SPRINGFIELD. — WESTFIELD. — NEW-HAVEN. GREAT NECK
Cette idée n'est, en Amérique, le monopole d'aucune espèce d'enseignement. A l'exception, que je suppose durable, des écoles militaires et navales, tous les ordres d'instruction sont accessibles aux jeunes filles. Une heure après que j'ai fait au savant et aimable collège de Smith des adieux rapides, l'automobile me met à Springfield, où je dois rencontrer à l'École de commerce une trentaine de jeunes filles, — de jeunes filles, qui plus est, françaises. La ville de Springfield, une des plus éclairées de l'Etat très éclairé de Massachusetts, voulut, au printemps dernier, offrir l'enseignement gratuit de son École de commerce à cent jeunes Françaises et elle envoya un comité chez nous pour les recruter. Le comité en trouva trente-trois, et c'était beaucoup, dont les parents ne s'effrayèrent pas d'une telle aventure; je ne serais même pas étonné qu'un certain nombre fussent des orphelines. Elles ne furent
pas à plaindre. Les familles de Springfield, par amour de la France, se disputèrent le plaisir de les recevoir sous leur toit et eurent vite fait de rassurer celles qui, tout de même, avaient un peu peur de la grande Amérique. La grande Amérique, sous les traits fort civils de la New-England, les entoura de si délicates prévenances, leur donna tant de sécurité, leur laissa tant de liberté, qu'elles en vinrent très vite à l'épanouissement, à l'énergique et confiant optimisme, qui caractérisent d'ordinaire la jeunesse des Etats- Unis. Et comme d'autre part, rien ne leur manquait de la vivacité française, elles se montraient déjà capables, au moment de ma visite, deux mois après leur arrivée, de suivre les mêmes études que leurs compagnes et compagnons américains. Lorsque M. Ellis, le président de l'École, m'eut conduit au milieu d'elles et que suivant le conseil qu'il venait de me donner, je leur rappelai le devoir, d'abord de faire honneur devant l'étranger à toutes les traditions de notre pays, ensuite de mettre à profit ce qu'elles pouvaient trouver d'excellent aux États-Unis pour leur formation morale et professionnelle, j'eus l'impression que mes paroles tombaient sur un terrain des mieux préparés, et je ne mets pas en doute que ces vaillantes enfants sauront profiter de leur chance pour développer en elles, sans nuire aux dons précieux de notre vieille
race, les qualités les plus actives de la jeune et hardie nation qui les a invitées.
L'hôte complaisant qui de Westfield m'avait mené hier à Northampton et qui est venu m'y reprendre ce matin (en Amérique on ne fait pas les choses a moitié), m'emmène, après la causerie de l'École de commerce, déjeuner dans un restaurant de Springfield avec un de ses amis, homme d'affaires et homme politique d'une pénétration, d'un bon sens et en même temps d'une érudition comme j'en ai rarement vus. Springfield passe, du reste, pour être un des centres les plus influents de la pensée américaine, et les opinions de son principal quotidien, le Springfield Republican, sont prises en considération dans tout le pays.
Nous parlons surtout du projet de M. Wilson de représenter lui-même l'Amérique à la Conférence de la Paix. Sa résolution de se rendre à Paris, qu'il a fait connaître depuis huit jours, est devenue le sujet des plus vifs débats, et il semble qu'elle rencontre plus d'adversaires que de partisans. Même chez ces derniers, il est rare que l'approbation soit ardente et qu'ils aillent jusqu'à louer le Président de vouloir juger sans intermédiaire les grandes questions qui vont s'agiter; la plupart se contentent de dire qu'il est mieux placé que le public pour apprécier dans quelle mesure la gravité des circonstances lui impose
une telle décision. Mais en Amérique aussi, réplique-t-on, les circonstances sont graves, et il n'est pas admissible que le Président abandonne les devoirs de sa charge dans une période si critique de l'histoire nationale, alors qu'il y a tant à faire pour reconstituer et remettre en marche les rouages de la vie publique.
