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niers survivants de la catastrophe qui, en 1840, balaya tout le village, simple fantaisie de la Vistule qui s'imagina cette année-là entre autres de changer son cours. À l'ombre des pommiers, dans son verger où se réunit le dimanche la jeunesse d’alentour, le cabaretier nous sert des beignets et du pain de seigle à l’anis, arrosés de lait; puis, derrière sa maisonnelte, nous allons prendre en plein champ un petit « tortillard » à locomotive haletante et poussive qui, tant bien que mal, nous ramena à Dantzig, à travers les prairies couvertes de brume.
Dantzig, dont le port n'a qu'un mouvement de 1 million et demi de tonnes, fut autrefois, m’affirmet-on, le premier port de la Hanse, mais à Lubeck on m'a dit la même chose de Lubeck; à Hambourg, à Brême aussi... Car, ainsi que je l'ai remarqué souvent, le patriotisme local déborde de toutes parts en Allemagne, Aujourd’hui Dantzig est dépassé par tous ses anciens concurrents, même par Stettin. Gest que, grâce aux nouveaux droits de douane qui interdisent pour ainsi dire l'entrée en Allemagne des grains étrangers, les céréales qui arrivaient autrefois de la Pologne russe par la Vistule pour être distribuées ensuite sur mille points différents, demeurent en Russie, sont utilisées sur les lieux mêmes ou sont envoyées des ports russes de Riga et de Libau vers d’autres contrées. Restent les alcools, les savons, le sucre, exportés en Angleterre, en Hollande et dans les pays scandinaves, et surtout les bois, qui constituent le plus clair du mouvement de Dantzig. Mais
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