CHAPITRE X Roosevelt
Ce ne sont pas seulement les différentes confessions religieuses qui se sont mises d'accord pour promouvoir le bien-être moral du soldat; ce sont aussi les divers partis politiques. Nous venons d'entendre, à Madison Square Garden, M. Baker, un des principaux membres du gouvernement démocrate, parler sous les auspices du candidat républicain à la présidence. Partout il en est ainsi, depuis qu'a commencé la campagne conjointe des sept sociétés. Elle a été ouverte, peut-on dire, le 26 octobre, par une lettre très pressante du jeune ministre de la Guerre; et voilà que M. Roosevelt, le grand adversaire du Président, a parlé dans le même sens le 1^^ novembre, à Manhattan Opéra House, devant la Société des « Enfants de la Victoire », les exhortant à recueillir chacun cinq dollars pour la souscription commune. C'a été, du reste, pour lui, l'occasion de déclarations intéressantes et qui méritent d'être conservées :
« La guerre, a-t-il dit, va peut-être s'achever. Après quatre mois de superbe campagne, Foch a acculé les Allemands à la nécessité de se rendre.
Il les a mis à genoux. Sans doute, j'aurais aimé les voir refoulés jusqu'à Cologne avant de se rendre; mais ils sont obligés de céder tout de suite... Il n'en serait pas moins fâcheux de détendre notre effort. Nous attendons de nos soldats qu'ils combattent jusqu'à la soumission complète de l'ennemi; nous devons de même, nous, les non combattants, continuer notre tâche, continuer notre devoir jusqu'à la démobilisation. » Il a^ en terminant, soulevé l'enthousiasme de l'auditoire par ce bel éloge des soldats alliés et américains : « Sans nos alliés, nous aurions été piétines par les hommes au casque pointu; ce sont leurs vaillants soldats qui, au prix de leur sang, nous ont donné le temps de nous préparer. Mais, non moins qu'à eux, je veux rendre justice à nos braves; ils ont, cet été, combattu aussi glorieusement que les plus fières troupes. Je n'ai pas craint de blâmer mon pays quand j'ai cru qu'il le méritait; je suis trop heureux de le louer quand il en est digne. »
Après l'ex-Président, on entendit son fils, le capitaine Archie Roosevelt, raconter les hauts faits de son escadrille et M. Rockfeller parler des exploits accomplis dans l'histoire par les tout jeunes gens. Des hymnes patriotiques terminèrent la séance, exécutés par la fanfare catholique dite « de protection » et par l'orphéon d'une école communale.
M. Roosevelt, dont l'active personnalité n'a jamais cessé d'occuper l'opinion publique, est plus que jamais en vue depuis quelques jours, — à moins que ce ne soit moi-même, par suite des circonstances et, sans m'en douter, qui prête plus d'attention à ses gestes et à ses paroles. Xe discours que je viens de citer et qui est du 1er novembre, reste étranger à la politique. Il n'en est pas de même de celui qu'il a prononcé le 28 octobre, à Carnegie Hall, devant une salle comble à l'intérieur et assiégée, au dehors, par des milliers de citoyens qui voulaient l'entendre. Il n'a ménagé le Président ni pour sa façon de conduire la guerre, ni pour sa récente tentative de « l'exploiter dans un intérêt de parti. » M. Roosevelt ne veut de paix qu'après la « reddition inconditionnelle » de l'Allemagne et de ses alliés. La bonne paix, suivant lui, est celle que l'on gagnera par une victoire complète, « à l'aide de mitrailleuses et non de machines à écrire. » Une ironie que lui suggère cette dernière idée obtient grand succès : « On a dit que vendredi soir M. Wilson, faisant le compte de ses échanges de notes avec l'Allemagne, s'aperçut que celle-ci était en retard d'une. Pour lui donner le temps de se mettre au point, il résolut d'adresser sa prochaine note au peuple des Etats- Unis. »
La bataille est ardente et semble viser plus loin
que cet enjeu, pourtant notable, des prochaines élections : un déplacement possible de majorité aux deux Chambres du Congrès. Il s'agit, à en croire la polémique, des prérogatives du Président et de celles du peuple. Si violemment qu'on l'attaque, l'intervention de M. Wilson trouve des défenseurs. L'un des plus importants est M. James W. Gérard, l'ancien ambassadeur à Berlin. Dans une déclaration publiée le l^'" novembre, il a nettement approuvé l'appel du Président aux électeurs et fait le plus grand éloge de sa diplomatie, lui attribuant la reddition des Bulgares et des Turcs, la dissolution de l'Autriche, la capitulation prochaine de l'Allemagne. Les peuples sont avec lui, assure-t-il, dans toutes les démocraties; ils approuvent sa conduite de la guerre et sa politique. C'est aux Américains de dire par leur vote si le Président peut s'appuyer sur eux pour « continuer à guider le monde «. L'expression, pour ambitieuse qu'elle paraisse, n'en est pas moins textuelle : the continuation of his world leadership.