Depuis surtout qu'on sait qu'il ne s'agit plus seulement, comme on l'avait cru d'abord, d'une absence de trois ou quatre semaines, mais d'un séjour qui se prolongera tant que n'aura pas abouti, en majeure partie au moins, l'œuvre de la Conférence, l'opposition n'a cessé de grandir et elle revêt maintenant, dans certaine presse et dans certains cercles politiques, au Sénat en particulier, une forme qui ne laisse pas d'être assez violente. Quelques légistes vont jusqu'à soutenir qu'en quittant les Etats-Unis, non seulement M. Wilson offensera toutes les traditions, mais il perdra sa qualité de Président, d'après la loi de 1790 disant « que le siège du gouvernement des États-Unis est transféré à Washington, que tous les offices du gouvernement doivent y être établis et qu'ils ne pourront plus s'exercer ailleurs. »
La discussion prend même, quelquefois, un caractère personnel et blessant. M. Wilson, soutient-on, est le Président des Etats-Unis et non pas du monde. S'il ne s'agit que de la liberté des mers,
l'Amérique ne manque pas de spécialistes aussi qualifiés que lui pour en défendre le principe; s'il s'agit de la Ligue des Nations, il peut envoyer, pour la promouvoir, des hommes comme l'ex- Président Taft ou Lawrence Lowell, qui en sont des partisans convaincus. Mais, si la question est de s'imposer comme chef et de diriger en maître les négociations, c'est un rôle que ne sauraient décemment assumer les Américains, à côté de pays qui ont fait plus qu'eux dans la guerre, comme la France, l'Angleterre, l'Italie : « Non, non, conclut le Boston Herald du 22 novembre que j'ai sous les yeux, il ne nous sied pas de rechercher des honneurs nationaux ou individuels. M. Wilson doit rester chez lui. Il y trouvera bien assez à faire sans ambitionner un pouvoir international. »
Voilà, je pense, un avis qui trouvera un jour des approbateurs en Europe, où nombreux se rencontreront ceux qui, après avoir d'abord ardemment souhaité la venue du Président américain, la regretteront plus vivement encore. Il n'est pas sûr qu'ils auront raison. S'il leur semble que M. Wilson, se trouvant sur place et en contact personnel avec les représentants des divers droits ou intérêts, n'a pas su bien comprendre (c'est-à-dire voir sous le même angle qu'eux), les questions trop complexes qui se pressaient devant la Conférence, croient-ils en
vérité qu'il les eût comprises mieux en demeurant à Washington ou qu'il en eût, de plus loin, davantage activé la marche? Quant à penser qu'il s'en serait remis passivement aux décisions de ses envoyés et qu'il n'eût pas tenu à juger de toutes choses par lui-même, c'est simplement — qu'on y voie éloge ou blâme, peu importe, — le supposer tout autre qu'il n'est.
Mes compagnons du déjeuner de Springfield, désapprouvent, eux aussi, le voyage du Président. Républicains convaincus, ils soutiennent que la majorité du pays est avec eux comme elle vient encore de le prouver au renouvellement du Congrès, et que M. Wilson, avec ses démocrates, ne représente qu'une partie des États-Unis, la moins nombreuse, la moins éclairée, celle qui tient le moins de place dans la vie nationale et dans les affaires. Je pourrai, me conseillent-ils, faire savoir en France, que, si l'on est amené dans les discussions à contredire M. Wilson, il ne faudra pas nécessairement se croire, pour cela, en opposition avec l'Amérique. C'était là, une opinion grave; lorsque j'eus l'occasion, simple témoin qui raconte et ne juge pas, d'en parler avec des représentants assez qualifiés de l'Angleterre et de la France, ils me répondirent que cela pouvait être vrai de M. Wilson à la Maison-Blanche sans être vrai également de M. Wilson en Europe. Et peut-être ils n'avaient pas tort.
