III
I La princesse de Galles.
;Deux fois, il nous a été donné d’approcher de la dncesse de Galles.
:La première fois, c’était à Copenhague; nous faipns partie d’une escouade de visiteurs a priviléjés », auxquels on faisait parcourir le château de 'jiristianborg. Le guide nous conduisait un peu ,bp vite à notre gré. Nous avions un grand désir demeurer quelques instants sur une petite ter- :|sse d’où l’on découvre les eaux vertes du Sund. ious restons donc un peu en arrière, laissant passer )s compagnons et leur guide ; nous glissons inarçu et retrouvons la galerie que nous venions ; quitter; mais, au moment d’arriver à la terrasse ■ erchée, nous allons trop loin, revenons sur nos j.s, nous trompons de direction et nous égarons Empiétement.
^ Personne pour nous tirer d’embarras. Nous étions, I notre insu, arrivé, nous semblait-il, dans les parf'S habitées du château; nous commencions à être ji peu inquiet de notre équipée, quand, ouvrant ne porte, nous nous trouvons sur une terrasse qui jétait pas celle que nous cherchions, il est vrai, |ais d’où l’on jouissait d’une vue magnifique sur la jer et les grandes forêts de hêtres de la campagne, l’était un beau spectacle, et nous étions tout entier à
notre admiration, regardant autour de nous, che chant à voir le Norrbro, près duquel Struensee jadis expié le bonheur d’avoir été aimé de la bel reine Sophie-Caroline, quand un léger bruit nous 1 retourner.
Deux femmes venaient à nous; elles étaient vétu( de blanc, et, suivant la mode danoise de ce momen leurs cheveux blonds flottaient sur leurs épaule Leurs yeux attiraient; ils étaient gris bleu, de cett teinte indéfinissable que la contemplation de la int donne aux yeux des femmes du Nord.
Ces deux femmes, on nous l’apprit plus tarci étaient la princesse de Galles et sa sœur, l’impératric' de Russie. Elles passaient sans paraître nous aperce voir, nous prenant probablement pour un employ du palais, quand, craignant de voir notre présenc mal interprétée, il nous vint à l’esprit la malen contreuse idée de nous excuser et d’expliquer notr présence.
Les deux princesses s’arrêtèrent un moment, éton nées peut-être d’entendre parler français, mais, coup sûr, étonnées bien davantage de l’audace d cet inconnu qui se permettait de leur adresser 1 parole.
La princesse de Galles se retourna vers un grav personnage qui accourait. Elle lui adressa rapide ment quelques mots danois dont le sens littéral nou échappe, mais qui voulaient clairement dire : Dé barrassez-nous de cet imbécile! Ce que le grave per sonnage fit incontinent et peu poliment.
La seconde fois que la douce voix de la princesst
BALMORAL
Galles résonna à nos oreilles, ce ne fut pas pour tendre des choses plus aimables.
La princesse se promenait dans le pavillon de la lie de Paris, à l’Exposition de 1878. Elle était acmpagnée d’une jeune femme, très-jolie, et d’un ntleman , d’un certain âge, plein de a respec- 3Üity w.
Les trois personnages arrêtés devant les dessins du liais de justice cherchaient l’emplacement qu’avait occuper la prison de Marie-Antoinette. La prinsse, impatientée de ne pas trouver, envoie le vieux ntleman aux renseignements ; celui-ci s’adresse à )us. Nous donnons les explications désirées et réindons de notre mieux aux questions qui nous sont ressées sur la prison des girondins, sur les parties î plus intéressantes du vieux palais et de la Gonirgerie.
Mais à un moment donné, nos appréciations cessènt de plaire, et la princesse, ignorant sans doute le nous pouvions la comprendre, dit à peu près à s compagnons : « Allons-nous-en ; il est insupporble, cet animal-là! » Qui sait de quelle épithète Son tesse nous gratifiera, si le hasard nous met une is de plus en présence?
La princesse de Galles est maigre, grande, élégante; démarche est noble et digne, mais sans grâce. Elle t très-affable et très-accueillante (nous avons quelle mérite à le reconnaître). La morgue anglaise n’a s encore complètement fait disparaître la bonhoie danoise. Son origine l’empêche d’être malveilnte pour les Français; pourtant, elle commence à
cet égard à partager les sentiments de son augu î i belle-mère et de son noble époux.
Quand la princesse sort, elle a toujours sur la • î gure une voilette à pois qui lui donne un aspi j étrange. C’est elle qui a mis à la mode ces gr À colliers massifs, droits, qui serrent le cou et qu’ ( appelle avec raison des colliers de chien. Elle airi ]j beaucoup les fleurs, et presque toujours elle tient i || énorme bouquet à la main. r
Le prince et la princesse de Galles ont cinq e i fants, deux fils et trois filles. L’aîné, un fils, vie I d’atteindre sa majorité. î
Comme nous rentrions à Ballater, une voitu 1 nous dépassa. C’était un grand landau, au fond d I quel étaient assis le prince et la princesse de Galle j La promenade de la Reine finie, Leurs Altesses r ; gagnaient leur résidence de Birk Hall.
Le prince avait étendu ses jambes sur la banquet ' de devant; un plaid cachait ses genoux que le ki avait sans doute trop longtemps laissés à découver Il fumait, riait, paraissait de folle humeur. Le prim héritier avait disparu; il ne restait qu’un bon gn garçon fatigué d’une séance officielle, et qui se déla sait des exigences de l’étiquette royale.
La princesse devait trouver la tenue de son ma. bien « irrégulière)); elle était droite et roide, s voilette à pois cachait sa figure, son cou était serr dans un collier de chien, et sur ses genoux s’étala un splendide bouquet.