LA TH AVERS !■: IL
;|\ nuit. Nous nous embarquons avec quelques rares liassagers; par bonheur la traversée de l’embouchure ! e la Tay n’est pas longue. Tout à coup un bruit ; Durd, lointain, venant d’en haut, est répercuté par les i :hos de la terre et domine le bruit des eaux. La [ luie subitement tombe par torrents, le vent, le ton- I erre, les éclairs font rage. Le train n’a pu s’appro-
I ler du quai, il faut gagner la gare.
Il est midi, et l’obscurité devient complète; les lani;rnes des wagons ont été allumées et se sont éteintes, ;s glaces sont brisées; on distingue à peine les voins assis sur la même banquette, l’impression est frayante.
j Le train s’arrête à Dundee, il ne peut continuer
II route. Nous descendons sans bien nous rendre )mpte de l’endroit où nous sommes. Les conduits Li gaz sont hors de service; impossible d’avoir de la imière. La toiture de la gare est crevée; la voie I ant en contre-bas, au fond d’une profonde tranchée, LS masses d’eau se précipitent et arrivent de toutes irts, coulant comme un torrent, d’un quai à l’autre, ’obscurité est absolue, les voyageurs se heurtent ou
frappent aux colonnes, aux angles du bâtiment;
I lacun cherche une issue et ne peut la trouver.
, ’eau maintenant déborde sur les quais, la foudre , late à droite, à gauche, devant, partout. Un coup rmidable ébranle les bâtiments, des cris de terreur 1 font entendre, et, à l’incessante lueur des éclairs, )us voyons une foule effarée, à genoux, pleurant I demandant grâce. Au milieu de cette foule prostert ;Cj un homme, un clergyman est debout^ ses bras
sont levés au ciel, et il exhorte tout le monde à bie mourir.
Une lueur paraît à l’horizon; elle augmente lente ment, puis laisse voir, dans une déchirure noire, ui grand morceau de ciel bleu. Voilà près d’une heur qu’il fait nuit en plein jour. Le bruit du tonnerr s’apaise, les éclairs sont moins brillants et plus rares la pluie elle-même cesse de tomber. Le calme et h vie reviennent, et, avec cette mobilité d’impression heureusement, propre à la race humaine, chacur oublie sa terreur et, le danger passé, court à se affaires.
Les nôtres sont d’aller visiter les ruines du pon de laTay détruit en décembre 1879, par une effroyabh catastrophe, à la suite d’un orage semblable à celu que nous venons de subir.
Nous remontons le cours de la rivière, et, un peu au delà de Dundee, nous voyons se dresser au-dessu‘ de l’eau, se découpant sur le bleu du ciel, les piles ei les traverses restées debout, derniers vestiges de ce chef-d’œuvre du travail humain.
Le pont avait été construit suivant le principe des ponts tubulaires, longrines avec traverses et croisil- Ims. Dans la partie centrale,, la charge mobile (les trains) passait à travers le tube, tandis que dans les deux parties extrêmes elle passait dessus.
La longueur totale du pont était d’environ 3,400 mètres divisés en travées inégales. Les piles avaient été établi s suivant le système dit à air comprimé, tubes en tôle à air comprimé et remplis de béton.