‹ En AllemagneChapitre 176 sur 294 · SAC · texte numérisé non relu

SAC

L'ÉLÈVE. — Klopstock est plus sensible.

LE MAITRE. — En êtes-vous sûr ?

L'ÉLÈVE. — Oui, j'en suis sùûr

LE MAITRE. — Et de Gœthe et de Schiller, quel est le plus noble?

L’ÉLE Schiller est le plus noble.

Et ainsi de suite.

Cette facon d’ouvrir le goût de l’enfant aux beautés de la littérature allemande est vraiment pitoyable. Je me suis laissé dire qu'il n’y avait pas de remède à cela, que les maïtres eux-mêmes avaient été éduqués de celte manière, et qu'ils seraient pour la plu-

part incapables de découvrir et d'expliquer convena-.

blement la grandeur et la noblesse des modèles qu’ils enseignent. Je le crois volontiers. [ls ne peuvent pas avoir toutes les qualités, être à la fois d’excellents réalistes, des éveilleurs d'idées et des vulgarisateurs de beauté.

Mais 1l est un fait plus orave : on est arrivé dans les collèges, en poussant à bout le réalisme utilitaire, à ne plus enseigner un mot de philosophie. Et, dans les Universités (on appelle ainsi les Facultés en Allemagne), ce qu’on en enseigne équivaut à rien. De sorte que, sitôt disparues les vieilles générations, ce pays qui fut, 1l y a un siècle, la terre de la pensée hbre, qui produisit les plus grands cerveaux ph1losophiques du monde, ne sera plus peuplé que d’ingénieurs, de calculateurs, de chimistes spécialisés et de marchands.

Toute la morale enseignée en Allemagne consiste en morale religieuse. Les jeunes gens qui passent leurs examens de fin d’études (et ils ont vingt ans!) doivent savoir par cœur seize cantiques, le Sermon

ee AT PCR 20 Pop pe PR ce PE TNT ds diodes de 6 1: A à ns dl LE es LA LS és Ed Cd LL is CS nt at 2e eh LE GE à ras af Be

= SCA

Page 1