis pas informé spécialement du fait, mais il me semble que vos célèbres médecins et vos savants les plus connus ne sont pas tous des agrégés. En tout cas, votre grand Claude Bernard ne l'était pas ; Pasteur non plus, je pense. Magnan, qui passe, en Allemagne, pour le plus grand psychiatre vivant, Ranvier, le plus fameux histologiste moderne, n'ool pas passé les concours. Charcot n'y arriva que très difficilement et en maudissant l'obligation à laquelle il s'astreignait ainsi.

I En somme, ces concours récompensent-ils toujours le mérite? Les résultats en sont-ils très équitables? Vous entendez dire à Paris, par un candidat, la veille des épreuves : t Je ne serai pas reçu, j'ai un mauvais jury. I II y a donc, malgré tout, de la faveur... N'y en eût-il pas du tout, l'abaissement de la personnalité chez tant de générations de travailleurs intelligents et ardents n'en serait pas moins déplorable.

— Il est possible, en effet, concédai-je, il est même certain que les spécialistes sont produits en plus petit nombre par ce système; mais, tout de même, quelle différence de mentalité, d'ouverture d'esprit entre ce genre de chercheurs qui se sont hypnotisés sur un seul petit point de la science depuis leur adolescence, et nos jeunes savants nourris de la pensée de tous les grands maîtres et des dernières hypothèses de la science 1

— C'est vrai, me répondit le psychiatre; mais

s'agit-il de produire des individus brillants ou défaire des hommes qui aident au progrès de la science? Et puis, songez que les vôtres ont trente-cinq ans quand ils commencent à pouvoir réfléchir et agir pour leur compte. Et, encore une fois, comme ils ont pris l'habitude de ne penser que par les autres, il leur faut une bien forte personnalité pour se libérer de cette longue accoutumance.

« Il leur faut aussi une bonne volonté énorme et une intelligence prodigieuse pour étudier les sciences dans des « boîtes » comme vos Facultés de province et même votre Sorbonne. L'École normale supérieure, la Sorbonne sont des fabriques de licenciés et d'agrégés où il est impossible de faire des études scientifiques désintéressées. Matériel misérable, pauvreté de tout, programmes arriérés. Quand on fait tout chez nous — religion et philosophie à part — pour entretenir les élèves dans le mouvement d'idées actuelles, par les sujets à traiter, par la matière des cours> il semble chez vous qu'on cherche à les enterrer dans le passé.

« Malgré cela, me direz-vous, la médecine française tient le haut bout ! C'est vrai, par vos cliniciens, et cela tient à un grave défaut de nos études médicales. En effet, les étudiants en médecine allemands n'ont pas le droit de fréquenter les hôpitaux au cours de leurs études. Il ne leur est permis d'ausculter les malades que pendant le cours de clinique, à l'amphithéâtre, devant le professeur. Et encore un seul d'entre les cinquante élèves qui sont là est appelé à jouir de cette faveur. De sorte qu'au bout de ses quatre semestres d'études médicales, l'étudiant aura peut-être ausculté une dizaine de malades, vingt au

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plus. Il faut ajouter que, ses études finies, il doit passer un an daas un hôpital. C'est insuffisant quaud œâine.

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^uvé le jugement du savul i. Il apparaît, en effet, «pe

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Nouvelles raisons de la prospérité de rAUemagne. — £Uc ne fut pas spontanée. — Vues historiques. — La division du pays, douanes, monnaies, mesures différentes. — Accroissement de la population. — Expansion des villes. — Pas de petits rentiers. — Tout l'argent est dans les alSaires. — Le bilan de TÂliemagne. — Actif : La houille et les hommes.

— Valeur des classes moyennes. — Discipline. — Passif : Cercle de frontières, pas de côtes, pauvreté du sol. — Vertu de l'hérédité. — Le pur-sang et le roi. — Controverse.

— Sympathie des Allemands pour les Français. — Lequel menace l'autre? — Pouvoir absolu de l'Empereur de déclarer la guerre. — L'Alsace-Lorraine. — Force de l'érudition allemande. — Le commentateur de Macrobe sait tout de Macrobe. — La Bibliothèque de la Sorbonne et celle de l'Université de Berlin. — Pas d'ordre. — Des Français vont à Berlin préparer leur thèse.

ie causais avec un Iiaut fonctionnaire de FÉtat, le D' L..., bien connu à Paris, où il fut chargé d'importantes fonctions.

La conversation roulait sur la prospérité de TAlIemagne, et les raisons qu'il en donnait différant de celles que j'avais recueillies dans les cités commerçantes de la Hanse et dans les centres industriels weslphaliens et rhénans, je les notai avec soin. C'était

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gra\Tire, etc. Des cités comme Nuremberg, Augsbourg, etc., etc., étaient des centres de richesse ! Tout fut ravagé par le cyclone, la population elle-même réduite à moins de 10 millions d'habitants. 11 fallut réparer. Ledix-huitièmesiècle tout enliern'y suffit pas. Vinrent les guerres avec Napoléon, léna, nouvelles ruines. Les villes de TEst finissent seulement aujourd'hui de payer les dettes que Napoléon leur avait imposées. (Le comte de Posadowski, tenez, grand-père du ministre qui vient de quitter le pouvoir, fut complètement ruiné par Napoléon.) L'Allemagne ne commença à respirer qu'après Waterloo. Depuis lors, nous nous sommes refaits. Les deux guerres victorieuses de 1866 et de 1870, après cinquante ans de paix, préparèrent l'expansion qui suivit. L'Empire détruisit les obstacles qui s'opposaient à l'essor définitif de l'Allemagne, et ce fut là surtout la grande et féconde idée de la Prusse.

« Jusqu'en 1870, il n'y avait pas de monnaie allemande. On se servait des gulden, des heller, des florins, des thalers; les républiques de Hambourg et de Brème conservaient des luonnaiesà elles; jusqu'en 1850, il existait des douanes entre la Prusse et la Bavière; l'unité de poids et mesures, l'adoption du système métrique ne datent que de 1873. Ces faits, d'apparence minime, constituaient des obstacles réels à notre développement économique.

« Aujourd'hui tout va bien. Les villes augmentent comme par enchantement. Voyez Dûsseldorf, qui jette des ponts colossaux sur le Rhin, achète des terrains immenses pour y planter des parcs, fonde une cité nouvelle à côté de l'ancienne; voyez Nuremberg qui, tout en conservant son caractère moyen âge, ses vieux

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D France, Orléans, rdez-la et diles-moi te ans... Comparez Lre activité de prohui pas encore très )n de ia situation qu'on travaille dar dites qu'en France kis dans combien de ? Vous pouvez les Nord aussi, mais — à l'eiception de , comparez... Dans s, au nord, au sud, loe poussée d'actires à l'assaut des Tiode de fièvre, au înt d" '- r—J"':— es ch

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