‹ En AngleterreChapitre 15 sur 46 · PERTH · texte numérisé non relu

PERTH

Une auberge écossaise. — Un révérend, marchand de sermons.

Les hôtels sont pleins; nous découvrons, heureusement, une auberge à Paspect respectable. Par la porte entr’ou verte, nous voyons un hall de bonne apparence; une ménagère accorte donne ses ordres à des servantes empressées et attentives. La salle à manger est ouverte, le couvert est propre, bien mis, et de la cuisine arrive un agréable parfum de bœuf rôti. Les fenêtres des chambres sont levées, une domestique, debout sur l’appui, les frotte avec ardeur.

L’enseigne de la maison est un vieux chasseur, highlander, en Jupon; il porte son fusil sous le bras, un chien marche à ses côtés. Il paraît fourbu, sa main tendue désigne l’auberge, et il semble convier ses confrères en fatigue à venir s’y reposer et reprendre des forces.

L’occasion nous paraît bonne d’éviter la monotonie des grands hôtels, partout les mêmes, en quelque endroit qu’ils se trouvent.

Nous recevons un aimable accueil; nous aurons la plus belle chambre, la plus tranquille, la mieux placée, la meilleure enfin. La table est très-bonne et servie, le soir, à sept heures précises. On nous fait inscrire notre nom sur un registre, et, quand Phôtesse apprend que nous sommes Français, elle dit doucement à la maid chargée de nous conduire : Kate, , Français, pas de savon.

Les voyageurs trouvent toujours, dans les hôtels , d’Ecosse et d’Irlande, la toilette de leurs chambres ' garnie d’un morceau de savon soigneusement empa- | quêté. Le savant écossais Mac Trafal, qui vint en i France à la fin du siècle dernier, fut fort étonné de ne pas trouver de savon sur sa toilette. Il s’en plai- i gnit dans le compte rendu de son voyage et expliqua j cette lacune par cette raison toute simple que les. Français n’ont pas l’habitude de se laver les mains,' observation acceptée, passée à l’état de tradition, et qui fait que notre hôtesse de Perth saisissait l’occasion de faire l’économie d’un pain de savon.

Sept heures sonnent, et les convives prennent plact autour de la table. Ils n’appartiennent pas à la ((gentry w, et, sauf deux ou trois, ce sont des compagnons désagréables et mal élevés. L’un d’eux, surtout, un Anglais énorme, au cou de taureau, se fait remarquer par ses manières triviales et communes,

Il est accompagné de sa femme, laquelle est jolie mais n’a pas de manières plus distinguées que sor mari. En se mettant à table, le mari saisit son verrt et, d’un mouvement très-habilement fait, trace ur cercle autour de son assiette, éloignant ainsi, sam

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