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cette industrie a elle-même ses crises : les chemins de fer allemands renoncent aux traverses de chêne pour les traverses de pin, les Anglais changent les dimensions des leurs, la France achète en Amérique, la Belgique paye mal. Une crise s ouvre.
Les charbons de Silésie sont concurrencés jusqu ici par les charbons anglais. Le port de Dantzig en reçoit 300,000 tonnes qu'il distribue à l’intérieur, grâce au bas prix du fret. La Compagnie du Lloyd commande aux chantiers de Dantzig des bacs à vapeur, l’État des croiseurs, l'industrie privée des grues, des bateauxciternes, des canots automobiles.
Dans la Mottlau accostent des bateaux de 800 tonnes : à Neufahrwasser, avant-port de Dantzig, s’arrêtent les navires de 4,000 tonnes, et la baïe recoit des navires de 42,000 tonnes. Mais sur 3,200 bateaux qui entrent dans le port, on en comple environ 9 300 allemands, 300 anglais, 250 danois, 200 nor végiens, 120 hollandais, 80 russes, 9 ou 3 belges, 2 espagnols et pas un français. Depuis l’année 1900, notre pavillon n’a même pas paru à Dantzig. En dix ans, on l'y a vu une seule fois.
Je tiens ces renseignements de notre consul à Dantzig, M. de Jouffroy d'Abbans. Lui seul vaudrait le voyage. On peut le dire sans le fâcher, car il ne craint pas d'afficher son originalité naturelle, mélangée au pittoresque exotique qu'il a rapporté de deux séjours à Singapour. Il ne craint même pas le ridicule. Il m’a raconté plusieurs histoires qui le prouvent indubitablement.
— Je suis au-dessus de ces misères, me dit-il.
Et comme il a raison!
L'une des facultés dont il est le plus fier — mais il
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est modeste, — c’est sa faculté digestive. Un Jour, on avait défié ce bon vivant, qui est un homme trapu d'une cinquantaine d'années, avec une tête de reître du quinzième siècle, moustache et barbe rousses en broussaille, on l’avait défié de manger des corbeaux avec leurs os. Il les mangea.
Il y a, dans le Journal d'une femme de chambre, d’ Octave Mirbeau, un inoubliable type d’omnivore, le
capitaine Maugé. On croit toujours que Mirbeau invente... [l copie.
— Oui, me dit M. de Jouffroy d’Abbans, j'ai mangé des corbeaux. Mais qu'est-ce que cela? Je mangerais n'importe quoi! Une fois, J'ai même avalé quatre geais, avec les os, naturellement. Je mange couramment des perdrix entières... Je ne sens rien... Pour moi, la digestion n’est pas un travail... Je ne sais même pas si J'ai un estomac.
Un tel appareil digestif doit faire l'admiration et l'envie des Prussiens, et le prestige de la France doit évidemment s’en accroitre.…
Gela n'empêche pas du tout l’éminent consul de Dantzig de savoir mille choses et d’écrire des rapports très documentés où il m'a été donné de jeter les 7 et où j'ai recueilli les renseignements ci-dessus”.