‹ En AllemagneChapitre 267 sur 294 · LT W · texte numérisé non relu

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de Vienne de 1815. En nous assimilant à la Prusse, les puissances nous garantissalent que nous jJouirions de tous nos droits de Polonais. Le roi de Prusse luimême, dans une proclamation fameuse, nous a dit : « Vous êtes des Polonais, vous resterez Polonais, votre langue, votre religion, tout ce qui vous est cher, vous le conserverez. » La parole du roi de Prusse n a pas été tenue.

« Non seulement elle n’a pas été tenue, mais on essaye, par tous les moyens — persécutions, lois d'exception — de nous faire abandonner ce pays qui est le nôtre pour mettre à notre place des Cheveux Pâles et des Gros Ventres. Et comme on n’y réussit pas par ces moyens détournés, voici qu'on projette de nous exiler de force... Oui, monsieur, les Hakatisles, qui jouissent de toute la faveur du gouvernement prussien, ont proposé à Marienbourg de nous expulser de Posnanie et des autres provinces de l'Est...

— Comment s’y prendrait-on?

— Le Parlement voterait encore quelques centaines de millions, et une lot décrétant l'expropriation des Polonais des Marches orientales pour cause d'utilité publique. Ge ne serait guère plus extraordinaire que ce qu'ils ont lait jusqu'ici.

— ere vous sincèrement que la Prusse en viendra [à?

— Non... quoique... au fond. s'ils hésitent, c’est surtout à cause des cinq ou six cents millions que leur coûteraient les grandes terres qu'il s'agirait d'acheter en nous expropriant au nom de la loi.

— Le Parlement prussien serait-11 en majorité vraiment pour voter une telle loi? ;

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— Oh! certainement!” Les Polonais sont détestés à Berlin comme catholiques, aristocrates et réactionnaires; on les déteste sur le Rhin comme Polonais. De sorte que toute la Prusse les haïit. Pourtant, les Polonais quoi qu'il en paraisse — ne sont pas dévots, 1ls considèrent le catholicisme comme ure arme nationale, et s’en servent; et pas plus réac- Honnaires que les Junker allemands. Polonais, oui, nous le sommes.

— Réactionnaires aussi, insinuai-je, me rappelant des jugements absolus portés par des propriétaires polonais sur Île mouvement socialiste, sur les grèves, etc., etc.

— Je vous répondrai que la Pologne avait un Parlement il y a trois cents ans!

— Ou seuls les nobles avaient le droit de vote.

— C'est vrai; mais les nobles ne composaient pas une petite clique oligarchique; chez nous tout le monde était noble! (à part les ouvriers des champs, naturellement) et nous élisions nous-mêmes tous nos rois. Quel est le pays qui en faisait autant?

— Oui, mais il fallait l’unanimité pour être élu. D'où des guerres civiles sans fin, des désordres, ce qu'on reproche justement à votre caractère nalional...

— N'était-ce pas déjà un noble souci que celui de ne pas opprimer les minorités?

« Non, croyez-moi, continue mon éloquent interlocuteur, l'obstacle psychologique qui sépare Polonais et Allemands est ailleurs. L’Allemand est soumis

1. Ceci à été écrit et publié avant qu'il ne fût officiellement Question de la loi d’expropriation.

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