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tait souvent contre ses suzerains, et parfois lançait sur leurs domaines ses audacieuses légions.
Enfin, le jour arrive où elle devait être à tout jamais vaincue et écrasée. Ce fut Ivan Grosnoï, Ivan le terrible, qui accomplit cette œuvre de vengeance. En 1552, après trois rudes et désastreuses campagnes, après un siége dont on ne peut lire sans une saisissante émotion les dramatiques péripéties dans l'œuvre de Karemsin!, après une dernière lutte pareille à celle de Saragosse et de Constantine, Ivan entre dans les remparts ensanglantés de Kasan et s'empare de cette couronne du Khanat des Tartares , qui décore à présent le trésor du Kremlin. Partout la gloire militaire exerce sur le peuple une puissante fascination. Le peuple russe à oublié les cruautés d'Ivan, pour ne garder que le souvenir de ses glorieuses expéditions, et maintenant encore, dans toutes les provinces de l'immense empire russe, dans toutes les isbas des paysans, on célèbre, dans une quantité de légendes et de chants populaires, le nom d’Ivan le victorieux, et la conquête de Kasan?.
Cette ville qui occupe une si grande place dans les annales de la Russie, qui est maintenant une de ses principales cités commerciales, et une de ses universités, est pourtant encore peu connue de l’Europe occidentale. La plupart des livres sur la Russie, publiés dans les derniers temps en si grand nombre, font à peine mention de cette capitale des hordes tartares. Les voyageurs s'arrêtent à Pétershbourg et à Moscou. Nous même nous devons nous accuser d’avoir borné là notre itinéraire. Il est vrai que c'était à notre grand regret. De Moscou à Kasan, il y a une distance de 824 werstes (206 lieues), qu’on ne franchit pas aisé-