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AGRICULTURE

En présence de Ténorme production de blé qui fait la richesse et Tavenir du Nord-Ouest canadien, les régions de l'Est, la province de Québec surtout, ont dû sacrifier en grande partie cette culture. Ne pouvant plus soutenir la concurrence des provinces voisines, toute leur activité s'est tournée du côté de l'industrie laitière. L'esprit d'organisation des Canadiens s'est révélé dans le développement scientifique de cette industrie qui, à l'heure présente, dépasse en perfectionnement celui de tous les autres pays producteurs.

Cette organisation agricole est due en premier lieu à l'initiative du ministère de l'agriculture, mais aussi à des initiatives personnelles, qui en s'unissant ont créé des sociétés et des cercles agricoles. On comptait en 1900 soixante-huit de ces sociétés, et cinq cent dix-neuf cercles composés de -41,000 membres. Ces sociétés sont subventionnées par la province ; elles ont leurs conférences, leurs journaux, leurs revues d'économie rurale, leurs champs de démonstration, leurs stations expérimentales fruitières, et ne reculent pas devant les sacrifices d'argent et de temps pour mener à bonne fm l'œuvre de perfectionnement agricole qu'elles ont entreprise.

Grâce à leur intervention et avec l'aide du ministère de l'agriculture, trois écoles existent actuellement dans la province : celles d'Oka, de Sainte-Anne-la-Pocatière et de Compton, qui admettent annuellement quinze à vingt élèves. Ils y reçoivent un enseignement théorique et un enseignement pratique dans les laiteries et fromageries modèles annexées à l'école.

Il n'existe en outre à Montréal une école de médecine comparée et de science vétérinaire, et, à Saint- Hyacintiie, une école de laiterie subventionnée par le gouvernement a été établie en 1892.

Le gouvernement exerce sa surveillance sur ces divers établissements de même que sur les fabriques groupées en syndicats. Quatre inspecteurs généraux, payés par le gouvernement, les visitent plusieurs fois par an.

Pour exciter l'émulation des fabricants, le gouvernement a imaginé un système de subventions, de récompenses et de concours. C'est ainsi qu'il subventionne chaque fabrique qui améliore sa chambre de maturation, qu'il accorde des médailles etdes diplômes aux inventeurs de chambres frigorifiques perfectionnées pour les steamers ou de systèmes complets d'installation frigorifique commençant à la beurrerie €t finissant au port de débarquement.

Enfin on a institué trois concours de beurre et trois concours de fromages par an, tous organisés par le ministère, sans parler des concours de vaches laitières.

Grâce à cette intervention du gouvernement et à l'excitation des initiatives et des amours-propres individuels, la production laitière de la province de Québec a considérablement augmenté en ces dernières années.

Il existe aujourd'hui 1903 fabriques de beurre et de froma^çes dans la province : 404 fabriques de beurre, 1192 fabriques de fromages, 307 fabriques de beurre et fromages combinées.

L'industrie du beurre tend à devenir une industrie de premier ordre. Elle possède des crémeries perfec-

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tionnées, munies d'appareils frigorifiques qui fournissent d'excellents produits, comparables aux beurres les plus fins. L'exportation a lieu surtout en Grande- Bretagne et les statistiques attestent son développement, malgré la concurrence qu'elle doit supporter sur les marchés anglais avec les beurres venant de Danemark, de France et de Hollande. Les statistiques du port de Montréal accusent la progression suivante *

32,055 boîtes en 1894

Le beurre canadien est exporté dans des chambres frigorifiques qui ont une capacité totale de 100,000 boîtes. Les transports se font hiver et été des ports de Montréal, Halifax, Saint-Jean à ceux de Grande-Bretagne, Londres, Bristol, Liverpool, Manchester, Glasgow.

Quant au fromage, le Canada en exporte annuellement pour 90 millions. Le seul port de Montréal en 1900 expédiait en Angleterre 1,896,000 boîtes de fromage, d'une valeur de 74 millions.

Les œufs mêmes s'exportent en Angleterre par millions de douzaines, le lard fumé (bacon) atteignait ces dernières années une exportation de 30 millions de kilogrammes.

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