Istorii Gocoudarstra rossiiskago, t. VIIT, glava
2. Plusieurs de ces chants ont été reproduits dans l'excellent recueil publié en 1841 à Saint-Pétersbourg sous le titre de : Skazaniia rousskaya naroda, traditions du peuple russe, 3 vol. in-8.
ne.
ÿ 7. Liaé gs L d ni
ment, soit qu'on s'aventure avec la Tarantuss ou la Telega à parcourir une route qui ne ressemble guère à nos routes départementales, soit qu'on entreprenne de descendre le Volga.
Parmi les voyageurs qui ont fait une description de Kazan, d'après le studieux bibliothécaire Olearius, qui visita cette ville environ quatre-vingts ans après la victorieuse campagne d'Ivan!, jusqu'à M. le baron de Haxthausen, à qui nous devons trois excellents volumes sur la Russie? ; il n’en est qu’un, à notre connaissance, qui ait fait un séjour prolongé dans cette lointaine cité : c’est un artiste anglais, M. Turnerilli?.
Pas un étranger ne verra Kasan sans être frappé de son aspect, surtout s’il vient de cheminer pendant plusieurs jours, peut-être pendant plusieurs semaines, à travers de longues plaines monotones qui, des plages de la Baltique s'étendent jusqu’à l'Oural.
L'active, intelligente et populeuse cité, que Nicolas appelait la troisième capitale de son empire, occupe un vaste emplacement au bord de la Kanska* qui l'entoure comme une ceinture à une lieue du Volga, qui vient de parcourir un espace de plus de trois cents lieues, qui apparaît là dans toute sa majestueuse grandeur, et de là va se jeter dans la mer Caspienne par soixante-dix embranchements.
Le Kremlin, qui s'élève sur une hauteur, les larges fa
1. En 1636, Voyage en Moscorie, on Tartarie et en Perse, p. 420.
2. Studien uber die inneren Zustaende des Volkleben in Russland 3 vol. in-8, Berlin, 1847-1852.
3. I à publié trois intéressants volumes : Russia on the bondersof Asia, la Russie sur les confins de l'Asie, Londres, 1854.
4. La tradition rapporte qu'avant de fonder la cité où il devait fixer sa résidence ; Batou-Kan faisait des parties de chasse dans cette plaine alors peuplée d'animaux sauvages. Un jour, un de ses gens laissa tomber dans la rivière le chaudron dans lequel il devait faire cuire la venaison. En mémoire de ce malheur gastronomique, Batou-Kan donna à la rivière le nom de Kanska (chaudron). De là l’origine grossière du glorieux nom du Kasan.
D et
ss OÙ la le guère reprenne
iption de rius, qui après la baron de nts voluconnaistte loinli,
rappé de pendant È2maines, es plages
Nicolas , OCCUpe a* qui Volga, is cents stueuse spienne
rges fa
Russland
onders of
ait fixer te plaine hs laissa cuire la tou-Kan
ne gros-
çades des bâtiments de l'université, du palais du gouverneur, de plusicurs habitations aristocratiques, rangées un peu plus bas, les maisons des marchandset des bourgeois qui remontent les pentes de la colline et descendent dans la plaine ; les flèches des églises chrétiennes, les croissants des mosquées tartares, les bâtiments de commerce, les barques de pècheurs entassées dans les contours de la Kanska et sur les bords du Volga, offrent aux regards un panorama d’un caractère extraordinaire et d’un effet imposant.
Mais, pour résider dans cette ville d’une apparence si attrayante, il faut savoir se résigner aux désagréments d’un climat rigoureux et excessivement variable, et aux périls d’une terre malsaine.
Je me souviens avoir entendu dire dans le Canada, que Québec était à la fois le point le plus chaud et le plus froid du globe. Les habitants de Kasan pourraient à plus juste titre, si je ne me trompe, revendiquer pour eux ce malheureux honneur. Là, l'été, on souffre d’une chaleur étouffante, qui n’est point, comme à l'embouchure du Saint-Laurent, tempéréc par la brise de mer et le voisinage des forêts. Là, au mois de décembre, le thermomètre descend à 30, parfois à 33 degrés Réaumur. Personne alors n'ose sortir de sa demeure ; les rues sont désertes, le théàtre est fermé, le mouvement de la vie sociale est paralysé.
Au printemps, à cette joyeuse époque de l'année chantée dans tous les pays par tous les poëtes, le Volga, dont la rive droite s'élève à cent et cent-cinquante pieds de hauteur, dont la rive gauche est au niveau des eaux, déborde par ce côté, roule au loin dans Ja plaine, et envahit les faubourgs et Kasan. A ce désastre périodique s’unit un autre fléau. Du sol que le fleuve a détrempé, des caves où il a séjourné; des mares putrides qu’il a creusées de côté et d'autre, s’exha-
lent ces miasmes pestilentiels qui engendrent des fièvres et d'autres maladies dangereuses.
A ces calamités annuelles, il faut en ajouter une dont on ressent perpétuellement les funestes effets.
Les citoyens de Kasan n'ont pas d'autre eau, pour leur boisson journalière, que celle qui croupit au fond de leurs citernes, ou celle qu’ils tirent du lac Kaban, sans cesse rempli de toutes sortes d'immondices et d'une foule d’animalcules qui s'y putréfient. Quant à celle de leur rivière, elle est tellement imprégnée de sulfate de chaux, qu'on ne peut même songer à en faire usage.
