Cap des Tschoukis découvert en 1848, par Deshner
2. Voyage dans le nord de la Russie asiatique^ rédigé par M. Saner, traduit par M. Castern, 2 vol. in-8, Paris, 1802.
3. Reise von. F. v. Wrangel lœngs der Nordkûste von Sibtnen, 2 vol. in-8, Berlin, 1839.
LES TSCHOUKIS. 427
au péril de leur vie, de l'autre côté du détroit de Behring, parmi les Américains. Ce sont des peaux de renards noirs et de renards gris, de loups cerviers, dé gloutons, de loutres, de castors, et d'une très-belle espèce de martres qu'on ne trouve point en Sibérie. Ils recueillent en outre parmi les Américains des peaux d'ours, des dents de morse et y joignent les produits de leur propre industrie, c'est-à-dire divers vêlements en peaux de rennes et des valises sans couture, des valises formées d'une peau de chien, dont ils extrayent la chair et les os.*
De leur dangereuse navigation sur le détroit, de leur long voyage à Ostronorje, ils retirent au moins un considérable bénéfice, et les Russes, qui viennent les attendre à cette foire annuelle, n'ont point à se plaindre de leurs transactions. Voici, dit M. Malinscbkin, le résultat ordinaire de ce commerce d'échange : Pour un demi-poud« de tabac, te ïscliouki obtient des Américains un ballot de fourrures qu'il livre aux Russes pour deux pouds, et gagne ainsi trois cents pour cent. Les Russes ont payé pour ces deux pouds cent soixante roubles au plus; ils revendront deux cent soixante roubles les fourrures qu'ils ont reçues en échange, et gagneront soixante-deux pour cent, ce qui constitue un assez beau lucre. Le tabac n'est du reste pas leur unique moyen de trafic; ils apportent à Ostronorje divers ustensiles en fer et en cuivre, des aiguilles, des couteaux et des colliers de verroteries, qui charment les regards des femmes et des filles des Tschoukis. Par malheur, ils apportent aussi de l'caude-vie, quoique le gouvernement russe, par une sage prévoyance, en interdise la vente publique. Lorsque le pauvre Tschouki abu un verre de cette liqueur, qu'il appelle Yeau furieuse, il y prend un tel goût, il y noie