En face de cette déclaration, la même journée du l^r novembre en a vu paraître une autre plus importante encore, mais de sens contraire et signée de deux noms qu'on n'était plus habitué à voir réunis : les noms de Taft et de Roosevelt. Les journaux nous apprennent que, pour composer ce manifeste, les deux ex-Présidents s'étaient
donné rendez-vous à la bibliothèque de V Union League et avaient repris d'emblée leur ton amical d'autrefois : « Cela nous rappelle le bon vieux temps, n'est-ce pas, Théodore? — Certainement, mon cher Will. » Et, tandis qu'ils attendaient, après avoir ensemble rédigé leur note, qu'on eût fini de la dactylographier, ils s'étaient raconté des anecdotes familières. A en croire le président du Comité national républicain, « cet appel conjoint de deux ex-Présidents pour conjurer les électeurs de sauver le gouvernement populaire en Amérique et d'élire leurs représentants sans se laisser dicter de choix par l'Exécutif, fera date, non seulement dans l'histoire des Etats- Unis, mais dans l'histoire du monde. »
Les deux signataires adjurent, en effet, «tous les Américains qui sont Américains d'abord », d'élire un Congrès de républicains. Il le faut, disent -ils en résumé, pour tenir en échec le pouvoir d'vm seul, et pour empêcher une volonté absolutiste d'agir uniquement à son gré, soit dans la rédaction du traité de paix, soit dans l'œuvre de reconstitution qui doit suivre la guerre; il le faut, de plus, si l'on veut qu'il y ait un pouvoir constitutionnel indépendant du Président Wilson et capable de demander des comptes à l'administration sur la masse énorme de milliards qui ont été dépensés dans la guerre.
Le manifeste s'exprime, néanmoins, en un
langage calme et précis qui ne lui donne que plus de portée. Mais dans les réunions publiques le ton se hausse jusqu'à l'invective. M. Taft lui-même, l'homme pondéré par excellence, déclarera, à Boston, que le Président cherche à obtenir, pour les deux années qui viennent, un pouvoir semblable à celui des plus absolus monarques d'Europe. Parlant à Portsmouth, New-Hampshire, il ira plus loin encore; il l'accusera de méconnaître à fond l'esprit de la constitution américaine et de vouloir, dans les questions de paix et de guerre, gouverner à la façon des
Hohenzollern.
