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derniers bassins, les plans arrêtés les prévoyaient de 160 mètres de large. Puis, après une réflexion de quelques mois, nous crûmes devoir les porter à 180 mètres. Enfin, comme de jour en jour les navires augmentent leurs dimensions, nous résolûmes de les pousser jusqu’à 220 mètres! Au Havre, vous ne pouvez pas recevoir de plus grands bateaux que ceux d'aujourd'hui : vous n’avez pas de place! Vous arrêtez donc, en toute connaissance de cause, le proorès de votre trafic, vous vous condamnez à renvoyer à l'étranger les navires au-dessus d’une certaine dimension... Concluez vous-même. »
Ce n’est pas à moi de conclure. Mais j'espère que ces paroles frapperont loreille française: On n’a pas tous les jours l’occasion d'écouter des voisins et.des émules aussi qualifiés que celui-là quand il parle sur la crise de nos affaires. En tout cas, un tel homme est bon à connaître. Il est utile qu’on sache en France, ce qu'est, ce dont est capable le président de la Compagnie du Norddeutscher Lloyd, en concurrence avec toutes nos lignes de navigation sur tous les points du globe. Or je me suis laissé dire que M. Platé avait le projet d'introduire plusieurs membres allemands dans la Compagnie du canal de Suez etde faire de la Société internationale des wagons-lits une 50ciété allemande dont le siège ne serait plus à Paris. Avis aux intéressés.
Je lui demande, pour finir :
— Et que faudrait-il à Brême pour prospérer davantage ?
— Le canal du Rhin à l’Elbe transformerait l'économie de la région et même de l’Empire. Ce canal est voté jusqu'à Hanovre. Brême a offert 43 millions de
marks pour aider à l’achever. ‘On nousle doit bien. Brême reçoit plus de mihard de marchandises par mer, l'Allemagne entièreen recoit 6mrhards 864:milhons par an : c'est donc pour un septièmezque Brême figure dans &e total.
— Mais pourquoi ne construit-on pas ce canal, puisque l'Empereur, ‘dit-on, en est partisan ?
— On va le construire. ILest voté: dans huit ansxl sera achevé, et on verra alors ce que Brême est capable de faire. Hambourg a mené une vive opposition, il a peur de voir Brême mordre sur l’'Elbe.. »
Ainsi parla M. Platé.
à C'est à Brême que se trouve run des plus grands moulins à riz d'Europe : le Rickmers Mühlen. Je l'ai visité, à l'extrémité de la ville.
Cette entreprise colossale est bien faite pour donner à réfléchir aux Français. Il ne s’agit pas ici d’un produit allemand ou pour! l’exploïtation duquel l’Allemagne soit mieux placée quenous, tout au contraire. Il s'agit d'une céréale que: tout le:monide peut aer chercher KR où elle: se trouve, particulièrement -en ndo-Chine et au Siam, c’est-à-dire chez nous. Or on m'assure — je souhaite qu'on m'ait trompé — qu'il n'y a rien en France de comparable, comme IMpOTtance, à cette minoterie brêmoise, qui n’estmême pas la plus grande d'Allemagne.
Il passe annuellement dans le Rickmers Mühlen 1 million 1/2 de sacs de riz de 190 kilos‘, qu’on