‹ En Amérique et en Europe [microforme]Chapitre 15 sur 76 · vol. in-8, Copenhague · texte numérisé non relu

vol. in-8, Copenhague

2. 3 vol. in-8 publiés par MM. Geier et Afzelins, Stockholm 1814; 3 vol. in-8 publiés par '. Arwidson, Stockhoim 1837-1842.

met

one

une

une

r'ès-

ques aux aux ga pule ges.

l un , Un aisssent omr'owS afant 1s de

aids, nske êge,

nous s du ment îles.

eaux ceux pour imal core

son regard superbe comme un signe de son origine

surnaturelle.

Deux espèces de phoques se rencontrent fréquemment dans les parages des Shetland : le phoca barbata et le phoca vitulina. Quoique les pêcheurs de l'archipel ne résistent pas à l’appât des bénéfices que leur offre la capture de ces animaux, parfois pourtant ils ne les pèchent pas sans une certaine inquiétude, et de cette idée de metempsycose appliquée au phoque, et de la crainte qu'elle inspire sont nées diverses légendes d’un naïf caractère. Nous en citerons une des plus notables et nous terminerons par là cette notice sur le pauvre petit archipel, qui, dans son humble et solitaire existence, n’a jamais eu l'honneur d'occuper l'attention d'aucun congrès européen, ni mème celui de susciter quelques débats dans le parlement britannique.

Un Shetlandais, errant un matin au bord de la mer, vit un phoque assoupi au soleil sur un roc isolé. Justement en ce moment il avait grand besoin d’une bonne paire de chaussures. Avec la peau du phoque, il pouvait en faire d’excellentes. Il s’'avance vers lui d’un pas léger, le frappe sur la tête avec la hache qu'il tenait à la main, pour enlever des moules ou d’autres coquillages, le renverse inanimé à ses pieds, se hâte de lui enlever la peau qu'il convoitait, rejette la carcasse dénudée à la mer, puis va rejoindre ses compagnons.

Le phoque pourtant en retombant dans son élément natal s’y raviva, mais il avait froid, et il était honteux d’être privé de sa belle fourrure blanche. Il errait à travers les flots, soupirant, gémissant, appelant à son secours la commisération de ses amis. Une meermaid le vit, et tout émue de ses plaintes, lui demanda si elle pouvait lui être de quelque utilité. « Ah! répondit le pauvre phoque, quel bonheur je vous devrais si vous pouviez me rendre le vêtement sans lequel je

grelotte, sans lequel je me sens si humilié. La charitable mcermaid s'élança à la surface des vagues et partit.

Pendant ce temps, le téméraire pècheur était en proie à une anxiété. Il se repentait du larcin cruel qu’il avait commis, et tremblait d'en être rigoureusement puni. Pour prévenir le châtiment dont il se croyait menacé, il priait, il faisait vœu d'expier sa faute par plusieurs bonnes œuvres, et en montrant sa peau de phoque à ses compagnons assemblés sur leur bateau, il n’osait leur avouer de quelle façon il l'avait enlevée, illeur dit que c'était celle d’un phoque qu’il avait trouvé sur le rivage. Quelle fut sa terreur, quand des filets que ses camarades venaient de jeter à la mer il vit sortir une meermaid.

Il les pra, il les conjura de la remettre aussitôt en liberté. Mais ils ne voulurent pas y consentir. Ils la tirèrent avec des cordages et la placèrent au fond de leur embarcation sous la peau qu’elle aspirait à reconquérir, La pauvre fille des eaux était victime de sa générosité. Mais elle ne doutait pas que les génies maritimes ne la vengeassent. En effet, ils soulevèrent un orage effroyable, La barque s’élança dans les flots. Les pêcheurs périrent, et la meermaid, qui n'avait pu s'affranchir de ses liens, périt avec eux. Mais le phoque recouvra sa peau. Dès ce jour, en mémoire du dévouement de la meermaid à l’un des êtres de leur race, les phoques se sont faits les protecteurs des nobles filles de l'océan. Ils vont pêcher pour elles l'aliment qu’elles n’osent chercher elles-mêmes au fond de l’abîime. Ils les accompagnent comme de fidèles chevaliers dans leurs promenades; ils écoutent d’une oreille attentive leurs chants mélancoliques; ils les défendent au péril de leur vie contre les harpons des avides pêcheurs.

Ni Lacépède, ni Cuvier, ni l’auteur du charmant petit livre publié récemment sous le titre de : Sea Side Book,

haries et

it en cruel cuse= royait e par u de ileau, levée, rouvé (s que sortir

ne. Ils dans entive péril rs.

tpetit Book,

ne nous ont révélé ces scènes aquatiques. Mais qui sait si le naïf génie du peuple, n’est pas quelquefois plus perspicace dans ses rêves que le génie de la science dans ses observations? Qui sait si dans la vie de ces myriades d'animaux qui se dérobent à nos regards sous les sombres vagues de l'océan, il n’y a pas réellement des épisodes touchants d'amour, de charité, et de dévouement, qui, si nous les connaissions, feraient honte à nos froids calculs de prudeñice humaine et à notre égoisme ?

#, < e\. ee

4 < JS <

Page 1