‹ En AllemagneChapitre 94 sur 294 · LT) RUE · texte numérisé non relu

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c'est-à-dire sans nom de maison ni indication de lieux (ce qui est presque impossible à trouver en France), les indications de poids, cubages. De plus, certains agents, aidés en cela par leurs représentés, organisent des expositions d'articles, de vrais musées où l’on conduit les acheteurs de passage.

J'ai visité un de ces musées d’alimentation sur la Grosse Burstah.

— Je voudrais voir de tels musées en France, m'avait dit notre consul à Hambourg.

Dans quelques vastes chambres, ornées de palmiers, On à disposé, le plus artistement qu’on a pu, des rayons le long des murs, au milieu de la pièce, des comptoirs, des étagères et des vitrines, et l’on se promène parmi des milliers de bocaux, de boîtes de fer-blanc de toutes formes, de bouteilles, de Caisses, de paniers d’osier, renfermant toutes les conserves imaginables pouvant être vendues outre-mer : beurre d'Isigny, eaux minérales, fromages, bonbons, légumes, farines, lait, marmelade, chocolat, cornichons confits, poissons, provisions pour bateaux, herbes potagères, viandes, gelées de viande, jus de légumes, liqueurs et boissons de tous les pays et cent autres denrées semblables.

— Quel est le but de cette exposition? demandai-je au patron aimable qui me recevait.

— Celui de centraliser en un même lieu les mille produits de l'alimentation. Un exportateur vient à Hambourg acheter des aliments et des boissons destinés à l’Équateur ou à l'Australie. Lui faudrat-il aller acheter son caviar ici, sa morue là, ses sardines ailleurs? visiter vingt, quarante maisons pour être servi? C’est pourtant à cette corvée qu'il

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était réduit avant la fondation de notre musée-magasin. Ici, désormais, il trouvera les milliers de spécialités de cent maisons diverses. Et 1l sera assuré de leur qualité. Vous allez comprendre pourquoi. Il nous a fallu dix ans pour atteindre le résultat que vous voyez. Le problème qui se posait à nous était entier. Aucun prix courant n'existait pouvant nous donner une idée des marchandises exportables. IT a fallu le créer de toutes pièces, puis demander aux fabricants des conditions spéciales de fabrication, car quels sont les produits qu’on peut en toute tranquillité expédier outre-mer, quels sont ceux qui n'offrent pas de garantie de durée? Enfin, quels sont ceux qui plaisent à l'Occident ? quels sont ceux qu mont de chance d’être vendus qu’en Orient? Avant d'avoir fait ces expériences qui, je le répète, demandérent des années, nos envois arrivaient avariés au Ghih ou en Nouvelle-Zélande, aux Antilles ou à Java, et nous nous exposions à perdre nos clients. Quand ces expériences furent faites, 11 nous fallut nous assurer le monopole de la représentation des marques. Nous y sommes arrivés, il ne nous manque que quelques marques françaises de premier ordre, que nous ambitionnons, et les nouveautés, les articles spéciaux que nous sommes à même de répandre partout.

« Nous nous montrons très difficiles dans le choix de nos maisons. Malgré la qualité des marques qui nous sont offertes, nous ne pouvons recommander que celles dont les prix arrivent à lutter, et qui parviennent au client de destination sans être détériorées. Combien de fois nous sommes-nous fâchés pour des questions d'emballage! En général, les Français emballent mal. Et alors ce sont des pertes considé-

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