LA TRAVERSÉE
Firth of Forth. — Fifshire. — Tay-bridge.
La journée s’annonce mal. Une brume épaiss' s’est, dès le matin, abattue sur la ville, et c’est ai. milieu du brouillard que nous faisons le trajet d’E' dimbourg à Crampton, où nous devons nous embar quer.
Les eaux du Firth of Forth sont jaunes; elles glis'i sent lentement le long des flancs du navire. Les feu>| sont allumés, la machine siffle, et, sans relâche, deuî hommes à l’avant agitent une grosse cloche.
Le temps se passe; la traversée se prolonge. Nous devrions être arrivés, et cependant nous sommes toujours en mer. Les eaux se soulèvent lourdement, formant d’énormes lames, épaisses et luisantes. On les entend se briser tout près; on devine le rivage, on ne le voit pas. Le navire s’arrête, on attend, on n’ose avancer.
Enfin nous abordons, le brouillard s’est changé en pluie; les wagons, heureusement, sont au bord du quai, et nous traversons le Fifshire pour retrouver un nouveau bateau sur les bords de la Tay.
Nous sommes en plein jour, et cependant l’obscurité commence à se faire; on croirait à l’approche de