Chaque année, une partie de la population de Kasan, succombe à l’une ou l’autre des conditions de sa fatale situation. On compte dans cette ville deux cents médecins, qui tous ont assez à faire de soigner les fièvres, les catarrhes, les maladies aiguës de leurs clients, et l’on a calculé que dans l’espace de dix-neuf années, le nombre des morts excédait là de 7888 celui des naissances.
Comme si ce n’était pas assez des rigueurs du climat, des résultats continus d’une fatale position topographique, pour rendre le séjour de Kasan redoutable à tous ceux qui tiennent à prolonger autant que possible le cours de leur existence, cette ville envahie chaque printemps par les eaux semble destinée à être périodiquement ravagée par le feu.
Pendant qu’elle appartenait aux Tartares, elle fut plusieurs fois en grande partie incendiée. Depuis qu’elle appartient aux Russes, elle a subila même catastrophe en 1595, en 1672, en 1694, en 1742, en 1749, en 1757, en 1774 et en 1815. À cette époque, elle était presque entièrement bâtie en bois. La plupart de ses maisons furentalorsreconstruites en briques et en fer. Malgré cette précaution, elle fut encore presque entièrement anéantie en 1842, dans l’année même où,
CR Poe
des fiè- sur les bords de l’Eipe, la moitié d’une autre riche cité, la vieille cité hanséatique de Hambourg, s'écroulait aussi er une dans les flammes. Mais telle est l'attraction d'un heueffets. reux négoce, la puissance de l'awri sacra fames, que la 1, pour population de Kasan, décimée par les maladies, se au fond reconstitue par de constantes immigrations, que Îles Kaban, bâtiments publics, les maisons de la bourgeoisie, les ices et magasins des marchands consumés par ces incendies uant à sont promptement reconstruits.
née de Kasan est renommée au loin pour ses fabriques de rà en cuirs et de savon. Kasan est l’entrepôt des productions de l'Oural, de la Sibérie, de la Chine, le point de joncle Ka- tion de la Russie d'Europe avec la Russie d'Asie. Kasan de sa compte dans ses gildes des négociants qui, avec leurs cents millions, pourraient jouer un grand rôle à Londres ou Ier Jes à Paris, et qui préfèrent employer leur fortune à fonleurs der quelque utile institution et à élever quelque monu- -neuf ment sur le sol où ils se sont enrichis. L'un d’eux, 3 celui nommé Kronpenikoff, fils d’un simple paysan, invité il y a quelques années à souscrire pour Ja construction u cli- d'une église, déclara qu’il se chargeait d’édifier cette topo- église à ses frais, et y consacra plus de 300 000 fr. louta- Kasan est en outre le siége du gouvernement d’une it que vaste province.
vahie Si, par sa situation près du Volga et par ses manuà être factures, l’active cité attire tant de marchands ct d'ou- À vriers, si, par ses prérogatives officielles, elle est la h e fut résidence d’un grand nombre de fonctionnaires et de | epuis Ja principale aristocratie du pays, par ses établissements ème scientifiques, par les différentes races, par les divers 2, en idiomes qui se perpétuent dans son enceinte, ou dans , elle ses faubourgs, elle est pour les ethnographes, pour les rt de philologues, surtout pour les orientalistes, l’une des et en villes du monde les plus intéressantes. sque Ici, près de la cathédrale grecque, s'élève la mos-
où, quée mahométane et le vieil autel païen. Ici, près
A © DR EE PPS 0 A, ge PRES 2 6 T2 nt de A a dit abat dane PUS à te é : Lin à =
ue RE ne . RSS ge .
D ÉÉÉÉÉNN NNNNS — — : : rs c'— : dE > a *
d'une société russe élégante, instruite, qui parle allemand, français, et recherche avec avidité nos œuvres littéraires et copie les modes de Paris, est une population tartare qui conserve fidèlement le dialecte et les mœurs de ses aïeux. Autour de ces descendants des anciens maîtres de la contrée, subsistent encore quatre autres peuplades dont on connaît à peine l’origine, dont on ne peut, sans une vive curiosité, observer la primitive nation. Ce sont les Tchouvaches, les Tcheremesses, les Mordvas, les Votiaks.
Kasan est, comme notre noble Alger, divisé en deux villes : la ville chrétienne et la ville musulmane; la ville des vainqueurs et la ville des vaincus. Jadis, avec quelle arrogance les chefs des États barbaresques imposaient leur tribut aux nations maritimes de l'Europe! Jadis, à quelles avanies les kans mogols condamnaient les princes russes. Les chroniqueurs rapportent que lorsque le délégué d’un de ces kans se rendait à Vladimir ou à Moscou, le prince devait marcher à sa rencontre, étendre un tapis sous ses pieds, offrir à ce superbe envoyé une coupe d'hydromel, et recevoir à genoux la missive de son maître. Mais le temps a fait un pas, et les Tartares sont relégués dans un faubourg au bas de cette cité dont leurs ancètres occupaient si fièrement la forteresse.
