‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 101 sur 115 · LE COHHBRCE DES CÉRÉALES · texte numérisé non relu

LE COHHBRCE DES CÉRÉALES

CttiTtrettion «tcc un du pm oxporUtenn de eiréKloi aigtatinu, M. Bora. — Lm grudei muioiu d'nporutioa. — Intermédiaire! : lei c acopiadorei > et tei < almuencrof >. — Préti aiuriirea. — Hécànitme dei achats et des Tentes de f reios. — Les grès clients da l'Argentine. — L'Angleterre est le plus importanl. — Proteetionniime dei antres piy* «•ropéens. — Ne faot-il paa craindre nne crise de snrprodietioni — Impossibilité d'un tmsL— Nécessité de vendra les fraini si lit récoltés. — Blanqae de magasins ie réserve. — Les éléTatears. — Quels serrices ils rendraient — DifBcnllé de les établir. — Comparaison aTec les Ëlats-Unis. — Le ^iA« de la production argentine ne légitime pas de tels élabline-

menu Antres ebsUeles : caractère nomade de l'agricn;-

tnre aqentine. — Point de blés classés. — Le transport et l'embarqaement des grains. — Les élévalenn dn port da Boenos-Aires. — Houlins 1 blé. — 300,000 tonnes d'hwMU exportées unuellement es Europe. — Quel dommage 1

Yoici la terre laboarée, le blé semé, récolté, batta et mis eo ssc sur le champ même où il fUt moissonné. Que va devenir ce grain recueilli au milieu de la

DoiiîHihvGooj^lc

LB GOHIIEIICB DES CÉRËALRS 47T

pampat Quels clients vont l'acheter? A quelle» maDÎpulatious sera-t~il lirré? A quels trafics va-t-il donner Ueu?

J'ai dit que nous avions eu parmi nos compagnons de voyage dans le Nord, M. Bom, l'un des deux plus gros exportateurs de grains de l'Ar^ientiDe. J'avais profité de celte heureuse rencontre pour m'instruira des conditions du commerce des céréales. Chaque jour je l'interrogeais sur un chapitre différent de c«tte question qu'il connaît mieux que personne.

Je m'informai d'abord du mécanisme de ce commerce.

— Presque la totalité des afiaires de céréales, me dit-il, se trouve aux mains de trois grandes maisons d'exportation : la maison fiunge et Bom — la nôtre, — la maison Louis Dreyfus et G", et la maison Weil frères, qui, à elles seules, vendent les 80 p. 100 de la production totale. Il existe, eu outre, de petits commerçants dont le chiffre d'affaires, vous le voyez, est réduit. Hais entre eux et le colon exploitant, apparaissent des personnages importants dans l'économia agricole du pays. Ce sont les aeopiadores qui achètent les céréales aux cultivateurs, et les almacenerosy épiciers de villages et banquiers en même temps, acheteurs aussi. Le colon qui n'a pas d'argent de réserve dépend presque toujours de ces derniers. Pendant toute l'année, l'alraacenero lui avance, à des prix majorés de 100 p. 100, des marchandises pour le nourrir, lui et les siens, ainsi que de l'argent pour payer ses aides et les frais de culture, semences et instruments. L'époque de la récolte venue, il exige du colon son blé à des prix inférieurs au cours» 3 p. 100 par exemple.

DoiiîHihvGoogle

VK EN AiteBrniTK

Gependuit j'ai eatendo rteostor <pte lea «rigOMM de ralmaceoffliv soot sonTcnt plus àbiuiTes. â plftsieurs mauvaises années se succèdent, il lai arriie de prêter de l'ârgeat i des taux iabnletu, de 40 1 50 p. 100, pour compenser 1& risque qu'il oowt. El l'on a pensé déji à fonder des coopérràves agiicoles lur le modèle de cellet qui existent eo Allenu(^e et en France, afin de r«Dédier à c«a coatiab draconiens.

Le colon on le petit propriétaire qu'on peu de fortune rend iodépeadant n'a pas besoia de ce crédit, et vend directement aux agents des maisons d'tetp&tlation.