Après une visite qui me fait admirer, au Palais (le justice, à l'Hôtel de ville, à un club privé, de véritables merveilles de richesse et de bon goût, je rentre à Westfield, dans la jolie ferme- villa de mes amis. Ils ont exigé fort aimablement que je reste jusqu'à demain pour le repas familial du « jour d'action de grâces ». Le Thanksgîving Day, célébré, comme on le sait, tous les ans au mois de novembre en souvenir des premiers pèlerins que la May Flower amena en 1620 sur les côtes du Massachusetts, n'est pas seulement une solennité publique, une occasion de cérémonies religieuses et de réjouissances civiles; elle est dans chaque famille une fête intime pour laquelle on se réunit, quelquefois de très loin, et par là elle resserre les liens privés tout autant que, par les démonstrations collectives du dehors, elle favorise le patriotisme. C'est vraiment le plus beau jour de la vie nationale. Pour qu'il ne risque pas de verser peu à peu dans la banalité des simples usages, chaque année le Président indique, dans un message adapté aux besoins du moment, les raisons spéciales qui invitent le pays à remercier Dieu et à lui demander assistance. Avec les sacrifices tout récents de la guerre, avec les joies actuelles de l'armistice, avec l'élaboration prochaine de la paix, la matière, cette fois, était particulièrement riche. M. Wilson ne se montra pas inférieur à la circonstance. Je me reproche-
rais de ne pas citer intégralement les termes de son message :
{( C'est depuis longtemps notre coutume, chaque année à l'automne, de nous tourner vers Dieu Tout- Puissant, pour le louer et le remercier de ses bénédictions et miséricordes sur nous comme nation. Cette année nous avons une raison spéciale d'être reconnaissants et de nous réjouir. D eu nous a, dans son bon plaisir, accordé la paix. Elle n'est pas venue simplement nous libérer de l'effort et de la tragédie de la guerre; elle est venue comme un grand triomphe du droit. Une victoire complète nous a apporté, non seulement la paix, mais de plus la confiante promesse d'une ère nouvelle où la justice remplacera la force et la jalouse intrigue entre les nations.
« Nos vaillantes armées ont pris part à un triomphe que ne gâte ni ne tache aucun but d'agression égoïste. Elles ont, dans une juste cause, gagné une gloire immortelle et elles ont noblement servi la nation en servant l'humanité. Dieu s'est, en vérité, montré bon et gracieux. Nous avons sujet de nous réjouir, d'une joie qui ravive et fortifie en nous les meilleures traditions de notre histoire nationale. Un nouveau jour brille autour de nous, dans lequel nos cœurs j.uisent un courage nouveau et nous pouvons regarder en avant avec une nouvelle espérance vers de nouveaux et plus grands devoirs.
Tout en rendant grâces pour les biens, n'oublions pas de demander à Dieu qu'il nous guide dans l'accomplissement des devoirs et qu'il nous pardonne toutes nos erreurs d'action ou d'intention; prions-le qu'il nous aide à consolider par tout ce que nous ferons le foiid d'amitié et de mutuel respect sur lequel
nous contribuerons à construire le nouvel édifice de paix et de bonne volonté parmi les nations.
C'est pourquoi, moi, Woodrow Wilson, Président des États-Unis d'Amérique, fixe par ces présentes le jeudi 28 novembre prochain, comme un jour d'actions de grâces et de prière, et invite le peuple dans tout le pays à s'abstenir ce jour-là de ses occupations et, dans les maisons et lieux de culte, à rendre grâces à Dieu le Maître des nations.
