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Dans une chambre, on conserve le buste en marbre de Napoléon.
La plupart des meubles, comme dans tous les palais prussiens, sont recouverts d'une pauvre andrinople rouge ornée de couronnes impériales imprimées.
Un gigantesque divan, qui servait à Frédéric HI, est là, tout en chêne sculpté et dont les deux bras sont des lions de chêne grandeur naturelle. Cest énorme et affreux: on le dirait destiné à la sieste d’un ogre.
Nous traversons la chambre de Guillaume I, où des devises morales sont encadrées et pendent aux murs. Je voudrais les copier, mais le « Kastellan » me prie de n’en rien faire. Je lu obéis. J'avais cependant eu le temps de lire le commencement d’une maxime : « Je préfère n'être pas loué par...
La salle du trône est attenante à l'appartement impérial. Rien de joli: un grand dais de velours rouge à ganses d’or, sous lequel s’étalent deux fauteuils dorés. Sur les murs, les portraits des ducs de Prusse.
Tout autour de la salle à manger, il reste de jolies glaces alternant avec des tapisseries de soie bleue, et des portraits. Dans la galerie des ancêtres, qui Suit la salle à manger, s'affichent tous les portraits des Hohenzollern. Ce n’est pas pour le plaisir de le dire; mais, Dieu ! que ces Hohenzollern sont donc laïds et vulgaires ! Un seul a belle allure, et je note que Guillaume II lui ressemble. C’est un Georges-Guillaume du dix-septième siècle.
Ce qu’on appelle la salle moscovite, partie la plus ancienne du château, est vide; mais sur les murs $€ voient des étendards de 1665. |
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Kænigsberg est loin de posséder les richesses de sa voisine Dantzig. Elle n’a, outre son triste château, que la petite universilé où professa Kant, et les quais du Pregel qui ne manquent pas de pittoresque. Les rues les plus animées de la ville sont étroites et les maisons banales ; un vaste étang qui occupe le centre de la cité pourrait donner un peu de vie, mais on n’y voit ni barque, ni voile, et l’eau en parait plus morne et plus froide. Pas de riches quartiers, de maisons somptueuses telles qu’on en voit dans toutes les villes prospères d'Allemagne, car Kœnigsberg est très pauvre. Il y a peu de temps encore, elle devait payer, comme Dantzig, les intérêts de l'emprunt qu’elle contracta pour se libérer des contributions de guerre imposées par Napoléon.
En 1807, en effet, Napoléon imposa à la ville de Kœnigsberg une contribution de 20 millions. Une délégation des représentants de la ville alla trouver l'Empereur, lui expliqua la pauvreté de la cité, et le persuada presque, puisque la contribution fut réduite à 11 millions. Cette somme encore énorme pour l’époque et pour une ville déjà endettée et sans ressources, fut cependant payée sur-le-champ. La ville emprunta et émit des obligations à 3 1/2 p. 100 avec amortissement par annuités. Ce n’est qu’en 1891 que cel amorlissement prit fin !
Les habitants de Kœnigsberg ont sur le cœur l'indifférence et l’égoïsme de l’État prussien à l’égard de cette « capitale et ville de résidence royale » (Kænag-
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Kœnigsberg, ville de couronnement des rois de Prusse. En effet, la Prusse n’a rien fait, ou bien peu de chose, pour les aider à se libérer de cette dette si longue et si exténuante. À la conclusion de la paix de 4807, qui suivit immédiatement le paiement de cette contribution (c’est pour cela sans doute que Napoléon en exigea le paiement instantané), 1} ne fut pas question de Kænigsberg ni de ses 11 millions. À titre de secours, le gouvernement se borna à renoncer à un minime droit qu'il prélevait sur la bière. Et ce n’est qu'à partir de 1871 que la Prusse se décida à contribuer en espèces, pour la modeste somme de 75,000 marks par an, à la libération de la dette.
— Grâce à cette contribution, me dit un officiel, notre ville ne s’est pas développée comme les autres cités allemandes, et grâce à elle aussi les impôts municipaux s'élèvent à 200 p. 100 de l'impôt de l'État.
Aujourd’hui pourtant, au delà des fortifications, dans la vaste plaine terriblement balayée par le vent, de riches villas s'élèvent et les terrains s’achètent tous les jours. Les gros bourgeois y font construire des maisons confortables, plantent les jardins, transplantent les arbres, créeni de toutes pièces une Campagne aux portes de la ville. Mais c’est une forêt qu il leur faudrait pour abriter leurs villas contre le vent qui arrive du large sans rencontrer d’obstacle, et qui, au mois d'août, — je viens de le sentir — soufile terrible, courbant presque jusqu à terre les jeunes bouleaux et les frêles peupliers.
Les fortifications franchies, et après avoir passé la Steindammer Thor, le long d’une route ombra-
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