— Gomment se font cas veotesY

— Voici, me répondit-il. Tous lea malins, i Foirerture de nos bureaux — en raison de b diSéreeoe d'heure avee l'Europe — nous receroas des e<Uognmm&i de Londres, de Chicago, de Liverpool, de HuU, puis d'Anvers, de Rotterdam, Hainboury, Gteei, Naples, Livourne, Venise, Dunkerque, Le Barre, Barcelone, de la Scandinarie et du Brésil. Ces etiilagrammes noua donnent les cours des gcaina dans 1h difKrentes parties du monde. Ausnût, noiu tMgraphions k nos ^ents de Bahia-Blanca, de Rosaris et de Sauta-Fé, nos ordres d'adiat et le prix q«e ne» offrons. Sans perdre un instant, ces i^ents léléfrapbient & nos quarante succursales épar^ées dus la proTincet, les ordres qu'ils viennent de recevoir. M« succursales, qni ont des rappwts avec toutes les atations de chemins de fer deleor ressort,; ttiégraphieBl à leur tour ponr conclure lea 8<^ls ordonnés par nous. IjCs achats &dlB, nous en sommes prévenus, etit soir mSme, avant de quitter nos bureaux, aint

HihvGoogIc

LE COHURCK DIS CCRËALES «9

câblons & nos représentants d'Europe des proposîtioBS de venle auxcpieJIes tb répondent le luidemain. Le prix reste bon jusqu'à I'avis d'un nouveau tarif. Ea général, il varie cbaqae jour. Les changemeats de température, l'annonce d'une forte gelée ou du beau temps, des nimeurs de guerre sur le Danube, des inondations ici oa U, saflîaent i iuDuencer les conrB.

Ces exportateurs de grains sont, en somme, les vrais ministres de ta fortune ai^entine. Cest d'eux, de leur activité, de leur intelligence des afbires, que dépend la vente heureuse eu la vente ruineuse des moissons. Ils ont des concurrents et même des adversaires aux quatre coins du monde : i Calcutta, & Saint-Pétersbourg, i Bueharest, i Melbourne, & Londres, A Chicago, des yeux grands ouverts guettent lenrs moindres défaillances. Qu'ils tardent i cftbler ou qu'ils se trompent, et voili une année d^lonble pour bien des coloni de la République. H faut admirer la clarté, la netteté d'esprit, la vivacité de coup d'oeil de ces grands hommes d'aflàires qui tiennent dans leurs mains la fortune des individus et des nations.

— Et quels sont, demandai-je, les plus gros cliente de fArgentine?

— Les demandes de blé viennentsnrtout d'Europe, d'Angleterre principalement*.

Pour te lin, le grand consommateur est Clément

1. lnl9D9, l'AnBletBire acheta trii^otlna prèide 370,000 (aonM de bli M 9,500 tonnes de t&tiaet. Lo Brésil le tittn deuxItEM cUenl an ImporUot 134,000 tOBoei de blâ et 11»,000 tonnes da teriaei. Tenaient outuliB la Belgique <?S9,000 tonnes de blA et 1,S90 d« ririnei) et l'Italie (110,000 tonnes de bit), la FrauM et riUemigoe ne lui demuatràt %u« 4w quantités lulgnUlantes.

4M EU ARGEUTINE

rAngletem que suirent de près U Belgique et FAUe- ; magae. Elle occupe anssi le prenùer rang eonmi ' acheteur de maïs et d'afoine.

Tous ces pays, soumis au régime protectîoniiî^ l'AngletuTe exceptée, maintieiuient naturdlemeri des droits sur les importations de céréales. Le blé argeatie paie en entrant en Franee 7 fr. 50 par oai kilos, soit 35 p. 100 de sa valeur. L'Allemagne ris» pose d'un droit d'entrée de 6 fr. 35. L'Espagne, U Belgique, l'Italie se défendent également. Halgré cela, l'exportation du blé argentin augmente lODJoors*.

— Ne craignex-TOus pas, cependant, la surprodoction dans Tavenir et l'impossibilité d'écouler avec profit toutes Tos céréales? demandai-je à H. fiom.

— Non, me dit-il. Depuis 188Î, l'exportatioa de nos céréales progresse sans cesse. H y a deoi ans seulement que commencèrent les exportatioDi d'avoine et déji nous voili i un demi-milli(Hi de tonnes. La consommation de nos produits augmmle partout,bien que nous ne soyons pas seuls i exporter, puisque la Canada, l'Australie, les Indes, la Roane, les États-Unis, la Roumanie nous font concurrence. Il faut croire que la richesse générale du monde grandit et qu'il y a de plus en plus de gens qni mangent du pain de blé. La population universelle M multiplie aassi chaque année, et les paye prodot teurs consomment davantage de leurs prodniii, comme les JStats-Uuîs, par exemple, dont le chiClre d'exportation diminue en même temps que leur production prospère.

Page 1