Travels of Charlemagne, publiés par M. F. Michel
font revivre dans l’une des grottes du Wunderberg, et Pétrarque, le doux et mélodieux Pétrarque, à em ployé deux pages de son élégant latin à écrire l’histoire de l'anneau merveilleux qui enchaînait Charlemagne près du cadavre d’une femme chérie. Mais jusqu’à présent, on ne nous avait pas dit que ce héros des nobles épopées, ce chef des douze pairs, ce roi de la chevalerie, se fût fait voleur, et qui plus est, voleur de grands chemins. Or, voilà précisément ce que nous raconte le poëte hollandais. Dès le premier vers, l'auteur dit que c’est une véritable histoire‘; ainsi, il ne s’agit pas de plaisanter.
C'est le soir : Charlemagne vient de s'endormir, quand tout à coup il est réveillé par la voix d’un ange, qui lui crie : « Lève-toi, noble Charles, prends tes vêtements, tes armes, et va-l'en voler cette nuit; c’est Dieu qui te l'ordonne par ma bouche, et si tu ne m'obéis pas, tu es mort. — Tiens, dit l'empereur, quel étrange rève je viens de faire! » Et là-dessus, il se tourne de l’autre côté et se rendort de nouveau ; mais voilà que l'ange l'appelle une seconde fois, plus haut encore que la première, et lui ordonne impérieusement de se lever et d'aller voler. — Moi, voler ! répond le bon Charlemagne, mais il n’y à pas sur la terre un roi ou un comte plus riche que moi; depuis Cologne jusqu’à Rome, tout appartient à l’empereur ; je règne sur les rives sauvages du Danube, sur la Galice et sur l'Espagne. Qu'ai-je donc fait, malheureux homme que je suis, pour que Dieu me commande de voler? »
Là-dessus il essaie encore de fermer les yeux, mais l'ange qui veut remplir sa mission ne le quitte pas, et insiste si vivement, qu’à la fin Charles désespéré s’écrie :