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« Là où les qualités des races côtières retrouveront des avantages réels, ce sera dans la guerre des tornlleurs et des sous-marins, qui demande de la har- Hesse et l'humeur aventureuse.
De sorte qu'il ne faut pas vous étonner de voir une allure si balourde aux matelots allemands: elle ne les empêche pas d’obéir aux ordres avec précision et rapidité. Je ne dirai pas qu’en ce moment, ces équipages valent les nôtres. Je ne le crois pas. Mais les ofticiers sont excellents. S'ils ont la décision lente — ce qui est un désavantage vis-à-vis du Français vif et de l'Anglais décidé, — il faut leur reconnaître la qualité de leur défaut : le sang-froid. Reste à savoir — quand on veut comparer la valeur vraie des peuples — si l'esprit de décision est plus utile ou non que Pesprit de réflexion. Cela doit dépendre de la valeur des hommes.
— Comment trouvez-vous la rade?
— La rade est jolie, assurément. Mais 1l en est beaucoup qui la valent. Celle de Brest, par exemple, me paraît plus belle. Le fjord de Kiel s’avance à près de 16 kilomètres à l’intérieur. Sa profondeur varie entre 9 et 18 mètres. Des forts le défendent très bien et les collines qui le bordent labritent contre les vents.
— Et les arsenaux?
— De premier ordre. Outre les établissements Krupp, supérieurement aménagés, puisqu'on peut y construire à la fois cinq cuirassés et quinze torpilleurs, il y a aussi des chantiers de l'État et d’autres chantiers privés, et l’activité y est très grande. Je voudrais voir en France une organisation aussi parfaite.
« Quant au canal, il va être rectifié. Depuis qu'on
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l’a creusé, les dimensions des bateaux ont augmenté. Au lieu de navires de guerre de 13,000 tonnes au maximum, on en voit de 18,000 tonnes en France et en Angleterre, et bientôt les Allemands vont faire de même. Déjà la navigation y est difficile pour les navires un peu longs; car, par économie, le trajet en fut tracé un peu tortueux et le rayon des courbes {rop petit. On refuse tous Les jours le passage à des bateaux de commerce, et le yacht Hambourg, sur lequel l'Empereur fait cette année sa croisière, n’avalt pu y Passer, La largeur du canal va donc être doublée. Une commission de trente ingénieurs, dernièrement envoyée sur les lieux, a estimé à 200 millions de marks (250 millions de francs) le coût des travaux à faire : dédoublement des écluses à l'entrée et à la sortie et augmentation du rayon des courbes sur tous les points utiles pour assurer une navigation plus rapide.
« De même, les bassins des chantiers de construction vont être élargis pour pouvoir recevoir les nouveaux modèles de bateaux.
— Et que pensez-vous, demandai-je, de l’escadre que voici ?
— Je dis qu’elle est très belle et que cela donne beaucoup à réfléchir. Avez-vous vu le Brunswick et ses 43,200 tonnes? Il en existe plusieurs pareils. Nous voyons en face de nous 17 cuirassés, 5 croiseurs cuirassés, des contre-torpilleurs et des torpilleurs de premier ordre, à effectifs complets, hiver comme été. Or, qu’avons-nous, en cas de conflit, comme escadre armée, à mettre en face de l’escadre allemande?
« Dans la Méditerranée, 6 cuirassés et 3 croiseurs à effectifs complets, et 6 cuirassés à effectifs réduits. Dans le Nord, nous avons juste 6 cuirassés à effectifs
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réduits. Et c’est tout. Au total, 21 unités de combat dans les deux mers, vis-à-vis des 20 unités allemandes exercées, entraînées par des temps de chien, prêtes à entrer demain en ligne.
« Mais, en revanche, dans nos ports des navires de réserve pourrissent. Quand on voudra s’en servir, vous verrez.
— Le remède à cela?
__ Décidez vous-même : l'Angleterre a un budget de marine de 950 millions, le nôtre se monte à 390 millions. Celui des Allemands, qui n’ont qu'un bout de côte à défendre, s’élève à 290 millions. ils annoncent qu’ils arriveront bientôt à 425 millions et que, dans diæ ans, is veulent posséder 38 cuirassés de premier rang, 20 croiseurs cuirassés et des éclaireurs d’escadre*.
« Ce jour-là, si nous ne prenons pas des mesures, nous aurons une marine de quatrième ou de cin-
quième ordre. »
1. Le chiffre de nos équipages est de 50,000 hommes, celui des Anglais, de 150,000; celui des Allemands, qui augmente chaque année, de 35 à 40,000.
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Oter son chapeau parait être le geste principal de la polite allemande. — Qu'est-ce que la vraie politesse? — Amabilité générale des Allemands, — Exceptions. — Les Français n'aiment pas beaucoup voir leurs compatriotes à l’étranger. — L'élégance d’un cousin de l'Empereur. — La hbherté.-— Formalités policières. — Les musées et les églises. — Heures de fermeture abusives. — Prix d'entrée exagérés, — L’anarchie dans les heures des repas. — Soyez Parisien | — Invitations économiques. — Les Allemands paraissent moins sensibles que rous devant la mort. — Les cimetières de Büsseldorf, de Gœttingue, de Hambourg, de Dantzig, de Berlin, de Hanovre. — Le repos dominical. — Hiérarchie sociales.
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Manières.
I n'est pas de pays au monde — Ia Russie exceptée — où l’on se découvre aussi facilement qu’en Allemagne. Est-ce là de vraie politesse ? Faut-il féliciter les Allemands de tant de civihté, faut-il les imiter?
Les portemanteaux sont des objets bien plus occupés ici que chez nous. Îl y en a partout. On retire son pardessus et son chapeau avant d'entrer où en entrant dans un endroit clos ; un Allemand ne fera jamais une visite son chapeau à la main : 1l le farssera dans l’anti-