‹ En AllemagneChapitre 24 sur 294 · LEA · texte numérisé non relu

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fermages. C’est une chose très compliquée, qu'un Allemand qui a vécu dix ans ici aurait peine à comprendre, et je n’essayerai même pas de vous l’expliquer, car je m'y perdrais.

J'insistai tellement que l’archiviste finit par aller chercher dans une « capsule », comme il disait, les lois organiques du pays. Après bien des recherches, il finit par trouver que le grand-duc touchait les revenus de soixante-dix grandes terres, celles qu'on appelle les « Haushaltsguütter ».

— Vous devez savoir ce que rapporte chacune de ces grandes terres ?

— Pourquoi? C’est sans intérêt, fit-il. Quand une terre doit être louée, l'avis en est publié dans les gazettes ; il faudrait donc lire les gazeties chaque fois qu'une terre est mise en location et faire les additions : c’est un mal que personne ne se donne.

Et il se mit à rire :

— Mais vous, en quoi cela vous intéresse-t-il ?

— Pure curiosité! fis-je. La question pour moi est de savoir combien un monarque absolu coûte à ses sujets au vingtième siècle.

Finalement, en continuant à feuilleter les lois organiques, il m’apprit que, en 1866, le revenu d’une « grande terre » était estimé à 283,429 thalers, c’està-dire, le thaler valant 3 marks, à 850,275 marks, soit 4,062,000 francs environ. Le revenu total du souverain s'élevait donc en 1866 à plus de 72 nullions. Aujourd’hui que le prix des terres a augmenté, On n’exagère pas en l’estimant à 100 millions.

Or, le budget du Mecklembourg est évalué par l'Almanach de Gotha approximativement à 50 millions de francs. Il faudrait donc supposer que le

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erand-duc conserve pour lui 70 millions... Pourtant, il passe pour n'être pas très riche. Il y a donc là une contradiction et une impossibilité.

Je fis part de ces calculs et de ces réflexions à Parchiviste, qui hocha la tête en signe de profonde ignorance. Je les communiquai à un député de la ville, qui m’avoua n’y rien comprendre. Et si Je les reproduis aujourd’hui, c’est surtout pour vous fixer sur l’état d’insouciance profonde des Allemands visà-vis des choses de la politique. Quant à des renseignements précis sur les revenus du grand-duc, c’est à lui qu’il faudrait les demander.

— On me dit que le grand-duc est beaucoup moins conservateur que les « chevaliers » et qu'il souhaite une revision de la Constitution?

Cette question s’adressait à un fonctionnaire considérable de la ville.

— C'est parfaitement vrai, me répondit-il. Le grand-duc est plus démocrate que bien des soctalistes! Il voudrait répartir plus équitablement fes impôts et supprimer les privilèges hors d'âge. Son rêve serait de constituer un tiers état pour contrebalancer l'influence despotique des « chevaliers », dont il est le prisonnier depuis l’an 1525.

— Mais, fis-je, que signifie que trois socialistes purent se faire élire à la municipalité de Rostock et qu'un socialiste représente le Mecklembourg au Reichstag ?

— Les ouvriers des chantiers maritimes, fit 6,

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