Il ne faudrait pas voir là, uniquement, le témoignage des sentiments personnels de M. Wilson. Des vingt-sept Présidents qui ont succédé à Washington depuis 1797, un seul, Jefferson (1801- 1809) a manqué à cette tradition. Tous les autres ont, chaque année, à la fin de novembre, officiellement exhorté le peuple américain à remercier Dieu de ses bienfaits et à lui demander la continuation de son assistance. Ce qu'on sait peut-être moins et que j'ignorais moi-même jusqu'à cette année, c'est que les gouverneurs d'Etats publient, eux aussi, des proclamations analogues. Des amis de New-Haven étant venus me chercher à Westfield l'après-midi même du Thanksgiving Day, nous traversâmes en automobile la capitale du Connecticut, Hartford. Un journal hebdomadaire de cette ville, le Catholic Transcript, donnait en entier la proclamation du gouverneur de cet État. La voici, mot pour mot, avec ses nobles sentiments et son style imagé :
« Rarement, si même jamais dans toute la longue histoire de cette République, il s'est présenté un temps où l'on ait dû se répandre en aussi profondes et sincères actions de grâces devant le Dieu des nations. C'est lui dont la main a couronné de la victoire notre juste cause; mais, par un don plus précieux que la victoire matérielle, c'est lui qui a soufflé dans l'âme des hommes l'esprit sans lequel notre triomphe ne serait qu'une lueur fugitive sur les cendres de la défaite ; lui qui a fait briller devant nos nouveaux croisés, pour les guider dans les ténèbres de la bataille, le Signe de sa Croix, et qui leur a fait entendre, sous les grondements du canon, la discrète voix de son appel; lui qui a fortifié les cœurs de ceux qui pleurent leurs bien-aimés pour jamais étendus sous le sol de France déchiré par les obus, et leur a fait comprendre que tous les gains de la vie sont hors de proportion avec la richesse d'une telle mort; lui qui a donné à notre peuple une si belle vision du droit, de l'honneur et de la justice, une disposition si généreuse à agir et à supporter, que nul autre âge n'avait jamais rien vu de comparable.
« Telles sont les choses principales qui mettent une flamme à nos pensées. Mais des actions de grâces sonneraient creux si, bonnes pour hier et pour aujourd'hui, elles ne contenaient aucune promesse pour demain. Je voudrais qu'une vague
de joie triomphante se déroulât sur tout le pays en ce vingt-huitième jour de novembre qu'en conformité avec la vieille coutume, je désigne comme jour d'actions de grâces. Mais sous ce péan de gloire je voudrais aussi que l'on entendît un secret accent de promesse, dont la note dominante serait une résolution invincible, qu'en ces lendemains où tout va changer, et au souvenir des sombres jours qui viennent de finir, nous saurons clairement discerner la voie de la justice pour tous les hommes et tous les peuples, nous saurons employer notre force à aider les faibles et à guérir les blessures profondes de la guerre avec le baume d'une sympathie agissante. En vérité c'est la seule manière pour nous de montrer un digne dévouement à ceux qui sont morts et à ceux qui, vivants, succombent encore sous le poids de la souffrance ; c'est le seul moyen de nous assurer paix, sauvegarde et bonheur. »
D'amis en amis, j'approche toujours de New- York et de la fin de mon voyage. Peu de chose il m'en reste à dire, non pas que j'aie conscience d'y avoir été moins actif, mais parce que, au contraire, j'y agissais, ou, si l'on veut, j'y parlais en des conditions trop semblables, pour être
racontées, à celles que le lecteur doit maintenant connaître.
Décrirai- je, par exemple, mon séjour à New- Haven? Dans un amphithéâtre de Yale et sous le patronage de la Croix-Rouge, je traitai la question d'Alsace-Lorraine, et ma conférence, sauf l'introduction et les derniers mots, répéta à peu près celle de Smith Collège. Je visitai une fois de plus des religieuses venues malgré elles de France et doucement consolées de m'entendre dire que plus de tolérance nous resterait de nos souffrances communes. Mes amis invitèrent un soir ceux de leurs concitoyens qu'ils savaient les plus dévoués à notre cause et aussi, sur ma demande, des Français qui m'avaient parlé au sortir de la conférence, notamment deux jeunes blessés qui aidaient, et très bien, à l'instruction militaire des étudiants de Yale. Le directeur du Catholic Transcript, un prêtre fort intelligent, m'interrogea, pour son journal, sur mes impressions d'Amérique, sur l'objet de notre mission auprès du grand cardinal, sur notre visite au président Wilson et sur ce que j'augurais de son voyage en France, en dernier lieu, comme toujours, sur la politique religieuse de notre pays et sur les changements qu'on y pouvait espérer de la guerre.
