LA TR A VERSÉE. T I I
i Le niveau des rails se trouvait à 45 mètres au- 'iiessus de Tétiage moyen des eaux.
1 Le pont était à voie unique avec rails en acier. Un garde-rails protégeait les trains contre un coup de ; 'ent pendant leur passage.
Après avoir subi toutes les épreuves réglemenaires, le pont avait été livré à la circulation en mai : [878. Il n’a donc été utilisé que pendant dix-huit I nois environ.
Cette même année 1878, la Reine était passée sur e pont pour se rendre de Londres à Balmoral, et i ivait à cette occasion créé chevalier l’ingénieur chargé le la direction des travaux.
La dépense totale s’était élevée à 8,700,000 francs.
C’était le dimanche 21 décembre 1879, depuis le natin le vent soufflait en tempête. Le soir, il augmenta encore de violence, la mer était démontée, les rames atteignaient une hauteur prodigieuse. Le i )ruit du vent mêlé à celui de la mer était tel, qu’il ' ’ouvrait tous les bruits de la terre.
La nuit vint, et en même temps tomba une épaisse : afale de neige.
! A six heures et demie, heure à laquelle devait i rriver le train d’Edimbourg, quelques habitants de pundee se risquèrent à sortir de chez eux pour voir i, par un temps pareil, le train tenterait le passage lu pont.
. Le chef de station et le chef du mouvement de la ;are, croyant le passage impossible et ayant le presentiment du désastre qui se produirait si le passage tait tenté, voulurent essayer de s’y opposer. Armés
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de lanternes, ils se glissèrent le long des traverses \ et, malgré la violence du vent, firent tous leurs efforts pour avancer le plus loin possible. Ils marchèrent ainsi, au péril de leur vie et avec les plus grandes difficultés; mais ils ne purent aller au delà de trois travées, la quatrième avait disparu, là était le vide, l’interruption! Ils revinrent sur leurs pas et coururent aux signaux pour faire arrêter le train à Tayport, avant son entrée sur le pont.
Les signaux ne fonctionnaient plus. Ils ne purent qu’attendre la catastrophe qu’il n’était plus au pouvoir de personne d’arrêter.
A sept heures un quart, moment où la tempête était dans sa plus grande violence, les habitants de Dundee et quelques employés abrités dans une maison de garde aperçurent le train qui s’engageait sur le pont. Ses lumières rouges se distinguaient nettement au milieu de l’obscurité de la nuit; il paraissait marcher à la vitesse réglementaire.
Un instant après, on vit les lanternes de la locomotive s’abaisser, décrire un cercle immense et descendre vers la rivière; puis plus rien, rien que le bruit de la mer et le déchaînement de la tempête. Le train tout entier avait été englouti !
Le train, remorqué par une locomotive, était composé de six voitures et d’un fourgon de garde-frein.
On n’a jamais su le nombre exact des victimes; on l’a supposé être de soixante-quatorze.
La fatale nouvelle se répandit bien vite à Dundee; on essaya vainement d’organiser des secours.
A dix heures seulement un remorqueur put prendre