On n’en compte pas plus de sept mille, et d’année en année leur nombre diminue. Un jour leurs traces disparaîtront sur ce sol où jadis pullulaient leurs légions, comme celles des Indiens ont disparu sur les bords de la Delaware, de l'Ontario, et ceiles des Lapons dans les provinces méridionales de la Suède.
Le gouvernement russe traile les Tartares avec mansuétude. li leur laisse la pratique de leurs anciennes institutions, le libre exercice de leur culte. Mais le peuple les regarde avec mépris et souvent les insulte. Gependant ils sont en général d’un caractère honnête, inof-
le alleœuvres >0pula- » et les nts des quatre rigine , rver la Tche-
n deux ane; la s, avec es imurope !
inaicnt nt que Vladia ren-
à ce voir à s à fait bourg lent si
année traces rs lér les apons
manes ineuple peninof-
fensif, fidèles à leur parole, charitables et hospitaliers, très-sincèrement attachés à leur religion, ettrès-respectueux envers leur mollah, qui est à la fois leur prêtre, leur juge et leur instituteur, Quoiqu'ils soient moins habiles que les Russes, ils ont cependant l'esprit industrieux et l'intelligence du commerce. Quelques -uns d'entre eux sont fort riches. Quand ils ont fait leur fortune, ils construisent une maison en briques à deux étages, la meublent à la façon européenne, y plaçant toutefois, à l'endroit le plus apparent, le Coran. De temps à autre, ils donnent de pompeux banquets à leurs amis, et prodiguent à leurs femmes les objets de luxe.
Quand une de ces femmes sort de sa demeure la face voilée, selon la loi musulmane, et va d’une maison à l’autre faire ses visites, on dirait une boutique ambulante de soierie et de bijouterie. Le prix total des diverses pièces d’étoffes et des divers ornements dont se compose son costume ne s'élève pas à moins de 12 000 fr. Nos grandes dames de Paris n’en sont pas encore venues, dans leurs promenades de la journée, à ce degré de magnificence.
Les Tartares n'ont pas la prétention de se signaler dans les progrès de la civilisation, et ne se soucient pas le moins du monde de l'honneur qu’on peut acquérir par une découverte scientifique, ou par la publication d’un livre. Cependant ils ne sont point dépourvus d'une instruction élémentaire. Ils ont à Kasan quatre écoles dirigées par le mollah. Les enfants entrent dans ces écoles dès l’âge de cinq ans, et y restent jusqu'à dix ou douze ans. Une fois qu'ils sont installés là, ils n’en sortent que le dimanche. Le reste de la semaine, ils résident tous dans une même chambre, qui leur sert à la fois de réfectoire, de dortoir, de salle d'étude. Les plus âgés font à tour de rôle la cuisine. Le mollah vient chaque jour leur enseigner les
dogmes du Coran. Les autres maîtres leur donnent des leçons de lecture et d'écriture. Là se borne le programme de ces institutions scolastiques. Pour seconder cette éducation rudimentaire, les Tartares de Kasan ont établi, en 1802, une imprimerie qui, en peu de temps, a publié à des milliers d'exemplaires un abrégé du Coran, un Coran complet, un livre de lecture tartare et plusieurs autres ouvrages.
Si, sous Iç rapport de l’enseignement et du développement intellectuel, il y a une très-grande distance entre les Russes et les Tartares, il y en a une plus grande encore entre ces derniers et les tribus des Tchouvaches, des Tcheremesses, des Mordvas, des Votiaks qui habitent aux environs de Kasan.
Ces quatre peuplades, qui appartiennent évidemment à la même souche, à la race finnoise, bien qu’elles n’offrent plus aux regards de l'observateur la mème identité, habitent depuis très-longtemps cette contrée. Car Nestor, le patriarche des historiens russes, Nestor, qui naquit vers le milieu du xr° siècle, les cite déjà dans sa chronique *. | Mais depuis l’âge lointain où ces peuplades vinrent fi s'établir sur les rives du Volga, leur état primitif s’est peu modifié. Elles ont été successivement asservies par les Tartares, puis par les Russes, sans adopter ni les mœurs des Tartares, ni celles des Russes. Elles voient 1 naître et grandir autour d’elles les œuvres du com- ! merce, les créations de la science et de l’industrie, et n’en sont nullement émerveillées. Elles entendent prècher le dogme vivifiant du christianisme et restent obstinément attachées à leur grossière idolâtrie.
ee ET
1. Les deux meilleurs manuscrits de cette chronique ont péri en 1812, dans l'incendie de Moscou. La bibliothèque impériaie de Pétersbourg en possède un qui date du xiv° siècle. Le savant Schlæzer a consacré quarante ans de sa vie à faire une révision complète de ces précieuses annales, à les traduire, et à les annoter. 5 vol. in-8, Gattingen, 1802-1809.
ent des le prosecon- Kasan peu de abrégé ire tar-
évelopnce engrande vaches, ai habi-
‘videm- *, bien teur la ps cette russes, les cite
vinrent tif s’est ies par r ni les voient comtrie, et int prêrestent
ont péri ériaie de Schlæzer ète de ces sol. 1n-8,
A DR PNA D PÉRRAELES S
Bien loin de se laisser séduire par le mouvement progressif des villes et des comptoirs russes, elles s’en écartent au contraire le plus qu’elles peuvent. Elles s’éloignent des grandes voies de communication, elles se dispersent par petits groupes, dans les bois, dans les montagnes et y construisent leurs cabanes.
