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LA TRAVERSÉE

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X mer, emportant le prévôt du port et quelques emloyés du chemin de fer. Le bateau, luttant contre le ent et la marée, ne put approcher qu’à deux cents lètres du pont. On reconnut que la partie haute du ont, la partie centrale, comprenant trois travées, vait été détruite.

Les moyens manquaient pour effectuer des recheràes efficaces; il fallut les ajourner au lendemain; n avait, du reste, perdu tout espoir de sauver quelues victimes.

Malgré l’état de la mer, les recherches furent îprises le lendemain; mais, quelle que fût l’activité éployée, elles ne donnèrent aucun résultat.

Le mardi soir seulement, la tempête étant apaisée, n découvrit une première voiture; puis plus tard, itre des traverses tordues, déchirées, on trouva une artie du train couchée au fond du lit de la rivière : abord la machine, puis trois voitures de troisième asse et une de première.

Le reste du train avait été entraîné au large. Pendant plusieurs jours la mer rejeta sur la plage 2s débris de toutes sortes : rails, voitures, malles, lapeaux, vêtements, et enfin quatorze cadavres, ont l’identité fut reconnue.

Cet effroyable événement causa la plus vive émoon en Angleterre; mais, comme nous nous plaisons le répéter, le peuple anglais est un peuple praque, faisant ses affaires lui-mérae, voulant aller au >nd des choses et ne se contentant pas de vaines )rmes de convention. Il le prouva bien en cette cirinstance comme en beaucoup d’autres.

Oii obligea le gouvernement à prendre Taffaire en main; une enquête, non pas une enquête banale et légère, mais une enquête sévère et consciencieuse, fut ordonnée On nomma une commission composée de membres des deux chambres, de deux avocats, de trois procureurs et de quatre médecins. La commission nomma son rapporteur, le rapporteur fit sor rapport. La commission le discuta, le modifia, l’approuva et l’envoya au conseil supérieur des travaux qui le discuta, le modifia et l’approuva à son tour, e le transmit au ministre, lequel ne le lut pas, ne 1(, discuta pas, ne le modifia pas davantage, mais l’ap prouva tout de même et le déposa soigneusemen dans un carton de ses archives, où il repose en com pagnie de plusieurs autres.

Eût-on agi autrement... chez nous?

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