‹ En AllemagneChapitre 38 sur 294 · ART · texte numérisé non relu

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richissime capitaliste qui est à la tête d'une des plus grosses affaires du monde.

« L'opposition qu’on établit entre le capital et le travail, avait dit M. Platé à l’éminent académicien, est un non-sens. Elle a existé; elle ne sera bientôt plus qu’un souvenir historique. On raisonne comme s’il s'agissait de deux quantités différentes et égales; en réalité, il n’y en a qu’une qui compte, le travail. Le capital ne sera désormais quelque chose que dans la mesure où il saura se faire l’un des outils du travail: il ne vaudra ni plus ni moins que les autres outils indispensables à ce travail. Voyez la baisse constante du taux de l'intérêt; un jour viendra vraisemblablement où il tombera à rien, ou presque rien. Entre des mains oisives et malhabiles, le capital ne comptera plus par lui-même, en tant que force indépendante : nos fils n’y verront qu'un des éléments nécessaires à l’organisation du travail. »

Telle est la thèse économique du tout-puissant financier, qui est en même temps le fondateur et l’âme de cette admirable Bourse des cotons de Brême en train de devenir l'arbitre du coton en Europe *,

4. Voici la marche suivie par l'importation des cotons à Brême depuis 1871, comparée avec celle du Havre qui est le grand port français des cotons :

FO FF... Brême. 316,000 balles. Le Havre. 480,000 balles. LISTES — 206,000 — — 677,000 —

En quatre ans, Le Havre avait augmenté son importation de 197,000 balles, et Brême avait baissé de près de 100,000 balles.

En 1897, l'importation à Brême s'élevait à 1 million 400,000, et en 1905 à près de 2 millions de balles. Le Havre est resté, en 1905, à 600,000 balles.

Quant à Liverpool, son importation en 1905 se monte à 3,500,000 balles. Brême progresse donc à grands pas, et Liverpool est menacé,

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Qu'on soit ou non de son avis, qu’on l’approuve ou le discute, 1l y a intérêt à écouter parler un homme dont l’activité est mêlée à de telles entreprises.

Je dis à M. Platé :

— Vous qui assistez et participez à la prospérité extraordinaire des ports allemands, comment expliquez-vous notre arrêt et vos progrès?

— (C'est bien simple, monsieur, me répondit- il assez brutalement. Votre système de primes à la marine, c'est la mort. Vous donnez de l’argent pour ne rien faire : on ne fait rien!

« Mais, ajouta-t-1l, le résultat le plus cocasse de ce système, c’est que l'argent que vous distribuez ainsi a profité Jusqu'à présent à des Allemands et à des Anglais... »

M. Platé riait de cette chose, en effet comique.

— Jene devrais pas dire cela, ajouta-t-1l, puisque ce sont mes compatriotes qui bénéficient de vos erreurs... Mais puisque vous me demandez mon avis, je vous le donne en toute honnêteté.

— Est-ce possible? fis-je, incrédule. Et de quelle façon cette anomalie incroyable peut-elle se produire ?

— Le fait est très connu en Allemagne, me répondit- 1]. Quand la loi sur les primes fut votée en France, vos armateurs la laissèrent dormir. Ils n'en profitérent pas. Il eût fallu construire et construire encore des bateaux, et ils n’en construisaient pas. Voyant cela, des groupes étrangers fondèrent en France des Sociétés de bateaux avec des capitaux allemands et anglais — puisque les capitaux français conlinuaient à se refuser, — et je vous assure qu’on en construisit, des bateaux! Alors commença l’exploi-

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