Invité par M. Roosevelt à déjeuner avec lui au Harvard Club le 2 novembre, je suis préparé par ces polémiques à l'entendre parler de M. Wilson sans beaucoup de douceur. La douceur, du reste, n'est pas le caractère dominant de sa dialectique; il pense toujours vigoureusement et il parle toujours comme il pense. Le manifeste qu'il a rédigé avec M. Taft a paru hier, et les journaux de ce matin publient une lettre qu'il vient d'adresser au sénateur sortant du Nouveau- Mexique, Albert B. Fall, dont le concurrent socialiste a reçu du Président Wilson lui-même une lettre officielle de recommandation. Roosevelt se montre indigné : « Aucun membre du
Parlement, écrit-il à M. Fall, n'a déployé plus de patriotisme que vous durant les cinq dernières années et vous êtes resté digne du temps où vous portiez l'uniforme dans la guerre contre l'Espagne. Vous avez voté toutes les mesures de guerre demandées par le Président, alors que la moitié des chefs de son parti votaient contre... Cela n'empêche pas le Président de perdre le sentiment de la responsabilité qui, de par ses hautes fonctions, le lie envers la nation entière; cela ne l'empêche pas de se conduire en simple chef de parti et de lutter personnellement contre des membres du Congrès qui, après s'être montrés les plus loyaux des Américains dans toutes les questions de guerre, ont la juste prétention de voir clair dans la corruption, dans le temps perdu et les dépenses inutiles. Je ne veux pas douter que l'excellente population du Nouveau-Mexique vous renvoie au Sénat d'un vote pratiquement unanime. » J'ai lu cette lettre en venant au club et j'en reconnaîtrai facilement, sinon les termes exacts, au moins les sentiments, dans plus d'une phrase de mon hôte.
L'ex-Président a serré nombre de mains en se rendant à la petite table où nous prenons place à quatre ; il a aussi invité un de ses amis politiques et un Anglais de passage à New-York. En me présentant à eux, il leur dit, avec un franc rire, que je l'ai naguère complimenté dans un livre
de la chose la plus naturelle du monde : d'avoir, comme chef d'Etat, souvent rappelé nos devoirs envers Dieu et insisté sur l'obligation d'en faciliter à tous l'accomplissement libre.
Des souvenirs personnels sont ensuite échangés. M. Roosevelt me parle de sa fille et de son gendre, le docteur et M^^ Derby, qui ont soigné, plusieurs mois, nos blessés à l'ambulance de Neuilly; de nos amis communs : M. Maurice Egan, professeur à l'Université catholique de Washington, qu'il envoya comme ministre à Copenhague; le cher M. Me Bec, éditeur du Constructive Quarterly, périodique impartial où les différentes confessions chrétiennes font connaître, sans polémique, chacune leurs points de vue; le regretté Père Staff ord, curé de Saint- Patrick à Washington, qui m'introduisit naguère à la Maison-Blanche.
Peu à peu la conversation devient générale et effleure maints aspects de la vie française, anglaise ou américaine. La politique y réapparaît à tous les détours : celle des Etats-Unis, où l'ex-Président relève maintes erreurs de son successeur actuel ; celle de l'Europe, où il le blâme surtout de n'être pas intervenu plus tôt. J'en profite, connaissant l'influence qu'il a gardée sur l'opinion de ses concitoyens, pour parler, avec le plus de précision possible, des
réparations dues pour dommages de guerre, et des preuves que l'Alsace-Lorraine a données de sa fidélité à l'ancienne patrie.
Mais ce n'est pas devant M. Roosevelt qu'il est nécessaire de plaider la cause de la France. Il lui en a trop coûté, comme il le déclare avec un reste de colère, de n'avoir pu venir la défendre en personne. « M. Wilson, du moins, n'a pu m'empêcher, ajoute-t-il, de vous donner mes quatre fils. » Et la voix énergique s'attendrit un moment, à la pensée de celui qui est tombé pour notre cause. « Je n'ai pas l'intention, dit-il, de ramener Quentin; je pense que nos héros doivent rester sur leurs champs de bataille. Mais nous irons, sa mère et moi, prier sur sa tombe. »
La mère est venue seule! Le 6 janvier dernier, à quatre heures du matin, Théodore Roosevelt, le plus actif des actifs Américains, succombait à une embolie, tranquillement, durant son sommeil. Rien ne faisait, deux mois plus tôt, prévoir une telle catastrophe. Le Roosevelt que j*avais devant moi était bien encore l'homme de la « Vie Intense ». Si, depuis que je l'avais vu à la Maison-Blanche, l'expression de son regard et de toute sa physionomie avait perdu un peu de son éclat conquérant, largement elle le compen-
sait par plus de profondeur, et la séduction demeurait la même. On pouvait deviner dans l'âme la trace de certains déboires et de certains deuils; mais on n'aurait pas cru les sources de la vie physique aussi près de se tarir. Ce n'est qu'en retrouvant, il y a quelques semaines, sa lettre d'invitation et en la comparant à des lettres antérieures, que j'ai vu jusqu'à quel degré ses forces étaient minées. Il y a loin de cette écriture presque mince et tremblée à la si ferme écriture d'antan; seuls y demeurent pareils les traits qui manifestent jusqu'à l'évidence l'idéalisme et la droiture.