Chacune de ces cabanes forme elle-même une retraite isolée au milieu d’une grande cour, séparée des autres par des granges, des écuries et par une clôture. Père, mère, enfants, toute une famille réside là dans une seule chambre noircie par la fumée. Car la maison n’a point de cheminée, et à côté de la porte d’entrée, pas d'autre ouverture qu’une petite fenêtre.
Le mobilier de cet unique appartement se compose d’une table, de quelques vulgaires ustensiles de cuisine, de quelques chaises, et de plusieurs bancs rangés contre le mur qui servent de siéges dans le jour et de couchettes pour la nuit.
Une telle séquestration pendant toute la durée de l'hiver, c’est-à-dire pendant près de huit mois ne peut manquer d’avoir au moral comme au physique un pernicieux effet.
Dans ces quatre peuplades qui diffèrent entre elles par quelques traits demœæurs, mais quise ressemblent par les côtés essentiels, la plupart des individus ont la taille petite, le visage pâle, les membres grêles. L'air méphitique qu’ils respirent dans leur étroite habitation affaiblit leurs organes, engourdit leur intelligence ; la fumée continue de leurs foyers rougit leurs paupières et souvent leur occasionne des ophthalmies; leur oisiveté les porte à l’abus des spiritueux, leur isolement les rend craintifs, leur ignorance les rend superstitieux.
Vienne le printemps, ils retournent pourtant avec prestesse à leurs travaux. Ils ont des pâturages où ils élèvent un assez grand nombre de bestiaux; ils ont des champs qu’ils ensemencent avec soin et dont ils tirent
de bonnes récoltes. Économes et prudents, ils savent mettre en réserve, pour les mauvaises années, la moisson des étés de prospérité. Comme ils n’ontaucune habitude de luxe, et qu’ils vivent très-frugalement, sauf les jours où ils s’abandonnent à la terrible fascination de la Vodka, c'est-à-dire, des boissons distillées, ils convertissent en écus sonores une grande partie des produits de leurs domaines. Ils aiment l’argent, ils se plaisent à l’entasse:. Souvent, comme les Lapons, ils l’enfouissent mystérieusement, et il en est qui, même à leur dernière heure, refusent de révéler à leurs femmes ou à leurs enfants l'endroit où ils ont enseveli leurs trésors.
Nous devons dire sinon pour justifier, au moins pour expliquer cette opiniâtreté dans l’avarice, que comme les anciens Wendes et les anciens Finnois, ils croient qu'après leur mort ils vont dans un autre monde où, de même que dans celui-ci, ilsauront besoin de vèêtements pour se protéger contre les rigueurs du froid, et d’écus monnayés pour acheter des provisions de première nécessité.
Dans leur parcimonie, ils sont cependant humains et charitables, dans leur communauté on ne voit point de mendiants. Le riche assiste libéralement le pauvre, et riches et pauvres habitent en réalité à peu près les mêmes isbas enfumées, et se nourrissent des mêmes rustiques aliments. C'est l’éga'ité pratique, sans la moindre idée des théories républicaines.
Le gouvernement russe a des ménagements particuliers pour cette race honnête, timide et inoffensive. Cependant il l’a soumise à la loi du recrutement et c’est là pour elle Ja plus cruelle desrigueurs ; chaque fois qu’on fait une nouvelle levée d'hommes, ceux qui doivent y entrer ont recours à toutes sortes de moyens pour échapper à ce sort qui les épouvante. Les uns ont recours à de prétendus sorciers qui leur vendent fort
savent moisne ha- , Sauf nation es, ils ie des ils se ns, ils ème à mmes | leurs
s pour omme roient de où, > vêtefroid, ns de
mains point uvre, ès les nèmes ns la
articue. Ceest là qu’on ent y pour ntret fort
cher une absurde consultation ; d’autres s'imposent pendant des mois entiers un jeûne formidable, afin de paraître par leur débilité hors d'état de porter les armes. Il en est qui se mutilent.
On comprend qu'avec cette pusillanimité de caractère, ces gens doivent vivre pacifiquement entre eux. Il est rare en effet qu’une rixe violente éclate dans leurs diverses communautés, surtout dans celles des Tchouvaches, la plus craintive de ces peuplades. Cependant si l’un d’eux a été gravement offensé, et s’il veut se venger, ilsacrifie sa vengeance à sa propre vie. Ilne s'éventre pas d’un coup de poignardcomme le Japonais. Mais il valanuitse pendre danslejardin de celuiquil'a outragé: car il sait que par là il attirera sur son ennemi les enquêtes, les investigations de la justice, et rien n'afflige plus les Tchouvaches que de voir entrer dans leur domaine les gens de la justice.
Les notions religieuses des Tchouvaches ne sont pas compliquées. Ils croient tout simplement qu'il ÿ a un bon génie, Tora, et un mauvais, Keremet, Tous deux sont mariés, le premier avec une femme d’une excellente nature, le second avec une hideuse créature plus vindicative, plus mauvaise encore que lui.
