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étrangers, des colonies allemandes fondées par Pierre le Grand et Catherine II, et d’une catégorie spéciale de petits propriétaires désignés par le nom d’Odnowortsy. Les uns descendent des anciennes familles de boyards, dépouillées par quelque arrêté impérial ou judiciaire de leurs priviléges de noblesse; les autres, des familles de soldats auxquelles Pierre le Grand donna des terres à exploiter dans les provinces méridionales.
Les Odnowortsy sont les libres propriétaires de leurs maisons et de leurs champs. Ils ont même le droit d'acheter des serfs, à condition, toutefois, que ces serfs n'appartiennent pas à la noblesse, mais aux gens de leur propre classe.
Les paysans des domaines de l’État et des propriétés particulières de l'empereur, désignés sous la dénomination générale de paysans de la couronne, émancipés par Alexandre et Nicolas, sont au nombre de vingtdeux millions.
Leur organisation dans les diverses provinces où ils occupent une si grande place à tous les caractères d’une institution démocratique. Une institution démocratique sous le sceptre de l’autocrate! A ces mots, je vois un sourire de doute ou d’incrédulité éclater sur plus d’une figure.
Le fait doit être expliqué. Nous voulons l'expliquer. Nous le prenons ab ovo.
Qu'on se représente un vaste espace de bois, de prés, de terres labourables. Get espace est remis à l'être collectif qu'on appelle la commune (wolost). Cette commune est soumise au contrôle et à l'autorité d’un ministère spécial; mais elle administre elle-même ses revenus et ses biens. Elle divise ses champs par égales parts entre les familles dont elle se compose. Chaque nouveau couple à droit à vingt acres. A la mort d'un de 5es tenanciers, le terrain qui lui était assigné ne peut être partagé entre sa veuve et ses enfants. Il
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revient de droit à la commune, qui le remet ou à l'un des plus proches parents du défunt, ou à l'aîné de ses fils, qui doit être le chef de la famille, le soutien de sa mère et de ses frères et sœurs. Si le nombre des habitants de la commune s’augmente de telle sorte qu'il ne soit plus en rapport avec les dimensions du territoire qui doit pourvoir à leur subsistance, le gouvernement enlève comme un essaim d’abeilles ce surcroît de population de la ruche communale, et lui assigne un terrain libre dans une autre commune. Si la commune est riche, elle peut elle-mêine acquérir de nouvelles propriétés.
Sur le sol du wolost s'élèvent des métairies, des hameaux, des villages, qui tous se rallient au chet-lieu de commune. Chaque village renferme généralement de six à huit cents familles, et il est des communes qui, dans leur circonscription, ne comptent pas moins de vingt mille âmes.
Hameaux et villages élisent eux-mêmes leurs fonctionnaires; les uns pour la gestion générale des affaires du district; les autres appartenant spécialement à chaque localité. La commune est investie d'un droit
judiciaire dans toute l'étendue de ses domaines. Elle
peut condamner un homme qui se rend coupable d’un délit à l’'emprisonnement et à la bastonnade. Elle peut même expulser de son sein celui qui manque à ses devoirs, le livrer comme soldat aux ofliciers de recrutement, ou le faire conduire en Sibérie. À la commune aussi est confiée la surveillance des écoles primaires et l'administration des banques rurales récemment instituées. C’est elle encore qui recueille la taxe (l'obrok) que chacun de ses membres doit payer, prescrit les services pour l'entretien des routes et des chemins, livre au trésor son impôt annuel, enfin régit elle-même toutes ses propriétés.
Les élections de ces fonctionnaires ont lieu tous les trois ans, et se font dans l’ordre suivant :
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