Roosevelt a pu avoir des ennemis de sa politique; il n'en a pas eu de sa personne. On ne l'approchait guère sans l'aimer; et ceux que ses opinions ou certains actes trop précipités éloignaient de lui, s'accordaient à le respecter. La subite nouvelle de sa mort frappa le peuple des Etats-Unis d'une douleur vraiment nationale. Aux Capitules de la ville fédérale et de chaque Etat, sur les monuments publics de toutes les cités, les drapeaux furent mis en berne, et je remarquai avec émotion qu'on avait fait de même à notre ambulance de Neuilly; les séances des Parlements et des municipalités furent levées en signe de deuil; les personnages officiels et les chefs de tous les partis témoignèrent leurs profonds regrets. Notre Pré-
sident et notre ambassadeur exprimèrent dignement les sentiments de notre pays : « Tout le cœur de la France sympathise avec la douleur de ]\jme Roosevclt, déclara M. Poincaré. Ami de la France, ami de la liberté, Roosevclt a donné pour elle, sans compter, tout ce qu'il possédait, ses fils, sa fille, son énergique dévouement. »
Les éloges furent, en Amérique, touchants d'unanimité : ardents et désolés, chez ceux qui toujours s'étaient montrés ses amis; sincères et comme mélangés de confusion, chez ceux qui s'étonnaient d'avoir été de ses adversaires. Mais le degré d'admiration était le même chez tous ; et pareils aussi, les motifs de la louange. On s'inclinait principalement devant la richesse de ses aptitudes, la simplicité de sa vie, la franchise de son caractère, l'ardeur communicative de son américanisme :
« Jamais, déclarait dans un manifeste, le jour même de sa mort, la municipalité de New- York, jamais il n'a vécu d'Américain plus énergique ni plus loyal. Epoux et père dévoué, écrivain de talent, explorateur et homme de science, soldat plein de courage, grand homme d'État au service du bien public, il a été vraiment l'Américain typique de son temps. Passionnément dévoué aux intérêts et à l'idéal de son pays comme au soulagement de toutes les misères, il restera
dans l'histoire un des bienfaiteurs de l'humanité. »
On insistait sur son esprit démocratique; on rappelait que, s'il y a en Amérique une aristocratie, il avait le droit de s'en réclamer, par son éducation, sa fortune, l'ancienneté de sa famille, et que, pourtant, nul ne se montrait plus opposé à la prétention dans ses idées ou au faste dans son existence, nul ne savait mieux que lui se contenter du confort minimum jusque dans ses repas et sa façon de s'habiller, plus rapproché en tout du pionnier que du grand bourgeois.
