‹ En AllemagneChapitre 134 sur 294 · RER · texte numérisé non relu

RER

VE TL AN da 6 A a | à : 2 5j : - Ÿ :

| ci PR DUT TEE De Vi éd ue dd PORC RE , 1 #

ee:

PR D ET DE = EL. ÿ ra Ai + > : ' À :

champ, trois herses fonctionnent parallèlement et grattent le sol friable. Plus loin, une charrue mord sans peine cette terre inconsistante comme du sable. Et en effet, à côté de nos labours noirs et gras, c'est du sable. Les laboureurs portent des vestes de drap bleu, violet, rouge, et des pantalons bleus; 1ls sont coiffés de chapeaux de feutre mous, noirs ou gris, Ou d’une casquette blanche. Ils se passent les guides de leurs chevaux autour du cou, appuient sur la charrue à deux mains en tenant le fouet à droite. Au milieu du champ, sur un cheval sellé, le maître, le Æiulerguibesilzer, en culotte de peau de daim et coiffé d'un chapeau boer, la cravache à la main, regarde travailler les hommes.

Kœnigsberg est tout palpitant d'histoire. Ici s'était réfugiée la Cour de Berlin après léna, pour préparer

la revanche ; Frédéric-Guillaume IE, le roi à l'esprit

indécis et à la volonté flottante, y appela le baron Stein pour réformer la Prusse; d’ict, la reine Louise souffla son âme héroïque à sa patrie.

C’est sur l'emplacement même du château que s’édifia la Prusse. En effet, c’est ici que les chevaliers de l'Ordre teutonique élevèrent une de leurs premières forteresses pour combattre les Prussiens 1dolâtres, au cœur même de leur pays. Les guides nous apprennent qu’au quinzième siècle, quand les Teutons furent vaincus par les Polonais, le grand maitre de l'Ordre abandonna le fameux château de Marienbourg pour celui de Kænigsberg qui devint ensuite la résidence des ducs de Prusse.

LA De 7er Ca ne a ms brel Se. ti ste hate intl

APTE VA A NE LA ES dm 2 2h

QU EG Pme 20 9 cr

M ES CE UU es Jen où mo OPEN Es AN eg cut Pb mate den ed RSR EUR

« mena Rs EE GN É e asa ane ee 2, Toéaafe À Esiece

[l faut donc visiter, fût-ce rapidement, ce vieux château qui se dresse, massif et froid, au beau milieu de la ville, sur une légère éminence dominant le fleuve Pregel.

À l'intérieur, une immense cour rectangulaire pavée, maladroitement coupée au milieu par une pelouse gazonnée et un massif de verdure. Des bâttments l'entourent, d’inégale hauteur, presque noirs, comme enfumés, régulièrement percés de fenêtres, sans architecture.

Sur l’un des côtés de cette cour, et la partie la plus ancienne du château, se trouve l’ancien « Blutgericht » , aujourd’hui restaurant fort renommé pour ses vins. On y descend par quelques escaliers de pierre. Dans cette cave aux murs salpêtrés et comme couverts de suie, on exécutait autrefois les criminels. Avant le repas, les garçons vous montrent l'endroit où les têtes tombaient, moyen excellent pour ouvrir l'appétit.

Aujourd’hui, les bourgeois de Kœnigsberg viennent y manger de la perdrix aux choux, arrosée de Rudesheim, près de fûts énormes. Des tables de chêne, sans nappes; aux murs, de vieilles gravures repré sentant des manifestations populaires dans la cour du château, des couronnements de souverains, etc., elc.; des garçons vous servent, vêtus d’une blouse de toile bleue, couverte d’un tablier de cuir. (Ce doit être le costume des anciens bourreaux!) Et voilà toute l’originalité qui lesattire dans cette sombre cave humide d’où se dégage une odeur de moisi, de lie de vin, de tabac, mélée à celle des graisses et des sauces.

4, Tribunal criminel.

ER, ” Éta e *

Res Le es dm Dé \ LA er.

CAT ANT RE EN M Re | let NÉE CET | = S :

AO. Are RQ:

sc NB ed

2 “4% mé:

LÉ

’ dl CPE

Quant à l’intérieur du château, il n’offre pas grand intérêt.

— (est que, dit-on à Kœnigsberg, quand Napoléon [° est venu, il emporta les objets les plus intéressants.

Il parait, en ellet, Luis le Corse rafla une quantité d’armures d’un travail et d’une ancienneté remarquables qui doixent se trouver dans quelque musée de Paris.

Nous nous présentons à la porte du château après l'heure réglementaire, comme il convient à des Krançais qui ne reconnaissent ni discipline, ni règle, ni loi. Et nous avons l’audace d’insister pour visiter l'endroit, car nous devons quitter la ville demam. Ici se place une petite scène imprévue qui me toucha profondément et qui fut la première émotion de mon voyage en Allemagne.

Le conservateur — le Kastellan — nous reçoit. C’est un homme de haute taille, aux cheveux grisonnants, à la figure bienveillante et un peu triste, aux manières polies. Je lui fais part de notre vœu, qu'il accueille aussitôt, sans hésiter. Et je n'oublierai jamais le son de sa voix quand 1l me dit gravement, en se levant de son fauteuil :

— Je suis à vos ordres, monsieur, et je serai content si je puis vous être agréable. J'ai combattu la France par devoir pour mon pays, mais J'ai laissé mon cœur en France.

Je l’écoutais, surpris. Get homme de cinquante-cinq ans, sérieux et digne, faisant ainsi à brûle-pourpoint une telle confidence à des étrangers, 1! fallait qu'ilenfüt bien plein et qu’il trouvât dans cette effusion soudaine un soulagement à une peine ordinairement cachée,

hate Us 4 ; SE = £

Page 1