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manches pagodes à tous les étages des sapins, au printemps les bourgeons goudronnés crevaient sous la poussée de la sève et la vie redevenait belle. Un jour les bûcherons sarmates vinrent, frappèrent les milliers de troncs moussus de leurs cognées retentissantes, dont le bruit chassa au loin les oiseaux et les bêtes familières de la forêt; alors l'arbre s’abattit, écrasant les légions d’insectes, de larves et d'œufs, anéantissant l’immense vie parasitaire des géants. Puis, comme on fait des animaux à l’abattoir, les bûcherons les décortiquèrent, coupèrent leurs branches, raclèrent les nœuds des fourches, et bientôt, à la place de la forêt impénétrable, on vit des cépées semées de baliveaux, de broussailles et de chicots.
Voici donc les morts, voici les écorchés des forêts galiciennes et polonaises qui passent. La morne Vistule charrie depuis des mois et des mois ces cadavres sans chevelure qui furent des frondaisons splendides. Entre leurs fûts à demi immergés, des touffes d'herbes ont poussé par la grâce de quelque graine envolée.
Tout cela représente 450,000 mètres cubes de bois dont la valeur est d’environ 48 millions de francs et qui vont devenir des traverses de chemin de fer, des pièces de bateau, des charpentes, des allumettes de tremble, des caisses d’aulne. Cinquante maisons d'exportation, plus une trentaine de courtiers et commissionnaires, exploitent à Dantzig ces richesses,
Maintenant les villages ont disparu; de chaque côté, des talus formant digue s'élèvent, au delà desquels s'étendent des prairies jadis marécages que les
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