Ce que personne ne manquait de louer, c'était l'absolue droiture de son langage et de sa conduite. Peu d'appréciations le caractérisent mieux que celle qu'a portée sur lui le directeur deV Extension Catholique, Mgr Kelly, quand il a dit qu'il était sans énigmes et transparent pour tout le inonde : he was no enigma, everyhody understood him. « Dans neuf cas sur dix, il avait raison; dans le dixième, il était de bonne foi m, dit encore de lui le même écrivain, bon juge en fait d'hommes d'action et d'hommes de pensée. La règle de vie que recommandait Roosevelt, et qu'il a pratiquée lui-même, pourrait se réduire à ces deuxjnaximes, certes peu compliquées, mais dignes d'un chrétien comme lui : « Si c'est vrai, dites-le; si c'est bon, faites-le. » Rien de plus conforme à cette
belle loi de Jésus-Christ : Est, est; non, non. Roosevelt a réuni des essais sous le titre à^ American Ideals. La même formule résumerait sa vie : « L'Américain tel qu'il doit et qu'il voudrait être », voilà, aussi bien, la note dominante des jugements prononcés sur lui. Et c'est pour cela qu'on apporte tant de soin à recueillir ses suprêmes conseils. Les revues d'éducation donnent à nouveau les articles et discours qu'il adressait à la jeunesse et qu'elle accueillait avec enthousiasme, habituée qu'elle était à fixer ses regards sur lui comme sur un modèle de patriotisme, de courage et de confiance dans la vie. Tous les journaux reproduisent ce qu'ils appellent son message posthume, un article prêt à paraître dans le Metropolitan Magazine et contenant son avis sur les solutions que devra donner à certains problèmes d'après-guerre le Congrès récemment renouvelé : dans la question ouvrière, journée de huit heures, représentation professionnelle, salaires au niveau de la cherté de vie; dans la question féminine, droit de suffrage à toutes comme à tous; dans la question des immigrants, exclusion plus sévère des indésirables, éducation plus rapide des admis, éviction absolue c^e toute espèce de bolchevicks, « gent aussi nuisible à elle-même qu'aux autres et capable seulement d'augmenter la misère, le mécontentement, l'anarchie. »
Ainsi, au lendemain de sa mort, apparaît dans tout son éclat et s'accroît encore l'influence qu'il n'a cessé d'exercer sur ses compatriotes, en l'absence même de tout mandat politique et quoique traité en adversaire par le monde officiel. Redevenu simple citoyen, il était resté l'homme le plus en vue des Etats-Unis. C'est qu'on le savait Américain à fond : défenseur convaincu des mêmes droits pour tous sans distinction d'origine, de religion, ni de caste; toujours le premier à saisir d'instinct ce qui se passait dans l'esprit et le cœur du peuple ; sans cesse en vibration lui-même pour recevoir et pour exprimer ce qui touchait à l'honneur ou à l'intérêt national. Son âme ne faisait, pour ainsi dire, qu'un avec l'âme de la patrie; et il pouvait lui servir, il lui servait souvent, de conscience morale.
Son attitude au temps de la guerre le fait assez voir. Il est des premiers, ou presque, à comprendre le devoir qui incombe aux Etats-Unis d'y prendre part pour la défense de la liberté, de la démocratie, en péril immédiat dans tout le vieux monde, en péril, pour l'avenir, dans le Nouveau-Monde luimême. Et parce qu'entre la vision et l'accomplissement d'un devoir, il ne sait pas mettre d'intervalle, aussitôt il se donne, avec une ardeur sans répit, mais non moins par l'exemple que par la
parole, à la tâche d'entraîner son peuple où Dieu veut qu'il soit.
Le zèle épuisant qu'il a déployé dans la grande croisade et les sacrifices personnels qu'il y a consentis auront contribué à hâter sa fin. Si ce noble cœur s'est soudain arrêté de battre, c'est pour avoir battu avec trop de violence devant les risques effrayants des causes les plus saintes, devant les maux que souffrait le monde, devant l'héroïsme et devant les dangers de la France qu'il aimait, devant les craintes de la défaite et l'émotion de la victoire, devant l'incertitude du sort de ses fils, devant les nouvelles qui lui annonçaient que sur les quatre deux étaient grièvement blessés et un autre était mort... Pas plus en France qu'en Amérique la mémoire de Roosevelt ne saurait périr.