De même que dans jies ingénieuses pratiques de notre monde civilisé, les gens habiles en général ne s’occupent guère de ceux qu’ils n’ont nulle raison de redouter, de même le Tchouvache s'inquiète peu de son dieu Tora. Il ne lui érige aucun temple, et aucun autel. I l’invoque seulement partout où il se trouve, en quelques fêtes, ou en quelques circonstances accidentelles. Mais en revanche, il consacre au redoutable Keremet un sanctuaire, ordinairement dans l’enceinte d’une forêt, ou au bord d’un ruisseau, et lui offre au moins une fois l’an des sacrifices.
Les Tchouvaches ontun prêtre qu’ils appellent jomza et pour lequel ils professent un profond sentiment
mé dt Side "mi" Tes Ses D an |
re oral
de respect et de soumission, Ce jomza remplit dans leur tribu diverses fonctions. Il récite les prières dans les jours de fête. Il préside à l’holocauste annuel des moutons ct des bœufs, qui, après avoir été égorgés au nom de Kcremet, sont jetés dans une chaudière, puis dépecés et partagés entre les assistants. Le jomza est en outre le sorcier, l’augure et le médecin de lu communauté. C'est à lui qu’on a recours dans toutes les occasions difficiles, dans toutes les maladies, et il exploite fort à son aise la crédulité de ceux à qui il inspire une si grande confiance.
M. le D' Fonko, à qui l’on doit d’intéressantes notices sur la population de Kasan, raconte qu’il a connu un aventurier qui, après avoir exercé à Pétersbourg, pendant vingt ans, la profession de garçon barbier, s'était avisé un beau jour de venir s'installer parmi les Tchouvaches. Il avaitété élevé par eux à la dignité de Jomza et se trouvait fort satisfait de ses nouvelles fonctions.
Les Tchouvaches ne comprennent point le dogme spiritualiste de l’immortalité de l'âme, mais ils croient à un autre monde où ils iront revivre, bien vêtus, bien nourris, bien logés, s’ils ont été honnètes et bons dans celui-ci, condamnés à souffrir de la faim et du froid, s’ils ont commis de méchantes actions.
Pour se rendre dans cet autre monde, les Tchouvaches n’ont pas, comme les Grecs, un fleuve à traverser, et un inflexible Caron à payer. Mais le trajet est long, le chemin difficile. On peut avoir besoin de beaucoup de choses à ses différentes étapes, et quand on arrive dans les lointaines régions inconnues. Voilà pourquoi quand les Tchouvaches ensevelissent un parent ou un ami, ils lui donnent des provisions pour son voyage. Dans la tombe de l’homme, ils déposent une pipe, du tabac, des instruments agricoles; dans celle de la femme, du fil, des aiguilles, des étoties et
C3 #. +: PA) DEEE ur png" PLU sans
nplit dans ières dans annuel des ‘gorgés au dière, puis jJomza est de lu comtoutes les s, et il exqui il ins-
an{es noil a connu ersbourg, | barbier, parmi les ignité de les fonc-
e dogme Is croient tus, bien ons dans du froid,
5 Tchouà travertrajet est de beauuand on s. Voilà tun pans pour léposent ss; dans totfes et
MOROMRRE “HS LR SOS
des ciseaux. Ils placent, en outre, dans le cercueil une somme d'argent, plus ou moins considérable selon leur fortune. Là ne s'arrête pas leur pieuse sollicitude. Chaque année, ils célèbrent la fête des trépassés; à certains jours, ils se réunissent dans le cimetière, étendent une nappe sur les fosses de ceux qu'ils ont récemment perdus, rangent sur ces nappes des comestibles, des cruches de bière, des flacons d’eau-devie, mangent et boivent en parlant de leurs chers morts, puis, s'adressant à eux, ils leur disent : « Voyez: nous sommes venus ici en mémoire de vous, nous vous laissons une partie de ces mets que vous aimiez autrefois, et ces boissons qui vous égayaient. Soyez tranquilles dans vos cercueils. Vivez en paix sous votre couche de terre, nous ne vous oublierons pas. »
Mais les mauvais sujets de la population russe qui connaissent cet usage en font leur profit. A peine la religieuse communauté des Tchouvaches a-t-ellequitté le cimetière que les provisions consacrées aux morts deviennent la proie d’une troupe de joyeux vivants.
Souvent même ils ne se contentent pas de ce qu’ils trouvent en ces occasions solennelles à la surface du sol, ils ouvrent les tombes pour en retirer les divers objets qui y ont été enfouis.
Un jour, deux jeunes Tchouvaches venaient d’ensevelir leur père; et, comme ils étaient riches, ils lui avaient mis sur la poitrine une somme de cent roubles. Le soir même, des Russes fouillent dans cette fosse, enlèvent l'argent, assoient le mort dans son cercueil, lui mettent des cartes dans une main, une bouteille d'eau-de-vie dans l’autre, puis vont trouver son fils et lui disent que le défunt selivre à toutes sortes de débordements. Les crédules Tchouvaches se rendent au cimetière, s'approchent avec tristesse de leur père, le conjurent de ne plus donner un tel scandale dans le village, l'étendent de nouveau tout de son long sur son
LE eu
lit sépulcral, et lui rendent les cent roubles qui lui avaient été enlevés. Le lendemain, mème vol sacrilége, même récit incroyable. Trois fois de suite, les Russes renouvelèrent leur brigandage avec le même succès, trois fois de suite, les pauvres Tchouvaches retournèrent près de leur père pour le conjurer de s'endormir en paixet lui remettre l'argent qu’il était censé avoir perdu au jeu. À la fin, irrités de sa mauvaise conduite, ils lui clouèrent les pieds et les mains dans son cercueil, ils entassèrent une pile de bois sur sa fosse, et coinme, cette fois, on sut que, d’après les conseils du prêtre, ils lui supprimaient leur don pécuniaire, le mort ne se releva plus.
