CHAPITRE IV
! EN VOYAGE
I Anglais en voyage. — Les ürampians. — Les résidences.
— Killiecrankic. — Blair. — Athole. — Nairn.
Le compartiment du wagon dans lequel nous tontons pour quitter Perth était déjà occupé par tos personnes, trois amis, autant que nous pouvons ei juger. Bien qu’il fut encore de bonne heure, ils lisaient déjà un premier repas ; leurs provisions e ient abondantes, les mets avaient des odeurs acqituées, et ils les arrosaient d’amples rasades.
.( Diablement bon, ce sherry. »
Et tous les trois de vider leur verre. Puis ils se r relit à fumer, s’endormirent profondément et longtnps.
C’étaient trois Londoniens, trois « cokneys )) de la ^(jté, venus en Ecosse faire une excursion de a touiltes )). Quand ils se réveillèrent, ils se mirent à j|ier aux cartes, échangeant les réflexions les plus ijïves, les plus saugrenues, et pensèrent au déjeuner c!i les attendait.
|Les Anglais ne sont pas d’agréables compagnons ( route : ceux qui voyagent la nuit pour leurs t aires s’installent sur les banquettes, s’allongent le ]us qu’ils peuvent, aux dépens de leurs voisins.
Toutes observations, toutes réclamations sont in tiles. Ils feignent de dormir profondément et se ref | sent à déloger. L’intervention du guard n’est p | possible, les temps d’arrêt des trains sont trop coui pour qu’il puisse imposer son autorité. Ceux, i contraire, qui voyagent le jour, pour leur plaisi veulent se distraire et s’amuser. Or, les amusemer, d’un Anglais ne brillent pas, précisément, par recherche et la délicatesse. ;
Quand l’Anglais s’abandonne à ses instincts n. turels développés par son éducation matérielle, il grossier et brutal. En voyage, il se débarrasse d; soucis, des tracas des affaires, de la contrainte qi| lui imposent les obligations sociales, et son natui le domine; il se montre sous un vilain aspect; boit, mange, fume, le tout avec excès; il chante, joue avec des inconnus, se dispute avec ses partnei, qui sont souvent des escrocs.
Un wagon occupé pendant un long voyage par d Anglais conserve une insupportable odeur de nou riture, d’alcool, de tabac et, parfois, de déjectio humaines. C’est là le motif pour lequel le matér des chemins de fer est si malpropre, si mal tenu, inférieur à celui des autres chemins de l’Europe.
Le choix de ses compagnons de route n’est do pas indifférent; il n’est pas toujours ce qu’on vo drait qu’il fût. Heureusement, certains usages, ce taines règles, offrent, à cet égard, des garanties; n’est donc pas inutile de les connaître.
Un homme voyageant avec une femme ne pei ou plutôt ne doit pas monter dans un compartime
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(jclusivemeiit occupé par des hommes; réciproquejjent, un homme voyageant seul ne peut commettre inconvenance de monter dans un compartiment oü trouvent un homme et une femme^ où ne se trou- •nt que des femmes, où se trouve une femme seule; I ns ce dernier cas, il s’exposerait à un danger grave I sérieux, la femme fût-elle vieille, fût-elle laide, l'ssue ou bancale. Les fâcheuses conséquences qu’ofhnt les rencontres de cette nature, l’aventure du llonel Baker est là pour le prouver, sont tellement nnues, que pas un Anglais ne voudrait s’y exposer gaieté de cœur.
lUne femme voyageant seule jouit, au contraire, privilèges excessifs ; elle peut choisir le compartilent qui lui convient, sauf celui des fumeurs, d’où fie serait expulsée avec force quolibets. En entrant, re prend le coin qui lui plaît, en fait déguerpir Occupant, demande qu’on enlève les valises du filet |ur faire placer sa raquette, fait baisser ou lever les laces, à sa volonté.
IVoici les Grampians; nous devons les traverser en liture. Ce matin la brume était épaisse, mainte- |nt il pleut, tout à l’heure paraîtra le soleil; la Hume et la pluie reviendront ensuite. Un tel climat i|l très-favorable aux prairies et aux arbres; il l’est ijoins aux humains. Les prairies sont fraîches, unies,
Iantureuses, peuplées de magnifiques troupeaux qui issent en liberté, sans gardiens. De distance en stance, de petits bois, des massifs d’arbres hauts, :|ormes, superbes; ils ont souvent deux et même
trois mètres de circonférence. La route traverse ui i interminable suite de prairies semées de cottages, c villas et de fermes. Sur les pelouses, devant les hab tâtions, des groupes d’enfants, de jeunes gens, c jeunes filles, dont les toilettes aux vives couleui tranchent sur le fond vert des prés.
Nous rencontrons, en grand nombre, des voiture de plaisir, des charrettes anglaises chargées de prc meneurs, des a parties )> à pied ou à cheval, de bandes de touristes allant visiter les points les plu pittoresques des Grampians.
La pluie est revenue, personne n’en paraît effrayé on ouvre les parapluies, on déploie les manteaux d caoutchouc, et la promenade continue. Les piéton ne s’arrêtent pas, les cavaliers dédaignent de cherche un abri et ne descendent pas de cheval. Deux ama zones, d’âge et de volume différents, passent à côt de nous ; elles sont montées sur de fort beaux che vaux, et un domestique, placé entre elles, les abrii respectueusement sous un parapluie gigantesque.
Le pays change d’aspect, il devient plus rude; le riantes prairies ont disparu; l’herbe est courte, sèche les montagnes s’élèvent et sont couronnées de forêt de pins. Dans les ravins humides, paissent des trou peaux de taureaux noirs, petits, à l’œil mauvais vivant et se multipliant en liberté.
Voici le célèbre « passage de Killiecrankie », 01 Graham de Claverhouse fut, en 1689, tué d’un balle perdue, après avoir défait les troupes royale commandées par le général Makay.
La rivière Garry coule au fond d’une gorge eut!
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'is montagnes abruptes. De l’autre côté est la splen- |de résidence de Blair-Athole. Le dernier duc de lair-Athole, invité à Compiègne, durant le second mpire, y vint, à la tête d’hommes de son clan, en j stume national, et obtint un énorme succès en dan- ’int un « réel » devant la cour ébahie.
Sur la droite, est Balmoral castle, la résidence de j'édilection de la reine d’Angleterre.
l|Au fond, on aperçoit un pic aigu, le sommet du 2n-Mac-Dhui, la plus haute montagne d’Ecosse ,3oo mètres), l’orgueil de tout bon Anglais.