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LONDRES DANS LA RUE

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hommes, on en eût fait des cochers, des palefreniers, des jardiniers.

Lord Aberdeen vint compléter rœuvre de Mrs Crowshuy en préparant un code de la domesticité, code auquel maîtres et gens devaient être soumis, et qui comprenait le tarif des amendes à payer en cas dhnfractions : sortie clandestine, dix pence; lever tardif ou coucher hâtif, un demi-shelling; chambre mal faite, quatre pence; table mal servie, couvert incomplet, cinq pence; état d’ivresse, deux pence, punition bénigne, autrement le salaire tout entier eût été insuffisant pour des errenrs de cette nature; familiarité avec une personne d’un sexe différent, un shelling! etc., etc. Le dernier article prescrivait de verser le montant de toutes ces amendes dans la caisse de secours créée au proht des domestiques. Cette condition était propre à diminuer l’empimssement que les maîtres auraient pu avoir à accepter le nouveau pacte social, et à calmer le zele avec lequel ils auraient pu appliquer les amendes fixées. Après comme avant, ils devaient pâtir des défauts de leurs domestiques et payer les bons comme les mauvais.

Des créations plus sérieuses, et dont nous avons déjà eu l’occasion de constater l’existence à Hambourg, sont les écoles de cuisine, écoles fréquentées non-seulement par les personnes aspirant à devenir cuisinières, mais par les filles de la bourgeoisie désireuses d’apprendre à gouverner leur maison et à diriger leurs gens en parfaite connaissance de cause.

Ces leçons de cuisine sont, à proprement parler, des leçons d'hygiène et de ménage. Le profit que doit en retirer la famille, au point de vue de la santé et du bien-être, n'est pas douteux; et si cette tentative pouvait avoir pour résultat d’améliorer la fâcheuse façon dont les cui.sinières anglaises assaisonnent viandes, poissons et légumes, tous les estomacs la béniraient.

Le repas du matin se compose de lait, de thé ou de café, de beurre et d’œufs; le lunch, de viande grillée, de jambon et de légumes cuits à l’eau; le souper, le véritable repas de famille, d’un potage pimenté, de poisson bouilli, de bœuf rôti, de légumes, pommes de terre, choux-fleurs et haricots mélangés, toujours cuits à l’eau, et d’une énorme pânsserie épaisse et sans saveur. Les fruits constituent un plat de luxe, coûteux et recherché : les noix jouissent d’une faveur marquée. Le melon est regardé comme fruit et mangé au dessert. On ne mange de fruits qu’au repas du soir, à l’heure du repos, quand la tâche est finie. Dans la journée, les peler, les préparer, ferait perdre trop de temps. Au lunch et au souper, on boit de la bière et du claret (vin de Bordeaux mitigé).

Ce menu ne varie pas; la manière dont les mets sont préparés reste la même. Le bœuf est souvent -remplacé par du mouton; on ne mange de volaille qu’aux grands jours. 11 faut qu.dque temps à un estomac français pour s’habituer à cette nourriture. Comme digestifs, on a recours à des sauces dites anglaises, préparées à l’avance. Elles brûlent la gorge et allèrent d’une façon démesurée. La bière, toujours

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très-alcoolique, est bien inférieure aux bières allemandes. Levin, le claret, est frelaté et plus mauvais encore qu’à Paris.

Le pain est servi par toutes petites bouchées; la raison de cette parcimonie remonte loin, dit-on. Le sol de la Grande-Bretagne n’est pas favorable à la culture du froment, tandis que les champs de pommes de terre et les prairies y sont superbes. Le prix du pain a donc été longtemps très-élevé. L’importation des grains Ta, plus tard, fait descendre à un taux moyen; mais le souvenir et la tradition sont restés. On a continué à regarder le pain comme chose coûteuse; tandis que les prairies étant de plus en plus fertiles, les troupeaux de plus en plus beaux et gras, la viande est demeurée relativement bon marché. C’est ainsi que depuis un temps immémorial on a servi de petites tranches de pain et de larges tranches de viande.

Les repas sont silencieux; la mère corrige les enfants s’ils s’émancipent , le père se repaît. De temps en temps, l'un des époux tend son verre ou son assiette en disant : « Please » (s’il vous plaît). — aThank you » (je vous remercie). — « More (encore). Et c’est tout.

Quand la table est desservie, les femmes et les enfants disparaissent; les hommes restent; s’il n’y en a qu’un, il reste seul. Alors sont servis les vins énergiques, le sherry, le porto; les liqueurs fortes, le ■whisky, le brandy, le gin, ou du vin sucré dans lequel on a fait infuser du gingembre et du poivre rouge.

Le buveur boit souvent plus que de raison l’ivresse le gagne; ilrejoint en trébuchant la chambnj nuptiale. Sa femme Paccueille sans reproches et san i répugn ince; la chose ne la froisse pas, lui paraît uii accident naturel; elle y est habituée ! i

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