La doctrine religieuse des Tchermesses, des Mordvas et des Votiaks est à peu près la même que celle des Tchouvaches. Leur mauvais génie s'appelle aussi Keremet ; leur dieu bienfaisant Jouma . Ils donnent à ces dieux divers arbres sous lesquels ils vont célébrer leurs sacrifices et faire leurs prières. L'une de ces prières, qu'ils récitent chaque année en un jour de fête, et qui s'adresse à Jouma, dépeint mieux que tout ce que nous pourrions en dire, les naïves habitudes de leur existence, et la simplicité de leur nature. La voici :
« Jouma, accorde tes faveurs à ceux qui t’invoquent, ne leur refuse pas la santé et le bien-être.
« Accorde à tes enfants le bonheur de posséder du blé, de l'argent, des bestiaux et des abeilles.
« Fais que les abeilles produisent chaque année un nombreux essaim et une quantité de miel.
« Seconde-nous dans nos chasses et dans nos tra- Vaux.
« Aide-nous à vendre nos denrées trois fois plus qu'elles ne valent, et à amasser un bon nombre de roubles. |
1. Dans l’ancienne mythologie finlandaise : Joumala est le nom d'une divinité suprême.
cage ——— me © penses ee ere: are area ee +
es qui lui sacrilége, les Russes ne succès, 's retoure s'endortait censé mauvaise ains dans IS SU Sa ss les conécuniaire,
s Mordvas celle des elle aussi Ils donrs vont cé- L'une de n jour de x que tout itudes de La voici :
ui t’'invo- (tre.
sséder du
année un s nos {ra-
fois plus mbre de
est le nom
open
«a Aide-nous à payer nos impôts au {zar.
« Lorsqu’au printemps nous reconduisons nos troupeaux dans le pâturage, préserve-les des loups, des ours et des autres animaux dangereux.
« Fais que les peaux de nos bœufs, de nos moutons, soient de bonne qualité, que nous puissions les vendre d'une main, et recevoir l'argent de l’autre.
« Donne-nous pour ami un honnète homme.
« Préserve-nous de toute maladie dans nos voyages. Écarte de nous les insensés, les méchants, les détracteurs, et les gens de justice. »
Des missionnaires ont entrepris de convertir ces quatre tribus au christianisme et jusqu'à présent ont obtenu peu de succès. D'une part, leur intelligence est fort alourdie ; de l’autre, la pauvreté de leur idiome est un obstacle à leur enseignement. Cct idiome ne se compose pas de plus d’un millier de mots, et comme
elles n’ont pas même d'alphabet, il a fallu pour leur
traduire les premiers principes de l'Évangile dans leur langue, employer les caractères russes.
À une telle race, il faudrait l’inépuisable douceur, l'intelligente patience, le dévouement des missionnaires catholiques qui ont converti les peuplades les plus sauvages et les plus rebelles, les farouches Cochinois, les Indiens de l'Amérique du Sud et de l’'Amérique du Nord.
Mais revenons à Kasan.
Le principal établissement de cette ville est l’université, qui en peu de temps s’est acquis une très-grande notoriété.
Les premières institutions scolastiques de Kasan datent du xvi° siècle ; l’université ne date que de 1805.
Dès qu’il eut achevé sa glorieuse conquête, Ivan édifia une cathédrale dans la cité mongole, et y institua un archevêché. L'archevèque y fonda une école, une petite école destinée spécialement à enseigner les
ee —
Se
j h à # ra ( } DE Fan h j { Re Û (| n î r { € || 4 rl à & "| Ÿ | 4 ÿ Û | \!
Fn |
ds. sr
principes du christianisme aux enfants des familles paiïennes.
Pierre le Grand en fonda une autre dans le même but; mais comme il oublia de Jui donner les fonds nécessaires pour la faire subsister, elle n'eut qu'une courte durée.
En 1740, un évêque en organisa une troisième, et y adjoignit une petite bibliothèque. Quatre-vingts enfants des tribus tartares, tchouvaches, tcheremesses apprenaient là à lire, à écrire. De plus, on leur enseignait les éléments de la langue russe et le catéchisme.
À la même époque, on vit s'élever une autre institution réservée aux fils de soldats, qui ÿ étudiaient l'arithmétique, la géométrie, l'art des fortifications, la musique, et s’exerçaient aux manœuvres militaires.
Là se bornaient, au milieu du xvrr° siècle, les moyens d'éducation de Kasan. Les nobles, et les riches marchands qui désiraient dorner à leurs enfants une instruction supérieure étaient obligés de les envoyer à deux cents ou à quatre cents lieues de distance, à Moscou ou à Pétersbourg.