Une réunion originale, celle-là, et vraiment émouvante, fut celle des pères de famille qui avaient des fils combattant en France. Exempte
de tout convenu, elle ressemblait, malgré les quelques centaines d'assistants, à un rendez-vous d'amis et elle était, familièrement mais très dignement, présidée par un homme du peuple dont le fils venait d'être tué sur nos champs de bataille. Sa façon de me présenter à l'assistance me toucha plus que des compliments académiques; et, si ma causerie manqua, elle aussi, de solennité, elle refléta, du moins, une émotion sincère, et je me sentis en contact profond avec l'auditoire. Quelle attention et quelle sympathie, lorsque je leur parlais du courage et de la bonne humeur, de la piété aussi, que témoignaient leurs enfants soignés dans notre ambulance! Quelle franchise et simplicité dans les compliments mêmes que nous échangions! S'ils me disaient que nos soldats avaient été les maîtres des leurs, je leur répondais que ceux-ci s'étaient montrés bons disciples; et quand je leur rappelais que les Allemands avaient pu en maints endroits, à Château-Thierry en particulier où s'étaient illustrés les régiments du Connecticut, s'apercevoir que les Américains étaient là, dont on leur avait toujours affirmé qu'ils ne pourraient pas venir, ils me répétaient, en termes textuels ou équivalents, ce que j'avais eu plusieurs fois la joie et l'orgueil d'entendre dans nos salles d'Américains à Neuilly : « Oui, nous étions là, ces derniers six mois; mais la France, elle, y était depuis
quatre ans. » — Avant et après moi deux autres orateurs, le maire de la ville et mon hôte le juge Eidward P. O'Meara, parlèrent, certes, beaucoup mieux que je ne l'avais fait; mais, n'ayant pas pris de notes ni gardé de comptes-rendus, j'ai la honte de me rappeler moins bien ce qu'ils dirent. Je sais seulement que le premier présenta avec une éloquence de tribun, et le second appuya d'arguments aussi émouvants que solides, le projet d'élever aux morts de la guerre, dans New- Haven même, un monument digne d'eux et de leur cause, la plus grande de l'histoire; digne aussi de la généreuse ville qui, à tous les appels des dernières années, emprunts ou œuvres de guerre, avait su répondre en dépassant du premier coup les sommes auxquelles on l'avait taxée.
C'eût été là ma dernière causerie si, la veille même du départ, 5 décembre, mon bateau ayant eu du retard, des amis n'avaient, en moins de vingt-quatre heures, organisé à Great Neck, Long Island, dans un local de la Croix-Rouge, une réunion largement intime où je pus montrer une fois encore combien nos blessés sont dignes, Français et Américains, de la généreuse sympathie dont on les entoure. Et, en terminant, je fis mes adieux. Mes adieux à qui? Au pays? aux personnes? Je ne savais plus le distinguer; tout se confondait en un sentiment profond d'amitié, de reconnaissance patriotique et indi-
viduelle pour les accueils reçus, pour les preuves d'attachement prodiguées à la France et à nousmêmes. Jamais je n'ai mieux senti la force ni la douceur des amitiés américaines. Nées, la plupart, très rapidement et d'un élan spontané, comme presque tout dans ce pays nature, on pourrait n'y voir, au premier abord, qu'un aimable caprice ou le sourire de très grands enfants ; il n'en est pas de plus dévouées ni de plus fidèles.