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de la langue. Pourquoi la Prusse ne veut-elle pas laisser parler leur langue à ces Slaves passionnés? N’entame-t-elle pas là une lutte impossible?
Mon interlocuteur me dit :
— Jamais l’État prussien n'a voulu empêcher les Polonais de parler leur langue. Mais 1l trouve utile et bon qu’ils parlent aussi Pallemand. N'est-ce pas naturel? N'obligez-vous pas vos Bretons à parler le francais à l’école? Or, vous rencontrez ici une multitude d'hommes de quarante et cinquante ans qui ne parlent pas un mot d'allemand. Et voilà plus d'un siècle que la Pologne est prussienne. Vous devez voir dans ce fait la preuve indubitable de notre longanimité, tout le contraire de la brutalité dont nous accusent les Polonais.
— Ce que vous reprochent surtout les Polonais, c’est l’interdiction de donner des leçons de religion dans leur langue. Ils prétendent, et me paraissent avoir raison en cela, que les enfants arrivant à l’école et qui, par conséquent, ne parlent pas encore l'allemand, ne peuvent recevoir d'instruction rebgieuse efficace, ce qui, disent les curés, est déplorable pour leur moralité.
— Encore une fois, mensonges, monsieur, mensonges, toujours ! Dans toutes les petites classes primaires, dans toutes les classes préparatoires des gymnases, les enfants reçoivent linstruction religieuse en polonais. Ge n’est que dès qu'ils sont assez avancés en allemand pour comprendre tout ce qu'on leur dit, que l'instruction religieuse est continuée en allemand. Le maître le décide quand le moment est venu. C’est une question de fait et d'espèce.
« On vous a présenté linsurrection scolaire
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actuelle comme une conséquence de nouvelles mesures antipolonaises du gouvernement. Autre erreur |
Il est vrai que l’obligation d'enseigner la religion en allemand dans les classes moyennes et supérieures des écoles primaires s’est géné alisée en ces dernières années. Mais cette mesure n’est que Papplication plus stricte de règlements qui datent de 18753. À cette époque, le premier président de la province de Posen ordonna que l’enseignement fût donné dans toutes les écoles en langue allemande. En ce qui concerne l'enseignement religieux, on décréta qu'il aurait lieu en langue allemande dès que les élèves posséderaient une connaissance suffisante de cette langue.
« Ces prescriptions légales furent appliquées pendant trente-trois ans, et c’est aujourd’hui, après tant d'années d'efforts pour faire triompher la langue allemande, qu’on nous demande de supprimer son emploi dans l’enseignement religieux !
« L'opposition des élèves polonais a une double origine que nous connaissons fort bien :
« La première, c’est, je vous l'ai dit, l'application plus stricte des règlements de 1873. Jusqu'en 1894 on toléra l’enseignement religieux polonais dans les classes élémentaires et les classes moyennes. À partir de ce moment, l’usage de la langue polonaise ayant été supprimé dans toutes ces classes, l’enseignement religieux polonais ne fut plus toléré que pour les petits, ainsi que le voulaient les règlements. Ne croyez pas que ce soient les scr upules religieux qui motivent la révolte, et ne voyez là qu’une for me du même esprit batailleur et frondeur et du nationalisme renaissant à l'instigation des ambitieux du parti polo-
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