L'impératrice Élisabeth comprit enfin qu'une ville comme Kasan ne devait pas rester dans une telle pénurie. Ên 1758, elle y créa un gymnase, qui dès la première année fut fréquenté par plus de cent élèves. Parmi eux se trouvait un modeste jeune homme de seize ans, qui devait ètre un des poëtes les plus éminents de la Russie. C'était Dershavin l’illustre auteur de l'Ode à Dieu !.
1. Bog (Dieu). Cette ode, d'un sentiment profondément religieux et d’un style superbe, est composée de onze strophes de dix vers. Nul poëmie n’a été répandu en tant de contrées différentes. 11 en existe quatorze traductions en langue allemande, quinze en russe, quinze en français, seize en chinois, dix-sept en latin, cinq en polonais. Un savant bibliographe russe, M. Poltoratzky, à publié en 1855, à
Francfort, une intéressante notice sur cette œuvre de Dershavin, et
sur ses diverses traductions.
RG ARE. ner RAP EME INi te es
familles
le même les fonds it qu'une
ème, et y ts enfants £s apprenseignait ne.
tre instiitudiaient ations, la taires.
s moyens hes marune insnvoyer à stance, à
une ville telle péi dès la nt élèves.
mme de lus émiuteur de
eligieux et
vers. Nul l en existe quinze en lonais. Un | 1855, à shavin, et
En fondant cette utile institution. Élisabeth l'avait seulement fort mal dotée, et plusieurs des étudiants qui manifestaient les meilleures dispositions étaient si pauvres que l’université de Moscou se crut obligée de leur venir en aide. Elle accorda aux plus nécessiteux un secours annuel de six roubles. Quelle misérable aumône! s'écrieront nos lecteurs. Non pas si misérable. A cette époque, avec six roubles, on pouvait faire à Kasan de très-amples provisions. Une mesure de bois coûtait 30 centimes; un petit sac de blé cinquante centimes, un cheval se vendait six francs.
Le lycée ainsi assisté par la munificence de l’université de Moscou, protégé par la cour impériale et pourvu de bons professeurs, fut enseveli dans un des plus affreux désastres de Kasan, dans l'incendie allumé par le féroce Pugatscheff.
A la suite de ce fatal événement, plus de vingtannées s'écoulèrent pendant lesquelles les nobles imploraient en vain la création d’une nouvelle école. Enfin, en 1799, l'empereur Paul fit ériger à Kasan un nouveau gymnase plus vaste, plus imposant que le premier, et qui s’'annonçait avec un programme d'études plus complet, On devait y enseigner le latin, l'allemand, la géographie, l’histoire, la philosophie, les sciences naturelles et les mathématiques.
De la petite école primaire du temps d’Tvan à un tel établissement quel progrès ! De la création de ce florissant gymnase, à celle de l’université, autre progrès.
C’est l'empereur Alexandre qui, en 1805, fonda cette université ;.et comme il en comprenait l'importance, et comme il joignait à un caractère libéral un esprit élevé, il fit construire sur un vaste plan l'édifice de cette scientifique institution, et la dota magnifiquement.
Cette université a eu en outre le bonheur d’être placée, peu de temps après sa création, sous la tutelle
DT 0 em mm
d’un homme éclairé, le général Pouschkin, gouverneur de Kasan, qui se fit un générenx devoir d’en étudier les besoins, d'en réparcr les lacunes, et d'en améliorer ja situation. En 1842, par une sorte de grâce providentielle, elle échappa à la conflagration générale de la ville, et depuis le jour de sa fondation, elle n’a cessé de grandir, par l’action coopérative du gouvernement, par des maitres d'élite, par le sentiment et la uission spéciale qu’elle doit accomplir.
Plusieurs centaines d'élèves fréquentent les cours de cette université, qui possède aujourd'hui tout ce qu'il faut pour ouvrir aux études un large espace et leur donner un carctère sérieux.
Il y a là un très-beau cabinet de physique et de minéralogie, une clinique superbe, un jardin botanique avec des serres entretenues à grands frais, un musée d'histoire naturelle où l’on voit les plus beaux spécimens des animaux fossiles découverts en Sibérie, un musée de curiosités asiatiques, une collection très-précieuse de médailles orientales, une bibliothèque qui possède plusieurs rares manuscrits arabes, persans, chinois, et reçoit régulièrement les principales publications des divers États de l'Europe.
Près de 1à aussi on a construit un observatoire, qui renferme un assemblage complet d'instruments de précision fabriqués par les meilleurs artistes, par notre illustre Gambey, par les premiers ateliers de Vienne et de Munich.
Assurément cette institution ne peut être mise en parallèle avec les vieilles et célèbres écoles de France, d'Allemagne, d'Angleterre. Ses travaux n’ont pas le mème retentissement, et un demi-siècle d'existence ne peut leur donner la mème renommée. Mais sous le rapport de la philologie et de l’ethnographic orientale, elle peut être considérée comme une école sans rivale dans le monde. Là, cé sont des Persans, des Turcs, des
cn a ot TE nn D ne More
y LOUVET= d'en étul'en améde grâce générale ’ , elle n’a | gouvernent et la
s cours de t ce qu'il e ct leur
t de mi- Jotanique n muséc ux spécibérie, un très-préèque qui persans, les publi-
toire, qui ments de tes, par eliers de
ise en pa- France, nt pas Île stence ne s sous le Jrientale, ins rivale urcs, des
Tartares, des Arméniens qui enseignent eux-mêmes leur idiome maternel à leurs élèves, et leur enseignement ne se borne point à la leçon grammaticale, ils y joignent la pratique du langage. Le professeur de mongol et le professeur de chinois sont Russes, mais ils n'ont été admis à occuper leurs chaires qu'après avoir passé de longues années en Chine et en Mongolie.
