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dépassent. Aujourd'hui, les affaires demandent de grands capitaux. L'industriel qui les possède, en se retirant pour vivre de ses rentes, diminue d'autant la richesse de son pays. De plus, l'expérience qu'il a acquise et qui lui eût permis de se risquer dans des tentatives nouvelles est inutilisée. Ses fils, moins renseignés et disposant de moindres capitaux, recommenceront ses efforts et à cinquante-cinq ans feront comme lui.
Un autre me disait :
— Chez vous, les gens dans les affaires, industriels, commerçants, financiers, ont air d’avoir honte de leur profession. Ils recherchent des fréquentations au-dessus d'eux, et c'est pour cela qu'ils se pressent d'abandonner leurs usines ou leurs bureaux. Chez nous, on est fier de ce qu’on est.
Je note cette remarque qui me paraît un peu vraie. Mais je note aussi qu'en Allemagne des marchands d'orge et des fabricants de produits chimiques achètent au grand-duc voisin des titres nobiliaires de 200 ou 300,009 marks.
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Le directeur d’une des premières maisons d’importation de Hambourg me parla ainsi :
— Les Français passaient autrefois pour des gens hardis. Ge fut peut-être vrai de vos aventuriers, de vos grands généraux et de vos soldats à la bataille. Mais c’est tout à fait faux de vos hommes d’affaires, qui sont la circonspectio n, la timidité mêmes.
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— N'est-ce pas, dis-je, que, riches depuis longtemps, ils connaissent mieux le prix de l'argent et souffriraient trop d’en être privés? Les peuples neufs, les matelots ct, en général, les nègres, n’ont pas le sens de l'économie.
— Admetitons-le, et see expliquerait que nous autres, plus récemment enrichis, et même encore pauvres, nous n étions pas à aventurer notre peu de fortune dans des risques à longue échéance. Gomme ce peu d'argent ne nous suffit pas, nous préférons courir la chance d’un trés oros bénéfice ou de tout perdre plutôt que de végéter jusqu'à la fin de nos jours dans la médiocrité, comme la foule de vos petits rentiers.
— Et pourtant, fis-je un soir à la fin d’un diner où assistaient quelques-uns des plus gros commerçants de Hambourg, tout est donc vraiment si solide chez vous?
L'un d'eux me répondit :
— Pour être sincère, je crois que notre succès économique est un peu factice. Les mdustries qui se fondent et se développent chaque jour aident à leur réussite réciproque, et cela crée une apparence exaœérée de prospérité. L'industrie a fait trop grand et surtout trop vite, la banque aussi. Elle a de l'argent, mais pas assez. La Gazelle de Francfort (avril 1906) vient de faire baisser de plusieurs points les valeurs de banque à la Bourse de Berlin, en criant aux banques : « Vous exagérez vos crédits à l’industrie. Gare! » En France, vous n’avez pas ce danger à
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