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peut progresser. Les Compagnies de navigation ont fait des progrès énormes, il est vrai, mais le commerce n'a pas prospéré dans la même proportion. Les progrès n'étant pas naturels, doivent s'arrêter. Les affaires s’y transmettent du pére au fils; maisilne se crée plus de maisons nouvelles. On déserte, on émigre à Hambourg.
Etenfin, les Hambourgeois reprochent aux Brémois d’être trop prudents pour leurs capitaux.
Ce n’est donc pas une dispute en l'air, une concurrence passagère, des froissements occasionnels réparables qui séparent les deux cités. C’est un antagonisme réel qui se révèle par des crises brusques, parfois très aiguës, auxquelles, de plus en plus, il devient difficile de donner des solutions rapides et satisfaisantes; le fossé se creuse et, du jour où une volonté impériale, à laquelle on ne saurait rien refuser des deux côtés, aura disparu, on peut compter sur la guerre des tarifs.
On lit au fronton de la Hamburg-America Linie la fière devise : « Mein Feld ist die Welt » (Le Monde est mon champ). C’est un blason féodal et rien n’est plus parvenu, plus bourgeois que l'administration qui S’anobhit ainsi. Le Norddeutscher Lloyd représente la noblesse maritime allemande, la Hambur;- America Linie un groupe de financiers, de trusteurs. Et Hambourg même a bien les deux courants : ceux qui rêvent de grouper sous un même titre toutes les entreprises marilimes, de les fonctionnariser, et ceux qui, pensant qu'il est dangereux de mettre tous les
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œufs dans un même panier, préfèrent respecter dans toutes leurs manifestations l'indépendance et l'esprit d'initiative de chacun. Pour beaucoup, Ballin est le Monstre à l’égal de Bismarck.
La plus grave des querelles date de deux ans; on en profita pour mettre à nu toutes ses blessures, pour étaler tous ses griefs :
Hambourg avait sa ligne régulière, la Kosmos, desservant le Chili, le Pérou, toute la côte orientale du Pacifique jusqu'à San Francisco. La Kosmos s'était rendue insupportable à tout le monde par la brutalité de ses chefs. Et c’est si vrai que des Hambourgeois même (les maisons Fôlsch et Weber pour les nommer) font partie de la Roland de Brême. Brême voulut avoir également sa ligne sur le Chili et le Pérou, et créa la Roland: mais comme l'aliment de la place était insuffisant, Brême résolut d’escaler à Hambourg et aussi à Anvers que dessert également la Âosmos de Hambourg. Ce fut alors un beau bruit. On apprit en effet que, si la Roland Linie de Brême avait à sa tête l'important armateur H. CG. Horn, de Schleswig, dans son conseil d'administration se trouvaient des membres du Norddeutscher Lloyd. Une polémique des plus violentes s’engagea par journaux entre Îes deux villes; un « unparteïischer Hamburger », qui cachait mal un Brêmois, ou peut-être un indépendant, ouvrit le feu dans un journal du pays.
D'autre part, la Hamburg-America, ayant des intérêts dans la Kosmos, voulut se défendre et syndiqua toutes les compagnies de Hambourg. La lutte commença, terrible. Les maisons de commerce elles-
mêmes se mirent de la partie. Ce syndicat avait ra-
massé 46 millions pour la lutte. On envoyait au Ghili
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des Tramp Dampfer, c’est-à-dire de vieux bateaux sacrifiés, où le fret était donné pour rien ou presque rien. Tout à coup elle s'arrêta : l'Empereur était intervenu, les deux adversaires, comme Olivier et Roland, avaient compris une fois de plus linutilité de se combattre. Et ils s’arrangèrent pour espacer leurs voyages sur cette ligne, les organiser successifs au lieu de les faire simultanés et concurrents. Hambourg avait consenti à lusser vivre la Roland qui continue à escaler à Hambourg et à Anvers. Brême avait donc eu satisfaction.
Au cours des pourparlers, PEmpereur fut amené à dire aux Hambourgeoïs un mot sévère — et juste :
— L'Eibe, sachez-le, messieurs, nest pas un fleuve hambo JUrgeOIS, MAIS un fleuve allemand, et la mer est à tout le monde.
Je fis cette remarque :
— Fe dit pourtant que l'Empereur a uue faiblesse pour M. Bailin, qu’il ne fat rien sans le consulter.
— € est exagéré... M. Platé est aussi souvent appelé en consultation par l'Empereur que M. Ballhin.
Brême reproche encore à Hambourg, ou plutôt, le Norddeutscher Lloyd à la Hamburg-Amerika Lanie, de s'être ingérée dans les affaires de La Plata. Une concurrence à mort était engagée entre la Hamburg Südamerikanische D. S. et C. de Freitas et G° sur la ligne du Brésil, Freitas succomba, et, pour mettre fin à la lutte, la Humburg-Amerika Linie acheta sa flotte, continua les services de concert avec la Hamburg
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