A l’enseignement oral l’université ajoute celui de ses publications. Elle à une imprimerie qui, en outre des caractères français, allemands et russes, renferine une collection complète de caractères arabes, mongols, kalmoucks, thibétains, et, chaque année, elle édite quelques rares manuscrits où quelque intéressante dissertation.
Ainsi, par les leçons et l'entretien familier du professeur, par les cabinets ethnographiques et historiques de l'Asie, par les travaux d’une presse polyglotte, par les traditions et les monuments de ce sol sur lequel les Mongols ont séjourné si longtemps, par les restes de population tartare qui y existent encore, l'étudiant de Kasan perçoit à tout instant et de toute façon la connaissance de l'Asie.
Tel est un des résultats de l'institution d'Alexandre, et il y en a un autre encore plus important. Chaque année un certain nombre de jeunes gens, choisis dans les tribus mahométanes et paiennes de la contrée, sont envoyés à l’université de Kasan et élevés là aux frais du gouvernement.
À la fin de leurs études ils retournent dans leurs provinces; ils deviennent les instituteurs de leur communauté, ils propagent autour d'eux l’enseignement de la langue russe et les notions de la science européenne.
Ainsi, dans cette région occupée pendant trois siècles par des hordes barbares, tout un essaim d'hommes instruits répand peu à peu Les germes de la civilisation,
: tit rmdievtiéesthoiii ps z
comme les pionniers de l'Amérique ont répandu des semenees fécondes sur des terrains incultes. Ainsi s'avancent vers les populations engourdies et ignorantes de l'Asie les conquêtes de l'intelligence, les plus nobles de toutes les conquêtes, les plus sûres et les meilleures,
La race slave qui est descendue de ces régions lointaines, y retourne en y rapportant, comme un voyageur à ses foyers, les connaissances qu’elle a acquises, les trésors qu'elle a recueillis dans ses longues pérégrinations. L'université de Kasan est le bazar où elle amasse et où elle distribue de côté et d'autre ses richesses.
antenne — MEN a Ar +
Ne
RCE PMR 25 D EEE Mdr:
indu des 8. Ainsi et ignoles plus »s et les
ns loinin VOyacquises, Jérégrioù elle itre ses
Pl rame em
Depuis une dixaine d'années, il a paru tant de livres sur la Russie qu’il semble que tout ce que l'on peut dire sur cette vaste région doive être épuisé. Mais plusieurs de ces livres ne nous donnent que des notions fautives ou incomplètes, et la plupart des plus récents méritent encore moins de confiance. Composés dans l'effervescence de la guerre d'Orient, ils ne nous montrent que le côté vicieux de la Russie, et doivent être relégués dans les pamphlets.
Au milicu de cette quantité d'ouvrages employés à décrire, soit avec une intention bienveillante, soit avec une pensée hostile, le caractère politique, ou les institutions administratives, ou les mœurs populaires de l'empire des tzars, il en est trois qui, par des qualités différentes ont particulièrement fixé notre attention. Ce
0 Re nn, té, men | A,
sont les Mémoires d’un chasseur, les Études de M. le baron Haxthausen?, et le volume de M. le comte Gurowski*.
Le premier de ces ouvrages à la lorre d’un roman. Mais ce roman est écrit par un habile observateur, par un homme d’un esprit très-fin, par un Russe qui connaît à merveille son pays, et qui nous en dépeint avec un remarquable talent les mœurs les plus saillantes dans une série de scènes très-animées et très-caractéristiques. L'auteur de ce curieux livre, M. Jvan Tourguenef, est le neveu du noble écrivain Nicolas Tourguenef, à qui nous devons l’intéressant et mélancolique ouvrage qui parut, il y a quelques années : La Russie et les Russes.
Ce que le savant Pallas fit sous le règne de Catherine IT, au point de vue spécial de l’histoire naturelle, M. de Haxthausen vient de le faire au point de vue de l’économie politique, et de l’organisation judiciaire, administrative et militaire de l’immense empire dont il a parcouru les principales régions. Ses cinq volumes, publiés sous le titre d'Études, nous offrent en effet de véritables études sérieuses, instructives, entreprises avec une loyale intention, poursuivies patiemment sur tous les points, mais accomplies sous les auspices du gouvernement russe, et par là, peut-être, quelquefois un peu partiales, M. de Haxthausen appartient du reste, dans l’école historique, au parti conservateur. Avec son animadversion pour les idées ultralibérales, et sous le prestige de l'hospitalité russe, la plus splendide hospitalité du monde, M. de Haxthausen à dû nécessairement, plus d’une fois, atténuer dans ses observations certains vices et certains errements du régime autocratique.
1, Traduits par M. Charrier, 1 vol., in-12, chez Hachette. 2. Studien uber Russland, 5 vol. Berlin.