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avec une moue de dédaim le haut fonctionnaire. Cela n’a aucune importance...
Je demande :
— Comment s'appelle ce député ?
Mon interlocuteur a l’air de chercher dans sa mémoire…..
— Je ne me souviens pas, fait-1l.…
Et 1l ajoute :
— C'est un monsieur de si peu de valeur...
J'insiste exprèés :
— N'avez-vous pas un annuaire où l’on puisse trouver son nom ?
Alors, se décidant, il dit :
— Je crois que c "est Herzfeld qu'il se nomme.
Je l’écris sur mon carnet, ce que voyant le fonctionnaire, 1l proteste avec un peu d'humeur :
— Pourquoi voulez-vous glorifier ce nom? Ces sortes de gens n'ont aucune notoriété, aucune 1nfluence, ce sont les ennemis de tout ordre et même de toute société.
— Est-il vrai que les enfants du peuple payent encore un droit de scolarité ?
— Oui: 4 marks (9 francs) par an pour les plus petites classes et 8 marks pour la première et la deuxième.
— Gomment expliquez-vous cela ?
— 1l faut que, si peu que ce soit, les pauvres s’aident eux-mêmes. À prendre l'habitude de la gratuilé pour tout, ils fini ssenl par trop compter sur les pouvoirs publics et perdent toute initiative. D’ailleurs,
1. Les autres députés du Mecklembourg sont deux nationaux libéraux et quatre conservateurs.
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on apprécie mieux ce qui vous coûte quelque chose — Et pour le culte, comment êtes-vous organisés ? — Les villes payent un salaire fixe ? aux pasteurs, qui ont, en plus, les revenus ordinaires de l’église. — Et quel est votre mode d'impôt ?
— [L'impôt sur le revenu comme dans tous les pays d'Allemagne”,
Je demandai à un homme qu'il ne faut même pas nommer, par crainte de le compromettre :
— ]] n’y a donc jamais eu de révolution dans ce pays ?
Il m’expliqua qu’en 1718 le grand-duc Gharles- Léopold fut chassé par son peuple parce que, trouvant la Constitution encore trop Hood tique, 1l voulait supprimer les privilèges des villes. LE PAperee allemand intervint, le duc de Brunswick et l’Electeur de Hanovre furent chargés d’arranger les affaires, et ce furent eux qui désignèrent le frère du grandduc expulsé pour régner à sa place. Au commencement du dix-neuvième siècle, le peuple de Rostock fit une démonstration — et, je crois, aussi les grandes villes du Mecklembourg — contre le prix exagéré du beurre et du blé. Mais “elle s’adressait surtout au Sénat. On l’appela la « Révolution du beurre ». En 1845, des troubles éclatèrent un peu partout en Allemagne,
É 4. En Prusse, au contraire, un impôt obligatoire frappe les par- RS ticuliers : l'impôt du culte, à quelque religion qu’ils appartiennent. k 9 Détail curieux : les impôts du gouvernement doivent être A payés à la Caisse publique en deux fois; ceux de la ville sont en- 4 caissés à domicile quatre fois par an.
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échos de la Révolution française. Le grand-duc de Mecklembourg-Schwérin, devant une émeute menaçante, consentit à donner une Constitution à son pays et, en effet, une nouvelle loi organique fut publiée le 10 octobre 1849 par le Mecklembourg-Schwérin; mais le grand-duc de Mecklembourg-Strélitz refusa d’entrer dans cette voie qu’il considérait comme révolutionnaire. De leur côté, les chevaliers du Mecklembourg-Schwérin protestèrent contre le libéralisme du souverain, Ils estimaient que le peuple, ne possédant rien en propre, n'avait pas voix au chapitre. Ils étaient logiques. Et, comme les deux grands-duchés ont, je l’ai dit, la même législation, le refus du grand-duc de Strélitz créait un conflit qui fut soumis à un congrès arbitral composé des rois de Prusse, de Hanovre, etc., qui, le 12 septembre 1850, — le vent révolutionnaire ayant passé, — donnèrent rai-
Son au plus réactionnaire des deux en décidant le
maintien de l’ancienne Constitution remontant à 1755.
En 1872 et en 1874, les souverains, d'accord cette fois, essayérent de nouveau de reviser la Constitution. Leur tentative fut repoussée par les Etats, En même temps le Reichstag avait adopté, sur la proposition des députés mêmes du Mecklembourg, une modification constitutionnelle. Mais le Bundesrath la repoussa pour des raisons de compétence, chaque royaume, duché ou principauté étant absolument Libre chez lui. Il exprimait simplement l'espoir que le gouvernement du grand-duché arriverait, d’accord avec le Landtag de Mecklembourg, à la revision souhaitée. |
— Et combien de temps cela durera-t-il encore, à votre idée ? interrogeai-je.
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— Oh! fit-il avec un mouvement peureux, nous n’en sommes pas là! Dernièrement, il y eut une interpellation au Reichstag par le député Busing, qui demandait s’il n’était pas temps enfin de faire sortir le Mecklembourg de l’état de barbarie politique où 1l vivait. Nous y apprimes que, déjà en 1873, le fondé de pouvoir du Mecklembourg, père du chancelier de Bülow, déclarait qu'il était urgent de mettre de l’ordre dans les finances de l'Etat. M. de Posadowskt, comme son prédécesseur, en 1874, répondit à l'interpellateur qu’étant donnée la Constitution de l’'Empire, ni le Reichstag, ni le Bundesrath (le petit Parlement d'Empire composé des représentants directs des princes et souverains confédérés de l'Allemagne) n’ont le droit de s’immiscer dans les affaires intérieures du grand-duché, à moins de conflit constitutionnel. Or, ce n’était pas le cas. Quant à l’envoyé du Mecklembourg, il fut moins poli : il protesta brutalement contre l'immixtion du Reïichstag dans les affaires du grand-duché, et dit tout net aux représentants du peuple allemand : « Cela ne vous regarde pas ! Occupez-vous de vos affaires! » Un député du centre s’indigna contre le langage du Junker et déclara qu’il était inconvenant de parler ainsi au Reichstag. Un député socialiste affirma que seul le parti social-démocrate pourrait donner une Constitution au Mecklembourg. Et ce fut tout.
— Et il n’y eut pas de sanction ? demandai-Je.
— Non. Il ne pouvait pas y en avoir. D'ailleurs, depuis la constitution de l’Empire et la création du Reichstag, les Landtags n’ont plus beaucoup d'importance : le Reichstag, en effet, décide des questions de douane, des traités de commerce, de l'ar-
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