‹ En AllemagneChapitre 6 sur 294 · KI£L · texte numérisé non relu

KI£L

je sens bien qu’il serait injuste d’appuyer là-dessus.

Dans la soirée, l’hôtel et le Yacht-Club illuminent leurs façades et tous les hublots du Hambourg s’éclairent. Les gens de l'hôtel, assis sur la terrasse, ont les veux dirigés de ce côté. Le long des trottoirs des quais étroits, le peuple se promène, ou s’assied sur les courtes jetées, prend l’air en silence — pas de cris, pas de chants; des marins serrent la taille de leur bonne amie, et chuchotent.

Je vis à Kiel un officier de la marine française, et un attaché naval étranger qui à souvent vu évoluer la flotte allemande. Et de ces deux opinions — la mienne n'aurait que faire ici, — voici ce que J'ai tiré :

— Non, les Allemands, au début de la formation de leur marine, n'étaient pas marins, les officiers affectaient des airs de loups de mer de carton qui faisaient rire. Leurs pieds s’embarrassaient dans les cordages comme s'ils n’avaient jamais quitté la caserne! Aujourd’hui cela a changé. A force d'application, de patience et de travail, les officiers sont devenus d'excellents marins. Sinon pour la grande navigation, du moins pour la guerre d’escadres, ils valent n’importe qui. Ils ont même sür les Français un avantage très grand : leurs officiers sont très jeunes. (En France, la limite d'âge est trop tardive. Il faudrait à la flotte française, comme à la floite allemande, des capitaines de vaisseau de quarante-cinq ans et des amiraux de cinquante.) Ils travaillent énormément; pourtant leur

> A Ai r Zn LC ER 7 » !

sr * DE + }

se.

A IT ie . » w La7 ' L

instruction générale parait pauvre. Selon la méthode des spécialités si en faveur aujourd’hui, ils ne reçoivent que les nolions strictement utiles à leur métier. Au point de vue professionnel, tenus sur le qui-vive par des manœuvres en mer continuelles, leur entraînement est arrivé à son maximum. Une guerre navale serait pour eux une récompense ardemment désirée. Ils savent bien leur flotte inférieure numériquement à Ja flotte anglaise, mais ils connaissent les côtés faibles de cet adversaire, et brûlent de se mesurer avec lui. Je crois cependant qu’ils font bien d'attendre.

« Pourtant, il y aurait des surprises. Rappelezvous l’histoire si proche de la marine russe et de la marine japonaise. Le cas nest pas pareil, certes. Quand même, personne n’eût supposé les Japonais, montés d'hier sur des bateaux de fer, capables d’une telle maitrise.

« La situation des matelots allemands était semhlable à celle de leurs officiers. Peu de marins, en somme, dans leur escadre. On envoyait là des paysans de tous pays. Ils sont peut-être un peu plus lents à se former que ceux qui naviguèrent depuis l'enfance. Mais la forte discipline les dresse au bout d'un temps relativement court. D'ailleurs, le métier de marin exige plus, comme autrefois, des qualités héréditaires. Il ne s’agit plus de manœuvres de voiles, de cordages, de connaissance du vent ni d’ardeur à l’abordage. Un bateau est une immense batterie flottante. Il y faut des officiers sachant manœuvrer, des mécaniciens instruits de leur métier et dociles, et de bons artilleurs habiles à pointer. Cela s’apprend comme tout s’apprend — avec de la discipline, du travail et beaucoup d’exercice,

pl TD brasse 7 nr . y .

po ef

tr LP ? . ent DEA cat à Son D 0: ce À, AE ” " ï ñ ï #

. ‘ À.‘ ”. Î tr: 2 p uà# . si. #

Page 1