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eaux de la Vistule inondaient deux fois l'an, en mars, à l’époque du dégel, et à la fin d'août, lors de la fonte des neiges dans les Karpathes. Profonde de huit mètres à l’époque des crues, la Vistule abaissait son niveau à quarante centimètres durant la sécheresse. Les Allemands entreprirent de régulariser son cours, d’endiguer fortement la rivière ef d'empêcher ainsi non seulement les inondations mais les déviations du fleuve qui, à plusieurs reprises, changea l'emplacement de son embouchure dans la mer Baltique. Grâce à ces Lravaux, les terres, abandonnées jadis aux hérons, aux poules d’eau et aux bécassines, sont des prairies fertiles, riches de détritus végétaux, où paissent de beaux troupeaux de vaches noires et blanches, d’oies et de chèvres gardées par des garçonnets, des sapinières plantées de toutes pièces et aussi des terres de culture qui s'étendent jusqu’au bord de l’eau. De temps en temps, la silhouette d’un moulin rompt la monotonie du paysage, sans diminuer la placidité de ce décor sans beauté.
Nous passons devant un lazaret où, depuis la dernière épidémie de choléra, un médecin est en permanence. Il examine au passage les « flissaki » et les met en quarantaine s'il le trouve utile.
Des écluses parfaitement aménagées barrent un instant notre route.
Quelques minutes après, le bateau abordait à Niekelwalds, dernière station à l'embouchure de la Vistule. À deux cents mètres, une barre écumeuse qui a l'air de fermer le fleuve indique l'entrée de la mer. Le bateau ne va pas plus loin.
Nous entrons chez Rudolphe Rams, l'un des der-
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